Maine et Loire

Un Pouancéen blessé à Notre-Dame-des-Landes : “c’était vraiment une guerre”

| CJ

Militant du CHAS, le collectif Haut Anjou segréen contre l’aéroport, Matthieu Ballé participait à un pique-nique de contestation avec trois autres membres du collectif quand ils ont été évacués par les gendarmes mobiles. Cet habitant de Noëllet a souhaité témoigner.

Trois journalistes et un militant pouancéen ont été blessés sur la ZAD hier à Notre-Dame-des-Landes. Matthieu Ballé et trois autres membres du CHAS, le Collectif segréen contre l’aéroport venaient participer pacifiquement à un pique-nique pour la défense des lieux de vie, ces « squats » détruits depuis lundi par les gendarmes venus évacuer la ZAD.

“J’ai vu du sang, des brancards, des équipes médicales, des grenades, des blessés, une bonne partie du vocabulaire de la guerre pourrait y passer. C’était une guerre, mais nous n’avions pas d’arme.”

Le jeune homme a été sidéré par la violence des militaires qui n’ont finalement pas détruit les deux lieux-dits évacués, “les Fosses Noires” et “la Grée”.

“Une violence de l’Etat inacceptable et inutile” pour le Noëlletain qui garde à l’esprit la mort de Rémi Fraisse en 2014 à Sivens.

“Heureusement, ce soir je n’entends pas parler de mort. Car la mort de militant tel Rémi Fraisse reste gravée dans nos mémoires. Seulement des blessés, beaucoup de blessés. Tout ça pour quoi ?”

 

Matthieu Ballé pointe aussi du doigt le coût du déploiement de ces 2500 gendarmes mobiles : “pourquoi tout ce gâchis d’argent public, pourquoi refuser l’accès des journalistes au conflit ?”. Une mise à l’écart dont le club de la presse de Nantes-Atlantique s’est émue hier dans un communiqué, ainsi que « le degré de violence atteint de part et d’autre ».

“Tout ce qui est évacuable a été évacué”

La situation était plus calme aujourd’hui avec le déblaiement des lieux de vie détruits depuis le début de la semaine. Mais le Président de la République est resté ferme ce midi dans le 13 h de TF1 : « on rétablit l’ordre républicain » a asséné Emmanuel Macron. « Les gens qui manifestant ajourd’hui […] n’ont plus aucune de raison de le faire, il n’y aura pas d’aéroport » a dit le chef de l’Etat qui a fait le point sur l’opération : “tout ce qui est évacuable a été évacué”.

Hier matin le député d’Angers-Châteauneuf Matthieu Orphelin avait déjà appelé à « une pause dans l’opération pour permettre l’arrêt des affrontements et la reprise du dialogue pour la régularisation de ceux qui veulent participer au projet agricole ». « L’opération telle qu’elle se déroule fait courir trop de risques à nos gendarmes et à ceux, non violents, qui tentent de construire l’avenir de ces territoires » disait aussi le député de la majorité.

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