Maine et Loire

En Maine-et-Loire. « Par habitude, des entreprises se connectaient aux bornes à incendie », le Syndicat d'Eau de l'Anjou développe les bornes de puisage

Depuis 2017, le Syndicat d'Eau de l'Anjou a investi 685 000 € pour l'installation de 43 bornes de puisage sur son territoire. Une solution pour les entreprises qui se servaient avant sur les bornes à incendie entraînant des dégradations. À Grez-Neuville, la 43e borne devrait alimenter une trentaine d'entreprises.

Publié : 9h52 - Modifié : 9h55 Alexis Vellayoudom

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Les entreprises et collectivités vont pouvoir se servir légalement en eau grâce à une carte d'accès
Crédit : Alexis Vellayoudom

Dans un contexte où l'eau est de plus en plus précieuse et l'argent public rare, toutes les économies sont bonnes à prendre. Le Syndicat d'Eau de l'Anjou, qui s'étend sur 62 communes au nord d'Angers, vient d'installer une borne de puisage d'eau à Grez-Neuville pour l'usage des entreprises et des collectivités. C'est la 43e borne installée, mais le service est encore "méconnu". 

 

Éviter d'abîmer les bornes à incendie

 

"Historiquement, il n'y avait pas d'offre de connexion au réseau officiel, rappelle Étienne Glémot, maire du Lion d'Angers et président du SEA. Par habitude, des entreprises se connectaient aux bornes à incendie." Mais ces prélèvements illégaux entraînaient d'importants dégâts sur le réseau. "Quand les gens ouvraient une vanne d'un coup sec pour que l'eau sorte, ça faisait une très grosse accélération de la vitesse de l'eau dans les tuyaux, ce qui provoquait des problèmes de décollement. Mais c'est surtout quand vous fermez la vanne, ça faisait un coup de bélier, c'est-à-dire que l'eau venait buter contre la vanne, et ça créait des problèmes de fuite sur les réseaux d'eau potable. On avait un préjudice de 35 m3 par heure." Conséquences : gaspillage, une borne inutilisable en cas d'incendie et un coût supplémentaire pour le contribuable afin de payer les réparations. 

 

 

Alors depuis 2017, le Syndicat d'Eau de l'Anjou a développé des bornes de puisage destinées aux entreprises et aux collectivités. Près de 685 000 € ont été investis en six ans pour l'installation de ces bornes dans 62 communes du territoire. Concrètement, l'équipement est directement connecté au réseau d'eau potable et le prélèvement est légal.

 

Un système sécurisé

 

Pour l'utiliser, ces usagers professionnels doivent acheter une carte magnétique auprès des accueils de la Saur, de Veolia ou du syndicat (comptez 20 €, ndlr). La carte permet ensuite d'accéder aux 43 bornes du territoire. Ce jour-là, à Grez-Neuville, un agent de la Communauté de communes des Vallées du Haut-Anjou est venue inaugurer la borne. "Il faut mettre la carte sur le lecteur, ça permet d'ouvrir la borne. Ensuite, on branche notre tuyau à laveuse et avec les boutons "+" et "-", on commande la pression. C'est pas compliqué", décrit Eric. La borne se charge de comptabiliser les volumes prélevés. "C'est 2 euros le mètre cube. Et on a un débit moyen de 20 m3 par heure", précise Etienne Glémot. 

À Grez-Neuville, près d'une trentaine d'entreprises, dans un rayon de 10 km, sont intéressées. C'est le cas d'Eventus à Vern d'Anjou pour le curage des réseaux ou les entreprises de travaux publics comme Eiffage et Eurovia. Pour les collectivités, ce service était aussi nécessaire. "En été, je fais deux pleins par jour pour nettoyer la voirie ou les marchés", souligne Eric. Lui et ses collègues ont parfois besoin de beaucoup d'eau comme en mars 2022 lorsqu'un camion chargé de canards s'est couché. Le nettoyage des dépouilles avait nécessité près de trois machines pendant sept heures. "Aujourd'hui, ça nous permettrait de ne pas courir après l'eau. On se recharge directement aux bornes, en toute sécurité et on évite le gaspillage, car la personne peut savoir exactement ce qu'elle a utilisé", explique Mickaël Bouhallier, directeur adjoint des services techniques en charge de l'assainissement. 

 

 

C'est aussi une économie pour le syndicat. "Ce système, il sécurise le réseau, car c'est une vanne électrique qui fait monter petit à petit la pression. On vient doucement ouvrir la vanne, doucement la refermer, on a un limiteur de début pour réduire la vitesse, donc n'a plus un coup de bélier", précise Etienne Glémot. Aujourd'hui, 150 usagers utilisent ce service, pour près de 6 000 m3 de consommation annuelle, "soit une moyenne de 140 m3 par borne avec de fortes disparités, allant de 0 m³ à plus de 600 m³ annuel par borne", souligne le syndicat. Pour favoriser leur utilisation, une cartographie numérique a été mise en place pour localiser la borne la plus proche.