Maine et Loire

Haut-Anjou. Savencia va rompre ses relations avec 330 fermes laitières

Dans un communiqué, l'OP Les 3 Rivières indique que le groupe laitier Savencia a décidé de rompre les relations commerciales avec ces 330 fermes réparties sur la Mayenne, le Maine-et-Loire, la Sarthe et l'Indre-et-Loire. Les deux partis n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur le prix du lait dans un contexte de sécheresse et d'augmentation des coûts.

Publié : 13h06 - Modifié : 13h07 Alexis Vellayoudom

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Plusieurs cas de MHE ont été détectés en Maine-et-Loire

Bientôt la fin des relations entre Savencia et plusieurs producteurs de lait du Haut-Anjou. Dans un communiqué, l’organisation de producteurs Les 3 Rivières qui rassemble 330 producteurs sur la Mayenne, le Maine-et-Loire, la Sarthe et l’Inde-et-Loire fait savoir que l’entreprise Savencia a mis fin aux discussions sur les négociations du prix du lait payé. "Hier (mardi 6 octobre), le directeur général de Savencia, Mr.Salczer et la directrice de Savencia Ressources Laitières, Mme Godet-Morisseau, nous ont indiqué qu’ils voulaient mettre fin à la relation commerciale avec l’OP Les 3 Rivières, au terme d’un préavis de 18 mois, à savoir le 15 avril 2028", indique l'OP. 

 

« Savencia nous reproche de défendre le revenu de 615 producteurs de l'OP »

 

"La situation est très surprenante, puisque le 22 septembre 2026 Savencia nous convoquait pour une réunion « partenariat » et aujourd’hui, M. Salczer décide froidement de rompre nos relations commerciales, s'agace l'OP Les 3 Rivières. C’est un comble, Savencia nous reproche simplement de défendre le revenu des 615 producteurs de l’OP!"

Depuis plusieurs mois, ces 330 fermes, qui vendent 242 millions de litres de lait à Savencia pour alimenter la fromagerie Perreault à Château-Gontier-sur-Mayenne et la fromagerie Tessier Cornillé-les-Caves, négocient une augmentation du prix du lait payé. "Depuis le début de l’année, le prix du lait payé est de 50€/1000L en dessous du prix de revient. Comment peut-on agir ainsi dans un contexte de sécheresse et de grande détresse chez beaucoup d’éleveurs ?", s'interrogent les producteurs de lait. 

 

« Des producteurs vont se poser la question d'arrêter définitivement le lait »

 

Interrogé en juillet dernier, Anthony Daubert, président de l'OP et éleveur à à Soeudres dans le nord du Maine-et-Loire, notait un prix de vente en-dessous de leur prix de revient. Il confiait : "Les prix des carburants et les prix des aliments sont repartis à la hausse. Par exemple, dans ma situation personnelle, c'est 13 000 € à peu près en moins sur les 6 premiers mois, c'est assez conséquent". 

Conséquence aussi de la canicule qui a globalement fait baisser la production des animaux. "Dans certaines exploitations, on a 15 à 20 % de baisse de production lors des gros épisodes de canicule. Ça fait moins de rentrées et forcément moins de livraison de lait avec un prix déjà plus faible." L'OP Les 3 Rivières va devoir maintenant trouver un nouvel acheteur.

D'autres possibilités sont évoquées, comme l'intégration dans une autre organisation de producteurs ou le passage en contrat individuel. "Il y en a certains qui se posent la question aujourd'hui de décapitaliser, c'est à dire de vendre des animaux parce qu'ils n'auront pas la nourriture suffisante pour les nourrir cet hiver. Et puis il y a aussi des cas peut-être un peu plus graves où des producteurs vont se poser la question d'arrêter définitivement le lait puisque ces fluctuations de prix sont difficiles à tenir dans le temps", rapportait Anthony Daubert.