Segréen. Alimentation, projet minier, méga-bassine... La députée Patricia Maussion fait le point après sa prise de fonction
En mars dernier, Patricia Maussion a accepté le poste de député de la circonscription Angers Nord-Segré après l'élection de Philippe Bolo à la mairie d'Avrillé. En fonction depuis un mois, elle se confie sur ce qui l'a poussé à accepter et les dossiers qu'elle va porter, notamment sur le milieu agricole.
Publié : 15h39 par Alexis Vellayoudom
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/radios/oxygeneradio/importrk/medias/Redaction/Patricia Maussion.jpg)
Elle a pris sa nouvelle fonction il y a bientôt un mois. Patricia Maussion se familiarise petit à petit dans le rôle de député. En mars dernier, alors qu'elle est élue maire de Loiré, elle avait finalement accepté de prendre la succession de Philipe Bolo, élu à Avrillé. Comment se déroulent ses premiers pas à l'Assemblée nationale ? Quels sont ses sujets de prédilection ? Entretien cette élue locale depuis 25 ans.
Patricia Maussion, au soir du deuxième tour des élections municipales, alors que vous veniez d'être élue au premier tour maire de Loiré, le député Philippe Bolo est élu au poste de maire d'Avrillé. Vous étiez sa suppléante, naturellement le poste vous est proposé. Vous décidez finalement de l'accepter et de quitter le poste de maire de votre commune. Pourquoi avoir accepté ce poste de député de la 7e circonscription ?
Ça a vraiment été un moment de réflexion intense et surtout très rapide de savoir si oui ou non, j'acceptais de passer députée et de lui succéder. Pour pouvoir affiner encore ma réponse, j'ai demandé au Conseil municipal de Loiré ce qu'il en pensait. Philippe Bollo a été élu le dimanche soir et le lundi soir, j'ai réuni le Conseil municipal. On en a discuté et ils m'ont dit, "il faut que tu y ailles, c'est une opportunité pour notre territoire d'avoir une députée. C'est une suite logique de ton engagement. Nous, on va prendre la suite à Loiré." Depuis, j'ai démissionné de ma place de maire, remplacée par Jérôme Godin, qui était premier adjoint. Et toute l'équipe a joué le jeu et s'est vraiment impliquée dans la gestion de la commune. Je suis partie de mon poste de maire en restant conseillère municipale, mais avec une équipe qui est vraiment très impliquée aux diverses compétences. Je pense que ça va très bien se passer. Je leur fais toute confiance.
Est-ce que vous envisagiez le risque de décevoir des électeurs dans un contexte où il y a de la défiance envers les politiques ? Des gens qui ont voté pour vous et qui du jour au lendemain vous voient partir.
Évidemment, ça a pesé. Parce que quand on s'engage, quand on monte une liste, quand on va chercher des gens pour créer notre liste, qu'on s'engage sur des projets qu'on a envie de réaliser pendant un mandat. Oui, évidemment, la question se pose. Mais dès le dimanche soir, quand Philippe Bollo a été élu à la mairie d'Avrillé, j'ai eu énormément de messages d'encouragement, que ce soit par des habitants de ma commune, des communes limitrophes, des élus, des gens, des associations et même des chefs d'entreprise. Quand j'ai eu tous ces messages d'encouragement, je me suis dit, allons-y.
Depuis plusieurs années, le territoire est plutôt conservateur. L'extrême-droite a fait de bons résultats aux dernières législatives, aux élections municipales à Segré-en-Anjou Bleu. Est-ce que le risque de voir l'extrême-droite remporter des législatives partielles, si vous ne preniez pas le poste, a pesé dans votre décision ?
Tout à fait, même si je dirais que le territoire est plutôt modéré quand même. Mais Philippe Bollo m'a laissé complètement libre de mon choix. Il ne m'a rien imposé, il ne m'a jamais mis la pression. C'est en toute connaissance de cause, non pas sans appréhension, que j'ai accepté de lui succéder.
LIRE ICI. Bientôt une législative partielle ?
Vous avez fait vos débuts à l'Assemblée nationale. Comment s'est passée votre intégration ?
