Le Genest-Saint-Isle. L'école Albert Jacquard, symbole de la résilience des habitants après les inondations de 2018

Mayenne 

En juin 2018, durant les inondations, l'école avait été ravagée par plus de 1,80 mètres. Vendredi 24 septembre, la nouvelle école a été inaugurée. Un bâtiment moderne de 750 m² où l'eau est devenue un outil pédagogique.

Inauguration Albert Jacquard Le Genest_24 09 21_AVC
Le bâtiment de 750 m² est moderne et équipé de nouveaux outils pédagogiques
Crédit: Alexis Vellayoudom

30 septembre 2021 - Modifié : 30 septembre 2021 par Alexis Vellayoudom

C'est un chapitre qui se ferme au Genest-Saint-Isle. Trois ans après les inondations du 9 juin 2018 qui ont ravagé l'école élémentaire Albert Jacquard, les élus, les enseignantes, élèves et habitants ont inauguré ce vendredi 24 septembre la nouvelle école, un bâtiment neuf de 750 m². Les élèves et enseignantes profitent des locaux depuis mai. "Une des écoles les plus modernes de notre pays", d'après Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale qui s'est adressé au Genestois et Genestoises dans une vidéo. 

 

Reportage avec les enseignantes de l'école Albert Jacquard
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

Une école moderne 

 

Pour accéder à cette nouvelle école du centre-ville, certains écoliers devront emprunter un petit chemin, le long de l'ancienne école détruite, puis passer sur un pont qui emjambe la rivière du Plessis qui a l'époque était sortie de son lit. Florence, enseignante en CM1, se souvient : "l'état des sanitaires, des classes de CM où il avait 1,80 mètres d'eau. Les tables chavirées, les chaises. Ça sera des images gravées dans les mémoires". Un traumatisme resté dans les têtes pendant les trois dernières années où les élèves étaient éparpillés dans des modulaires au quatre coins de la ville. Stéphanie, directrice par intérim à l'époque et enseignante, se rémémore : "c'est une journée où il a eu une très forte pluie. C'était peu de temps après l'inondation. Il y a eu un vent de panique chez les enfants et honnêtement chez nous aussi donc on s'est réfugié dans le centre de loisirs". 

Passé ce mauvais souvenir, c'est un écrin moderne avec une cour de 900 m² qui s'offre aux élèves et à l'équipe pédaogique. La nouvelle école, adossée à un quartier locatif, surplombe la rivière, dominant la vallée qui avait été submergée, comme une sorte de résilience face à ces inondations qui avait touché, "94 particuliers, 6 entreprises et 5 bailleurs sociaux", rappelle la maire Nicole Bouillon. Aujourd'hui, le cadre est harmonieux, les couleurs, la verdure du parc du plessis, un hâvre de paix pour les 120 élèves qu'accueille l'école. 

 

Enseignantes Albert Jacquard Le Genest_24 09 21_AVC
Avec cette nouvelle école, c'est un nouveau cycle qui commence pour l'équipe pédagogique
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

À l'intérieur, un couloir, d'où il est possible d'accéder aux 5 classes de 66 m² et la salle multi-activité, placées équitablement à droite et à gauche. Les salles de cours sont équipées de vidéos projecteurs interactifs et sont séparées par des interclasses de 28 m², "je m'en sers pour travailler sur de la lecture en petit groupe. Ca nous permet d'être au calme et avec la vitre qui donne sur la classe de surveiller les autres élèves", explique Florence. Le corps enseignant a participé activement à l'élaboration de cette nouvelle école avec l'architecte Nicolas Meiss du cabinet Atelier K à Changé, "on nous a demandé de brosser le portrait de l'école idéale. On a listé pleins de choses. La mairie et l'architecte ont répondu très généreusement à beaucoup de nos demandes. Bon, il y avait des choses irréalisables (rires)", confie Mélissa Lepage, la directrice qui était en congés maternités au moment des inondations.  

 

L'eau au coeur du projet

 

À proximité du bâtiment, une place neuve, un parking, mais aussi l'accueil des loisirs, le restaurant scolaire, l'école maternelle. Le toit est équipé de 200 m² de panneaux photovoltaïques pour chauffer à l'électricité, "on revend toute notre électricité à EDF et on rachète ce dont on a besoin. Normalement, on doit être excédentaire", précise Stéphane Briant, premier adjoint à la commune.

 

Une école de la résilience
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

Le lieu n'a pas été simple à trouver, un projet d'habitations locatives était déjà en marche et la topographique vallonée de la commune n'a pas facilité pas les choses. Finalement, les élus ont décidé d'installer le bâtiment en hauteur du ruisseau, sur la longueur, "ce ruisseau est toujours présent à proximité. Nous avons aussi une zone humide et on voulait en faire un atout en construisant l'école pour la valoriser. On a créé un embrochement et on a formalisé cette zone humide par des mares pédagogiques qui vont nous permettre d'associer les enfants et les enseignants pour faire de la pédagogie dessus, la flore, les animaux et pourquoi il faut préserver ces zones humides", confie Stéphane Briant.  

 

Un cabinet dentaire à la place de l'ancienne école

 

En 2018 après le drame, la mairie avait décidé de ne pas rénover l'école, "les parents n'auraient pas validé nos choix si on avait décidé de rénover ce bâtiment. Tout en sachant que notre assureur nous donnait la possibilité de le rénover. Mais on a choisi de ne pas prendre cette option", souligne Stéphane Briant. Coût du projet, 1,650 millions d'euros financé par la commune, la Département, la Région et l'État. Un cabinet dentaire devrait voir le jour à la place de l'ancienne école. 

 

Mares pédagogique Albert Jacquard Le Genest_24 09 21_AVC
Les mares pédagogiques de l'école surplombent le Plessis, ce ruisseau qui avait débordé en 2018
Crédit: Alexis Vellayoudom