Maine et Loire

Angers. « On veut partir du terrain », la ville d'Angers lance une grande concertation sur l'enfance et la jeunesse

Le 1er octobre marquera le lancement des Assises de l'enfance et de la jeunesse de la ville d'Angers. Jusqu'à la fin de l'année, des professionnels échangeront sur différents thèmes. La population est invitée à participer sur Internet.

Publié : 16h17 par Alexis Vellayoudom

Assises enfance et jeunesse Angers_07 09 26_DR
Les élus Marina Chupin, Antoine Lelarge et Benjamin Kirschner
Crédit : DR

C'était l'un des grands sujets de la campagne municipale à Angers et il sera encore très présent dans la campagne présidentielle : l'enfance, la jeunesse et la famille. À Angers, la ville lance ses Assises sur ces thématiques. Jusqu'à la fin de l'année, trois grands temps forts sont programmés. Au cours de ces journées, des tables rondes et des ateliers sont proposés avec des professionnels du secteur. Objectif : échanger pour ensuite restituer, puis lister des actions à réaliser sur le mandat. 

 

Accompagnement des familles, écrans et violences sexuelles

 

Ces Assises débuteront le 1er octobre au Centre de congrès avec une journée consacrée à la petite enfance et à la parentalité (0-3 ans). "Les professionnels ont ciblé des sujets qui reviennent régulièrement. Par exemple, le sujet de la santé mentale, à la fois qui touche les enfants ou les parents. L'accompagnement des familles monoparentales, c'est aussi un sujet important puisque les familles sont en constante évolution. C'est également l'offre d'accueil, par exemple, sur la ville d'Angers", précise Marina Chupin, adjointe en charge de la Petite enfance et de la famille à la ville d'Angers.

La journée sera notamment marquée par l'intervention de Philippe Duverger, responsable du service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent au CHU d'Angers. Il animera une conférence intitulée : « Accompagnement du jeune enfant et de la parentalité ». Les 500 professionnels attendus seront ensuite répartis dans des ateliers autour de l'accueil des enfants à besoins spécifiques ou encore la gestion des écrans. "C'est une question prépondérante. L'écran est malheureusement présent sur toutes les tranches d'âge et dès le plus jeune âge. Comment on invite les parents à essayer de remplacer les écrans par autre chose, des activités éducatives, ludiques, sportives, artistiques, admet l'élue. On est tout de même dans une logique de ne pas pointer du doigt, mais plutôt de partir du terrain et de travailler sur les difficultés."

 

Quels thème sur l'enfance et la parentalité ?
Crédit : Alexis Vellayoudom

 

Un mois et demi plus tard, ces professionnels se retrouveront pour une nouvelle journée dédiée à l'enfance où sera notamment abordé le thème de l'adaptation de l'école aux changements climatiques, mais aussi la laïcité et l'égalité filles-garçons. Deux focus sont prévus sur les rythmes scolaires, mais surtout sur la prévention contre les violences sexistes et sexuelles. Un sujet qui fait écho à cet animateur périscolaire angevin mis en examen pour agressions sexuelles sur mineurs et détention d'image pornographique. "C'était un sujet sur lequel on voulait de toute façon travailler, parce que ce programme, on a commencé à l'élaborer dans le cadre d'une préconcertation avec des acteurs. On lui donne une place supplémentaire avec ce focus", répond sobrement Antoine Lelarge, adjoint à l'Éducation. 

 

« On a énormément de collégiens et de lycéens qui sont en situation d'isolement »

 

Enfin, la dernière journée portera sur la jeunesse, le 16 décembre. Une tranche élargie de 11 à 18 ans. "Jusqu'à présent on avait coutume de penser les 11-14 ans comme une question d'enfance. Aujourd'hui, on voit bien que cette jeunesse a évolué, son environnement aussi. Par exemple, il y a dix ans, le téléphone portable il y avait quelques lycéens qui l'avaient pour pouvoir rentrer chez eux, aujourd'hui l'âge moyen pour l'obtention du premier portable, c'est 11 ans et 4 mois, et avec ça, il arrive des questions d'harcèlement qui franchissent le pas de l'école, mais aussi la question de la consultation de sites pornographiques. On a aussi une jeunesse qui se radicalise un petit peu et on peut avoir un retour en arrière sur la conception de la place de la femme, et tout cela donne à s'interroger", justifie Benjamin Kirschner, adjoint en charge de la Jeunesse.

 

Le constat de Benjamin Kirschner sur la jeunesse
Crédit : Alexis Vellayoudom

 

Cette tranche d'âge implique aussi des questions autour de la santé mentale qui feront l'objet d'une table ronde. "On a une société qui est hyper connectée, et pour autant, on se rend compte qu'on a énormément de collégiens et de lycéens qui sont en situation d'isolement, de détresse. On a quand même un lycéen sur cinq qui se retrouve seul et qui a des pensées suicidaires. Forcément, on ne peut pas rester les bras croisés face à ça", poursuit l'élu. 

 

Une concertation en ligne 

 

Si l'événement est réservé aux professionnels du secteur, les Angevins pourront tout de même apporter leur contribution. La ville d'Angers a ouvert une plateforme sur ecrivonsanger.fr où ils pourront répondre à un questionnaire. "Chacun va pouvoir contribuer, à soit identifier des problématiques qui appellent des solutions, soit justement à donner des pistes de solution. L'idée, c'est de concerter largement avec les experts pour trouver des solutions très concrètes sur les besoins qui seront exprimés par les familles et les enfants", explique Antoine Lelarge. Ils peuvent apporter leurs réponses jusqu'au 8 décembre. À la suite de ces trois journées, une restitution se déroulera le 15 janvier 2027. "De cette restitution émanera une liste d'actions concrètes à mettre en place durant le mandat", souligne l'adjoint à l'Éducation.