Il y a beaucoup de nouvelles choses, mais j'ai été très bien accueillie, que ce soit par mon groupe politique, que ce soit aussi par les gens qui travaillent à l'Assemblée nationale. Ils sont toujours prêts à vous expliquer comment ça se passe, où est-ce que ça se passe, parce qu'il faut presque un GPS pour se retrouver dans l'Assemblée nationale. Et puis après, les gens de mon groupe ont été aussi très ouverts. Ils sont en place depuis quatre ans et ils sont très à l'écoute de mes demandes, de ce que j'ai envie de connaître.
Quels sont vos premiers sentiments sur le travail à l'Assemblée ?
Quand on travaille en commission, c'est ce qui ne se voit pas à la télévision, et c'est fort dommage. Parce que là, il y a un vrai travail. Il y a beaucoup d'échanges entre les groupes politiques. On n'est pas toujours d'accord, mais il y a un certain respect, il y a une écoute et ça se passe plutôt bien. C'est plutôt constructif. Mais quand on arrive dans l'hémicycle, c'est complètement différent. On a parfois l'impression d'avoir un jeu de rôle, alors qu'on est en train de voter des lois qui vont concerner tous nos concitoyens. Quand je suis rentrée dans l'hémicycle pour la première fois, j'ai senti ce poids de la responsabilité sur les épaules. Se dire qu'avant moi, il y avait beaucoup de personnes qui étaient déjà passées, dont des grandes personnalités, et que là, notre rôle, c'était quand même de voter des lois.
C'est des fonctions différentes. Mais je vous dirai, quand on est dans l'hémicycle et qu'on observe un petit peu les députés qui y sont, et qu'on les écoute, on se rend compte de qui a déjà été élu de collectivité et qui ne l'a jamais été. Et pour être député, à mon avis, il faut être élu de collectivité, parce que c'est là qu'on est en contact avec le terrain, qu'on se confronte aux difficultés que peuvent rencontrer les maires. Et pour moi, député, c'est un siège qu'on doit occuper quand déjà on a fait du travail de terrain.
Comme Philippe Bolo vous avez décidé de siéger dans la Commission des Affaires économiques. Pourquoi ?
Je voulais siéger dans cette commission parce que justement, l'agriculture était dans la commission économique. Alors après, ça ne sera pas ma seule thématique sur laquelle je vais travailler, mais j'ai quand même aussi 33 ans d'engagement professionnel agricole derrière moi. Notre territoire est très rural et très agricole, donc ça me semblait important d'aller sur le côté agricole.
Justement, vous parlez de l'agriculture, c'est l'une de vos priorités sur votre mandat ? Sur quels sujets vous voulez travailler ?
Oui. Quand on écoute la radio, quand on lit les journaux, il y a une problématique qui revient de plus en plus, c'est la relation entre l'alimentation et la santé. Je pense que là, il y a vraiment des choses à faire. Nous avons un monde agricole qui produit des produits de qualité. Et après, on se rend compte que dans l'alimentation, de plus en plus de gens consomment des plats préparés. Et on se rend compte que ce n'est pas toujours très bon pour la santé. J'aimerais travailler là-dessus
L'un de vos collègues du MoDem, Richard Ramos, député du Loiret, avait proposé un chèque alimentaire pour les produits sains. C'est une piste ?
Je me dis aussi qu'on peut très bien travailler sur la santé et l'alimentation sans forcément redonner de l'argent. Produire soi-même son alimentation ne revient pas plus cher que d'acheter un plat préparé. Quand on voit le prix au kilo, par exemple, d'un poulet Label Rouge ou bio, qui va tourner autour de 8 € ou 9 € le kilo, et que par contre, si on achète son filet de poulet, qui va revenir à 25 euros le kilo, vous voyez la différence de prix. Avec un poulet, on peut faire deux repas à pas très chers et manger sainement. Il y a vraiment des différences de prix qui font qu'on peut manger sainement en cuisinant, et sans y passer un temps fou et sans que ça nous plombe le porte-monnaie.
Quelles sont vos autres thématiques ?
Je viens de passer beaucoup de temps à l'Assemblée nationale sur la loi d'Urgence agricole qui traite de la souveraineté alimentaire, le partage de la valeur, les transitions écologiques ou encore le renouvellement des générations. On a notamment parlé des contrats d'avenir. Comment on peut mettre en place sur un territoire des filières collectives, soit à partir de nouvelles productions, soit à partir des productions existantes pour développer et mieux valoriser notre production agricole. On a eu tout un travail sur la loi Egalim, avec l'affichage de l'origine des produits. Et puis évidemment, il y a eu aussi tout un point sur les normes agricoles, sur le stockage de l'eau, parce que l'irrigation est nécessaire pour la souveraineté alimentaire. Et c'est un sujet très présent dans le Maine-et-Loire.
