Maine et Loire

Angers. 13 hectares pour y faire quoi ? Une concertation publique sur l'avenir de l'ancien site Thomson

Cet automne, la ville d'Angers va lancer une grande concertation publique pour échanger sur l'avenir de l'ancien site Thomson, boulevard Gaston Birgé. La municipalité envisage la construction d'un nouveau quartier de la ville avec 1 400 logements, des espaces verts et la refonte de la zone d'activité, tout en conservant la mémoire de l'usine.

Publié : 28 août 2026 à 11h52 - Modifié : 28 août 2026 à 15h31 Alexis Vellayoudom

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Une concertation publique va être lancée à l'automne
Crédit : Alexis Vellayoudom

C'est un site emblématique du paysage industriel angevin. L'usine Thomson, qui a employé, au plus fort de son activité, 2 800 salariés dans les années 60 pour la fabrication de téléviseurs, a fermé en 2012. Quatorze ans après, Angers Loire Métropole et la ville d'Angers vont lancer une grande concertation à l'automne pour décider de l'avenir de cette friche industrielle. Pour y faire quoi ? Quelques éléments de réponse. 

 

Des logements, des arbres et une trace du passé

 

Il est connu de beaucoup et (presque) personne n'y a remis les pieds depuis sa fermeture en 2012. En témoigne, le grincement de la grille à l'ouverture. Face à nous, l'usine n'a pas bougé, la nature a, par endroits, repris sa place. Le gardien des clés, Thomas, chargé de la sécurité, est un ancien de la maison, ravi de pouvoir faire découvrir les lieux. Très vite, Christophe Béchu, maire d'Angers et président d'Angers Loire Métropole, annonce la couleur. "Il y aura une réunion publique dédiée qui sera l'occasion de discuter de ce qu'on envisage et de la manière dont les habitants envisagent les choses." Si la friche fait 13 hectares, les élus voient plus grand avec un périmètre de 30 hectares. "Vous voyez bien le boulevard Gaston Birgé ou les abords immédiats. Il y a beaucoup d'espaces qui pourront évoluer autour. Les perspectives sont multiples", justifie Christophe Béchu. 

 

Quel avenir pour le site Thomson ?
Crédit : Alexis Vellayoudom

 

Si la concertation n'est pas encore lancée, la Métropole a déjà plusieurs idées. Objectif clair : faire du site un nouveau quartier de la ville à proximité de celui de Deux Croix-Banchais et dans une continuité avec la ville de Saint-Barthélémy d'Anjou. "Aujourd'hui, on souhaiterait avoir 1 400 logements mixtes. C'est ce qu'on estime crédible pour ne pas avoir que du logement, pour avoir des espaces verts et de l'activité." La municipalité souhaite aussi désimperméabiliser les sols en y plantant des arbres. "On veut faire en sorte qu'on ne soit pas sur un îlot de chaleur, souligne le maire. On doit aussi inventer la ville de demain pour faire face au rayonnement de notre ville. Depuis 12 ans, c'est 1 000 habitants de plus par an."

 

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Autre grande orientation de ce projet, la conservation mémorielle de ce site qui a marqué des générations d'Angevins. "On ne veut pas qu'un jour, on puisse passer ici, en ignorant ce qu'a été le passé, insiste Christophe Béchu. Reste à savoir comment ? Des machines, un bâtiment ? Les hangars, où étaient fabriquées les coques de télés, sont fortement pollués et dégradés. Mais le "métro", ce grand couloir qui permettait aux salariés de circuler d'un bâtiment à l'autre du site, semble une option envisagée par la collectivité. "C'était le centre névralgique humain du site. Tous les salariés passaient là, et ils pouvaient aller acheter un sandwich, réserver une vidéo ou prendre un livre. Il y avait toute une vie qui se passait dans ce couloir. Dans la mémoire collective des salariés, c'est un endroit important", raconte Marie Liber, chargée du projet pour Alter. "Je rêve qu'on soit capable de garder une partie de cette trace comme un lieu qui puisse être ouvert, dans lequel il puisse se vivre des choses : une salle d'exposition, un lieu de réunion, une salle de quartier", souffle Christophe Béchu.

 

Une légère pollution

 

D'aucuns pourraient s'interroger sur la viabilité du site, notamment d'un point de vue de la pollution. Mais la municipalité se veut rassurante. "On a été rassuré de ce côté-là. On n'a que 5 000 m² de la friche qui seraient fortement pollués", affirme Christophe Béchu. Dans le détail, les cartographies montrent que la pollution concerne cinq zones du site, soit moins de 10 % de la friche, notamment les anciennes cuves où étaient pratiqués les bains chimiques pour la fabrication des téléviseurs, et la présence d'hydrocarbures au niveau des chaudières. "Ça nous indique les endroits où il ne faudra pas faire de la pleine terre ou faire pousser des potagers."

 

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Les prochaines étapes de réhabilitation de la friche industriel Thomson
Crédit : Alexis Vellayoudom

 

"On a aussi 2 hectares en nappes qui sont pollués, mais aucune pollution n'est sortie du site, précise Marie Liber. Aucune pollution nous empêche de faire des choses sur le site. C'est des contraintes dans le sens où on est dans le cadre d'une friche industrielle et pas sur un terrain nu, mais il y a beaucoup d'historique sur la manière de traiter ces choses là. Après ça va dans l'esprit de la réhabilitation et de la zéro artificialisaiton net." Mais il faudra du temps pour voir cette zone revivre. Au moins 10 années de plus, a annoncé la municipalité. 

 

LE SITE THOMSON EN IMAGES

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