Angers. « Les entreprises sont en attente de jeunes diplômés qui savent se servir de l'IA en toute conscience », ces étudiants de l'ESSCA participent à un challenge sur l'IA
Depuis mardi, près de 500 étudiants de l'ESSCA participent à un challenge sur l'IA. Objectif : créer un produit et le développer sur le plan marketing, en s'aidant des outils qu'offre l'intelligence artificielle. L'occasion aussi de sensibiliser les étudiants d'Angers à l'utilisation de l'IA, dans un contexte où les géants de la Tech alertent sur les dérives.
Publié : 13h26 - Modifié : 13h26 Alexis Vellayoudom
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Quand l'IA s'invite dans la création d'entreprise. Depuis deux jours et demi, pour la première fois, 574 étudiants en 4e année de l'ESSCA participent à un challenge intercampus sur IA. Plusieurs groupes des sept campus français et luxembourgeois doivent monter une entreprise, créer un produit et le développer sur le plan marketing, en s'aidant des outils de l'intelligence artificielle. Une manière de se mettre dans le bain pour l'année, mais aussi de sensibiliser à l'utilisation de l'IA.
« Si je devais créer un site Internet, je ne saurais pas le faire s'il n'y avait pas l'IA »
Éparpillés par groupe de cinq dans différentes salles du campus, les premières idées fusent. En anglais, la langue conductrice du challenge, Maxence Coupain et son groupe, en master Finances, ont pensé à un dispositif permettant de réchauffer leur déjeuner, tout en évitant la longue file d'attente devant le micro-onde. "On veut créer une sorte de palet connecté portatif qu'on pourrait mettre sous chaque plat qu'on apporte à l'école. Ça nous permettrait de cuire plus facilement. On aurait une application qui contrôlerait le produit à distance et par l'IA ce palet pourrait deviner qu'elle plat on a posé. Par exemple, des pâtes, des sandwichs. Et pourrait programmer aussi le réchauffage de nos plats."
Chacun utilise l'intelligence artificielle à sa manière. Dans une autre salle, Lisa Cavrois et ses camarades veulent créer une basket avec des semelles interchangeables pour s'adapter à plusieurs sports. "C'est vrai qu'on est toujours d'avoir une basket différente, ce qui représente un assez gros coût, là, on essaye d'imaginer un tout-en-un, explique l'étudiante en master Management et Stratégie. Pour l'instant, on a imaginé le produit, par nous-mêmes, et là, on demande à l'IA les matériaux possibles pour chaque sport. Ça nous aide à avancer plus vite."
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Plus loin, Arsène Zanker est parti sur une alarme qui fonctionne lorsque l'étudiant est mal positionné devant son ordinateur pour lui rappeler de bien se tenir. Il est bien conscient que l'IA ne doit rester qu'un outil de support. "Par exemple, nous, on l'utilise pour nous donner une visualisation sur un site Internet. Si je devais créer un site Internet, je ne saurais pas le faire s'il n'y avait pas l'IA. Mais il faut toujours qu'on ait ce moment de réflexion, qu'on n'ait pas besoin d'utiliser l'IA pour écrire un mail."
Des étudiants sensibilisés à l'utilisation de l'IA
En amont, ces étudiants ont été sensibilisés aux dérives de l'intelligence artificielle. "L'IA, elle est là pour nous aider à faire des tâches plus rapidement, aller plus vite et réduire les coûts, explique Jennifer Jabbour, motion designer et intervenante sur l'IA à l'ESSCA. Là, on a montré aux étudiants à quoi une mauvaise utilisation peut mener, comme les fakes news, les fausses images, la propagande, le racisme." En fait, tout est une question de cadre linguistique, lorsqu'elle a trop de liberté, c'est là qu'elle devient dangereuse. "C'est ce qu'on appelle le prompt engineering. Il faut être intelligent dans les mots-clés qu'on donne à l'IA, être très précis", poursuit la spécialité en animation 3D. Une sensibilisation d'autant plus importante que l'IA a pris une grande place dans le quotidien de notre jeunesse. "Ça devient un outil indispensable que ce soit pour les cours ou dans la vie de tous les jours. Par exemple, quand je fais une recette ou que je cherche des choses sur la finance. Après, il faut prendre le bon outil et le prendre comme un outil de réflexion. Ce n'est pas un cerveau l'IA", admet Maxence.
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À l'international, les alertes se multiplient autour l'intelligence artificielle. Des géants américains de la Tech parlent même d'un "réel danger" de l'IA. Alors les écoles comme l'ESSCA préparent leurs étudiants, tout étant conscient que l'outil est devenu un atour incontournable pour leur insertion professionnelle. "On sait que dans le monde du travail, l'IA est présente. Ils vont être confrontés à cette technologie et les entreprises sont en attente de jeunes diplômés qui savent se servir de l'IA en toute conscience et responsable. Là, ce qu'ils apprennent pendant deux jours et demi, c'est à se servir de l'IA comme d'un outil où c'est l'homme qui maîtrise l'outil", insiste Emmanuelle Bodu, responsable de l'expérience étudiante pour l'ESSCA. Pour Lisa, l'école doit d'ailleurs avoir un rôle primordial dans cette sensibilisation. "Ça fait un peu peur à tout le monde, mais c'est un peu le rôle des écoles, que ce soit dès le plus jeune âge comme on va grandir avec, de nous apprendre à bien l'utiliser correctement."
Ils pourront d'ailleurs montrer l'utilisation qu'ils en font cet après-midi lors de la finale intercampus.
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