Maine et Loire

Angers. Le public au rendez-vous pour la réouverture de la librairie-papeterie Sadel

La Sadel a pu rouvrir ses portes le mercredi 17 juin à Angers, après avoir été reprise par quatre anciens salariés. Un retour de la librairie-papeterie attendu par les habitués, dont certains sont même devenus sociétaires de la coopérative.

Publié : 19h08 par Marie Chevillard

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Les ex-salariés repreneurs, Séverine Lelong, Frédéric Guinehut, Enrica Fourès et Christophe Alzon.
Crédit : DR

Elle était menacée de fermeture depuis plus d’un an : la Sadel a rouvert ses portes à Angers le mercredi 17 juin. Alors qu'elle avait été vendue par la Scop (Société coopérative et participative) SavoirsPlus, l’avenir de la librairie-papeterie angevine de 70 ans était en suspens depuis le printemps 2025. Mais elle a été reprise par quatre anciens salariés, sous forme de SCIC, une société coopérative d’intérêt collectif, à laquelle participe notamment Angers Loire métropole à hauteur de 25 %. Si la réouverture s'est étirée de quelques mois pour finalement s'opérer mi-juin, "nos clients nous ont soutenu depuis le début, et ont porté le projet", assure Frédéric Guinehut, co-directeur du magasin avec sa collègue Enrica Fourès et salarié à la Sadel depuis 1999, spécialisé en papeterie.

 

"Attachée à l'indépendance du magasin"

 

Un attachement visible dès l'entrée du magasin avec l'affichage de nombreux mots de soutien adressés par les habitués de tous âges, surmonté d'un 'merci' en grandes lettres blanches. Des messages lus avec attention par Cécile, qui vient à la Sadel depuis plus de 30 ans. "Je suis hyper contente qu'ils aient pu rouvrir, parce que c'est vraiment l'esprit que j'aime, je trouve que ça fait partie de l'ADN d'Angers, estime cette enseignante en maternelle. Ce n’est pas une chaîne anonyme, mais des humains qui sont derrière. Je ne voyais pas où j'allais faire mes courses ailleurs, à la fois pour le matériel pour ma classe, et à la fois pour ma famille, parce que je viens souvent ici pour les petits cadeaux, les livres, les loisirs créatifs..." Comme d’autres personnes rencontrées ce jour-là, Cécile se dit "attachée à l’indépendance du magasin, et aux échanges avec les conseillers et les autres clients".

La Sadel emploie désormais 11 salariés, dont trois anciens de la librairie Contact, détenue auparavant elle aussi par SavoirsPlus. Croisée dans les rayons, Pauline a travaillé pendant sept ans à Contact et a bien failli rejoindre l'aventure... avant de finalement reprendre des études d'infirmière. "J'étais très contente que la Sadel rouvre, et on est venus tout de suite avec les enfants chercher des petits livres et surtout voir les collègues. C'est quand même un magasin historique, au service de l'éducation, de la culture. Je trouve que ça a un rôle social fondamental, c'est un lieu de rencontres."

 

Davantage d'animations pour le public

 

Et ça le deviendra sans doute encore plus grâce aux aménagements réalisés par les repreneurs : outre la rénovation globale du local, avec l'ajout des rayons littérature adulte et beaux arts, le magasin comporte désormais un espace atelier, destiné à accueillir "des ateliers créatifs, des expositions, des dédicaces d'auteur(e)s, des soirées jeux, détaille Frédéric Guinehut. Même si les gens achètent sur internet, ils sont aussi demandeurs d’espaces où ils peuvent échanger, discuter notamment avec les vendeurs… c’est vraiment un endroit où les gens se sentent bien. On voulait vraiment créer un lieu de vie, d'échanges, qui corresponde au format de la SCIC."

Une forme d'entreprise qui permet "à tout le monde de participer au capital, les clients, les collectivités locales..." Comme Cécile, Martine est elle aussi devenue sociétaire du magasin sans se faire prier. "On devient des petites aides financières, : je crois qu'on reste toujours d'abord une cliente, puis après on se dit 'il y a ma petite participation pour que ce magasin existe', donc c'est une petite fierté." Belle-mère de l’une des responsables du magasin, l'ancienne enseignante était très émue lors de la réouverture, "et ravie qu'il y ait beaucoup de monde". Les repreneurs de la librairie-papeterie s’attendent même à une plus grande fréquentation à la sortie des classes, et fin août juste avant la rentrée scolaire.