En Mayenne, il manquerait 120 accompagnants d'élèves en situation de handicap d'après Force Ouvrière

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La FNEC-FP FO 53 a organisé une réunion d'information pour les AESH. Le syndicat réclame un "vrai" statut de la fonction publique pour ces agents.

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Crédit: Evento Element

18 décembre 2020 à 8h11 - Modifié : 18 décembre 2020 à 9h17 par Alexis Vellayoudom

C’était la priorité de la rentrée scolaire 2019, l’école inclusive, depuis ça reste toujours compliqué pour les élèves en situation de handicap. Mercredi matin, des parents d’élèves de l’école Charles-Perrault à Mayenne se sont rassemblés pour la petite Charlotte, 3 ans et demi, atteinte de paralysie cérébrale.


Son AESH, accompagnant d'élève en situation de handicap, s’est retrouvée en arrêt maladie début décembre, mais n’a pas été remplacée. Charlotte n’a donc pas pu se rendre à l’école pendant plusieurs jours, avant que la mairie Mayenne propose provisoirement l'aide de l'un ses agents. Une situation qui concerne d’autres familles, "sans nous, il y a certains élèves qui ne peuvent pas être scolarisés. Les professeurs ne sont pas forcément formés à accompagner des enfants en situation de handicap. Un enfant qui est handicapé moteur, concrètement tout seul, il ne peut pas", explique Marianne Langeard, AESH et représente Force Ouvrière. 



Certains ne seront pas scolarisés



D’après la FNEC-FP FO 53, il manquerait 120 AESH en Mayenne, "il y en a certains qui malheureusement ne sont pas scolarisés, faute d'AESH, parce que certaines écoles n'acceptent pas ou alors s'ils ont le droit à temps d'heures d'accompagnement, toutes les heures ne sont pas couvertes", ajoute l'AESH en collège. Des enfants qui la plupart du temps sont notifiés par la Maison Départementale de l'Autonomie qui valide ou non le besoin d'un AESH auprès d'un élève. 



Le syndicat remet en cause l'efficacité des PIAL



Lors de la rentrée 2019, le gouvernement avait parlé d'une rentrée inclusive. À cette occasion, le recteur de l'académie de Nantes, William Marrois, était venu en Mayenne présenter les PIAL, les pôles inclusifs d'accompagnements localisés, "ça permettra de mieux accompagner les élèves, s'il y a des absences d'AESH", expliquait le recteur.



L'accompagnement des élèves n'est pas respecté



La Mayenne compte 17 pôles, mais le fonctionnement est difficile, "l'objectif était plus de souplesse au niveau du personnel pour que ça aboutisse à plus d'autonomie envers les élèves. Malheureusement, ce que nous on constate, c'est que l'accompagnement des élèves n'est pas respecté. Ils cherchent à mutualiser les AESH, qu'on s'occupe de plus d'élèves à défaut de recruter plus d'AESH", explique Marianne Langeard. 


Au détriment de la qualité ? "Totalement, parce que on peut pas accompagner un enfant de n'importe quel niveau correctement si on doit se séparer sur plusieurs élèves ou sur plusieurs établissements", ajoute la représente de FO. 



FO demande un "vrai" statut pour les AESH



Le syndicat a des revendications, un "vrai" statut de la fonction publique pour les AESH, une revalorisation salariale et "le respect des missions avec un temps plein pour tous les AESH. Pour le moment, c'est un temps partiel, qui est imposé et pas voulu", explique le syndicat.