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Dans le Haut-Anjou. Des projets de recherche médicale autour des cellules cancéreuses ou du traitement des phobies

Les projets de recherche médicale sont de plus en plus nombreux au Centre hospitalier du Haut-Anjou, grâce au recrutement cet automne d'un médecin interniste et chercheur. Il travaille sur le lien entre la vitamine B12 et les cellules cancéreuses, et accompagne les soignants de l'hôpital sur leurs problématiques.

Publié : 19h55 par Marie Chevillard

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Au centre, Adélie Mellinger, ingénieure de recherche, et Valentin Lacombe, interniste et chercheur.
Crédit : MC
Si on pense souvent que la recherche médicale est réalisée au sein des CHU comme celui d'Angers, elle ne s'y limite pas : la preuve avec le Centre hospitalier du Haut-Anjou (CHHA) à Château-Gontier et Segré-en-Anjou Bleu, qui fait partie des rares hôpitaux périphériques où sont menés notamment des travaux de recherche fondamentale. Entretien avec Valentin Lacombe, médecin interniste au CHHA depuis novembre 2025 et chercheur au sein du laboratoire Mitolab à Angers (accompagné dans sa mission par Adélie Mellinger, ingénieure de recherche dans le même laboratoire).

 

Comment choisissez-vous et développez-vous vos projets de recherche ?

Il y a différents cas de figure : soit ce sont des projets de recherche qu'on mène au laboratoire Adélie et moi, ou des projets de recherche clinique que je vais mener au CHHA avec des collègues qui partagent ces affinités-là sur certaines thématiques de recherche ; soit j'accompagne des projets au sein de l'établissement, autour de questions auxquelles mes collègues cherchent à répondre.

 

Pouvez-vous nous donner quelques exemples de vos travaux ?

On travaille notamment sur la façon dont les cellules cancéreuses fonctionnent, en l'occurrence avec la vitamine B12. Donc on met les cellules cancéreuses dans des conditions dans lesquelles elles ont plus besoin de cette vitamine que les cellules saines, et ensuite, on leur applique l'équivalent d'une carence en cette vitamine B12. On obtient un effet anticancéreux avec ce traitement qu'on a développé, avec un premier brevet déposé, et qu'on continue à développer ensemble. On travaille aussi sur le syndrome VEXAS, une maladie auto-inflammatoire de l'adulte.

 

Ça, ce sont vos propres projets de recherche, et ceux développés par les soignants ?

Ça concerne vraiment tout corps de métier, donc tout type de pathologie ou thématique. On travaille par exemple avec une sage-femme sur le ressenti des patientes sur l'examen invasif vaginal, un chirurgien orthopédique sur certaines techniques de reconstruction ligamentaire du genou, des psychiatres sur le traitement des phobies avec un outil de réalité virtuelle, ou des cadres infirmières qui se sont demandé "qu'est-ce qui permettrait d'identifier très tôt qu'on va avoir du mal à faire sortir un patient d'hospitalisation ?" pour des problématiques qui ne sont finalement pas médicales.

 

Vous pouvez parfois intervenir seulement à la fin du projet ?

Oui, c'est le cas notamment pour les étudiants en thèse de médecine, accompagnés par des professionnels de l'hôpital. L'objectif, c'est que leur thèse, sur des thématiques de recherche comme l'anémie ou d'autres atteintes articulaires inflammatoires, ne tombe pas aux oubliettes ensuite. On les accompagne jusqu'à la publication scientifique, pour que l'information puisse être diffusée au plus grand nombre, en tout cas a minima au monde scientifique.

 

Pourquoi accorder une telle place à la recherche dans un hôpital de cette taille ?

Alors la recherche clinique existe dans des hôpitaux périphériques, mais investir dans la recherche préclinique, la recherche fondamentale, avec le recrutement d'ingénieurs de recherche comme Adélie, c'est quelque chose de beaucoup plus rare, c'est vrai. Il y a un intérêt d'abord pour les patients parce qu'on se rapproche de leur domicile pour leur donner accès à l'innovation. Il y a un intérêt également pour la formation de l'ensemble du personnel, en mettant à jour leur connaissance sur des thématiques très précises, ce qui est rassurant pour les patients.

 

Ça joue aussi sur l'attractivité du CHHA, non ?

Oui, notamment sur le recrutement, c'est-à-dire qu'il y a d'autres médecins qui vont être intéressés pour venir rejoindre cette équipe de recherche-là, parce qu'on leur montre qu'on peut faire ça ici aussi. Il y a aussi un intérêt financier pour l'hôpital, puisque valoriser la recherche par des publications, par des brevets, par l'inclusion de patients, ça a aussi des retombées financières.