Maine et Loire

Les urgences en détresse

14 juin 2019 à 17h20 Par Alexis Vellayoudom
Hôpital de Mayenne

Depuis 3 mois, plus de 90 services urgentistes enchaînent grèves et débrayages. En cause, le manque de moyens et de personnel.

Situation compliquée aux urgences. Angers, Laval, Château-Gontier, Mayenne, plus de 90 services urgentistes se sont mis en grève en France. Ils réclament plus de moyens, matériel et de personnel. Les services de Laval et Château-Gontier ont rejoint le collectif national « inter-urgences »

Une situation qui n’épargne aucun service, « l’hôpital de Flers (Orne) a eu 4 jours sans unité de SMUR », confie Sébastien Lardeux secrétaire FO et infirmier anesthésiste. Même dans la préfecture de la Mayenne ça devient compliqué, « dimanche dernier, il manquait un médecin de 8h30 à 14h30 à l’hôpital de Laval entrainant une procédure dégradée. Laval et Château-Gontier recherchent des médecins pour cet été », explique le secrétaire FO.  

 

À Mayenne, les urgences de nuit en danger ?

 

Par manque de médecins, cet été, la direction de l’hôpital de Mayenne a proposé une fermeture de nuit partielle des urgences. Hier, à l’initiative de Force Ouvrière, le personnel soignant s’est réuni pour décider de la suite des évènements, « le personnel a affirmé son opposition totale à la fermeture d’urgence, même partiel. La situation actuelle, c’est la conséquence des politiques d’austérité et du numerus clausus donc c’est aux tutelles de trouver des solutions », affirme Sébastien Lardeux.

L’ARS n’a pas encore pris de décision, mais le personnel soignant « se tient prêt ». Un préavis de grève sera déposé lundi. Le syndicat va faire appel à Audace 53.

 

Les urgences de Mayenne enregistrent 24 000 passages par an. Une fermeture partielle, cet été, obligerait les patients à se diriger vers les urgences de Laval.

 

L’Etat débloque 70 millions d’euros de mesures immédiates pour les urgences

 

Agnès Buzyn, ministre de la santé, annonce 55 millions d’euros pour la généralisation et la revalorisation de la prime individuelle de risque. Elle passera à 108 euros bruts, dès le 1er juillet. Une prime versée à l’ensemble des professionnels des services d’urgence et concerne 30 000 personnes.

Par ailleurs, une prime pour les infirmiers et aides-soignants, ainsi que 15 millions pour les « services en tension ». La première est une prime de coopération de 100 euros bruts mensuels pour les infirmiers et aides-soignants à qui seront déléguées des tâches médicales.

Une enveloppe de 15 millions d’euros adressé au service d’urgence sous tension pour renforcer les effectifs de la période estivale et les moyens matériels.

 

Pour le secrétaire FO et infirmier anesthésiste de Mayenne, Sébastien Lardeux « on passé notre temps à dire il y a le feu à l’hôpital public et on nous envoie un petit seau d’eau pour l’éteindre. On est très (très) loin des revendications ».

FO réclame la réouverture de lits dans les hôpitaux, l’embauche de personnel supplémentaire dans les urgences et 300 euros de plus pour tous les salariés de l’hôpital.