Près d'Angers. Malgré une forte activité, la filière des réseaux électriques peine à recruter
Depuis plusieurs années, le lycée professionnel Saint-Aubin-La-Salle à Verrières-en-Anjou propose une filière destinée aux métiers de l’électricité en partenariat avec Enedis. Mais malgré la forte demande des entreprises et les perspectives de carrière dans ce secteur, les candidats sont peu nombreux. Décryptage.
Publié : 6 octobre 2026 à 15h58 - Modifié : 6 octobre 2026 à 16h08 Alexis Vellayoudom
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Sourire aux lèvres, équipements rigoureusement zippés, ces 26 élèves de la nouvelle promotion de la filière Réseau électrique du lycée professionnel Saint-Aubin-La-Salle à Saint-Sylvain d'Anjou ( commune déléguée de Verrières-en-Anjou) avaient une certaine fierté à porter les tenues prêtées par Enedis. Le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité est l'un des partenaires majeurs de ce lycée intégré aux Écoles des réseaux pour la transition énergétique, un dispositif qui vise à anticiper et à accompagner les besoins massifs de recrutement de la filière dans un contexte de forte croissance, peut-on lire sur le site officiel. Car oui, la filière des réseaux électriques est très demandeuse en bras, mais elle peine encore à attirer.
« On a une nécessité à sortir du carbone pour aller vers l'électrification »
À Angers, le lycée Saint-Aubin-La-Salle est l'un des premiers en France à avoir intégré le réseau*. Ici, chaque année, une vingtaine d'élèves entame ce cursus bac pro en trois ans, et plusieurs partent en alternance dans des entreprises partenaires. C'est le cas d'Enedis qui en accueille quatre cette année. Mais ces chiffres sont encore trop faibles par rapport à la demande des entreprises. "Nous avons des propositions d'entreprises pour accueillir nos jeunes, mais ce que nous déplorons c'est que nous n'avons pas assez de jeunes qui ont envie d'intégrer ces filières", confie Frédéric Moureaux, directeur général de l'Ensemble scolaire Saint-Aubin-La-Salle.
Et pourtant, le travail ne manque pas. D'abord, pour rénover ou réinstaller des réseaux électriques. C'est le boulot de l'entreprise Sturno à Verrières-en-Anjou, sous-traitant d'Enedis pour la construction des réseaux. Son gérant, Eric Allard, intervient régulièrement auprès des élèves. "Les réseaux vieillissent, mais ils sont aussi hyper sollicités avec, par exemple, les panneaux photovoltaïques, les recharges de voitures électriques. Les installations ont été sous-dimensionnées à l'époque, et il faut les changer."
En parallèle, Enedis prévoit de doubler ses investissements en Pays de la Loire d'ici 2040. "Quand vous voyez le prix de l'essence ou l'été qu'on a vécu, on a une nécessité à sortir du carbone pour aller vers l'électrification et réussir la transition énergétique. Mais on a aussi des demandes industrielles, sur les transports routiers, on a des grosses perspectives d'électrification du parc en France", détaille Pierre Mazarets, délégué territorial pour le Maine-et-Loire.
Des vocations à susciter plus tôt
Mais pour ça, il faut des bras. "Aujourd'hui, les bras, on ne les a pas. On a eu un trou pendant des années, où on ne formait personne, souligne Séverine Dupuits de l'entreprise Sentrac au Lion d'Angers. Or, il faut au moins cinq ans pour former un monteur aérien, d'où l'importance de les prendre le plus tôt dans la formation de façon à ce qu'ils soient opérationnels très rapidement." Ce qui explique aussi que les entreprises investissent de plus en plus dans la formation, soit en créant leur propre école privée, soit en développant ces partenariats comme Enedis. Chaque année, l'opérateur prend 70 alternants, dont cinq du lycée Saint-Aubin-La-Salle. "On recrute 16 personnes tous les ans dans le département qui sont essentiellement des jeunes formés dans les établissements", précise Pierre Mazarets.
Et tous ces acteurs sont d'accord pour dire que ces métiers ont encore l'avenir. "On recrute des techniciens avec des perspectives d'avenir. C'est encore un des métiers dont on sait que l'IA ne le remplacera pas. Et puis, il y a des perspectives d'évolution pour être chargé de conception, chargé d'étude et même d'affaires pour piloter les programmes de réalisation d'électrification", souligne Enedis. D'autant que ces filières seraient rémunératrices. "Aujourd'hui, il y a énormément de places, mais comme il y a une pénurie de jeunes, les entreprises sont prêtes à payer le prix pour avoir ces jeunes", complète Frédéric Moureaux. Ce que confirme la directrice déléguée de l'entreprise Sentrac : "former, c'est une chose, mais maintenant, il faut aussi les garder le plus longtemps possible". Parfois, le suivi de ces élèves se fait même sur plusieurs années, car dans ce lycée, environ 80 % des filières bac pro poursuivent en BTS. Le directeur espère aussi voir davantage de filles s'inscrire.
*Le dispositif de l'école des réseaux pour la transition énergétique rassemble 178 lycées français et accompagne plus de 12 000 élèves dans des formations aux métiers des réseaux électriques. Les Pays de la Loire compte 7 établissements partenaires avec 330 jeunes.
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