Vous êtes favorable aux méga-bassines comme le projet aux Alleuds ?
On a des pics de chaleur qui font que ça devient un petit peu compliqué. Et on voit bien qu'avec les années, nous aurons la même quantité d'eau, mais elle sera moins bien étalée sur le temps. On aura aussi des étés chauds et secs. Et là, à un moment donné, pour faire de la culture, qu'on soit en conventionnel ou en bio, l'eau, c'est quelque chose d'extrêmement important. Et quand on voit les inondations qu'on a pu avoir cet hiver, où la Loire à la vitesse où elle se jette dans la mer, il suffit juste de stocker quelques heures de la Loire pour suffire à irriguer l'ensemble du département. Donc c'est pas prendre de l'eau en profondeur dans un milieu, mais c'est vraiment prendre de l'eau qui est en train de courir à la mer pour pouvoir la stocker et s'en resservir l'été. Je n'aime pas le mot bassine. Ce sont des réserves de substitution. L'objectif, c'est de récupérer cette eau d'hiver, de la stocker et de pouvoir la réutiliser l'été. Après, suivant la géologie du département, on n'est pas tous pareil, mais nous, sur notre secteur de la septième circonscription, c'est bien du stockage d'hiver.
D'autres dossiers ont été abordés ?
On a travaillé sur les bâtiments d'élevage, avec une ordonnance pour alléger le niveau d'installation classée pour la protection de l'environnement. On a des normes qui concernent les émissions industrielles et non pas les émissions agricoles. C'est aussi de remettre les choses dans l'ordre, et plutôt de travailler sur la partie agricole. C'est extrêmement compliqué de pouvoir construire quelques bâtiments hors-sol de volailles ou de porcs qui finalement représentent très peu d'animaux par rapport à ce qu'on peut voir dans d'autres pays européens dans des conditions qui n'ont absolument rien à voir avec les méthodes de chez nous. Donc, il faut arrêter de s'énerver. Je pense qu'on peut faire des choses sur nos territoires et simplifier. Et puis, quelques avancées aussi concernant la prédation du loup. On est moins concerné sur notre territoire, mais c'était aussi très important.
Votre prédécesseur, Philippe Bolo, portait le dossier du plastique. Vous allez le reprendre ?
C'était un dossier qui est extrêmement important, mais je ne le reprendrai pas parce que ce n'est pas ma passion. Je préfère m'engager sur quelque chose que je maîtrise. Vous savez, j'arrive en cours de mandat, ça veut dire aussi qu'il faut que j'aille assez rapidement sur des dossiers que je connais déjà un peu pour pouvoir être plus efficace. Mais le dossier plastique, c'est extrêmement important. Il y a des gens à l'Assemblée, même dans mon groupe d'ailleurs, qui continuent à travailler sur ce sujet-là.
Sur les sujets de votre territoire et qui concernent l'agriculture, il y a le dossier Bélénos. Ce projet de recherche minière est à cheval sur la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire. Neuf communes angevines sont concernées, dont votre commune Loiré. Vous le suivez de près ?
J'ai suivi ce dossier en tant qu'adjointe et maire à Loiré. Si les associations veulent me rencontrer, pourquoi pas. J'ai rencontré Breizh Ressources plusieurs fois. Là, ce qui a été accordé, c'est un permis exclusif de recherche, c'est pour faire des recherches. On ne peut pas faire n'importe quoi, n'importe comment. Et ça, Breizh Ressources en est complètement conscient. Après, on a tous un ordinateur, un téléphone portable qui utilisent des métaux rares. Il faut arrêter de fermer les yeux. On sait très bien où c'est prélevé et dans quelles conditions. Nous, en France, ça va être de façon très encadrée. Et là, c'est juste des forages pour faire des recherches. On ne sait pas du tout ce qu'ils vont trouver. S'ils ne trouvent rien, c'est très bien.
S'ils trouvent quelque chose, ça sera tellement bien encadré qu'il ne faut pas déjà monter au créneau, mais c'est important de savoir ce qu'on a dans nos sous-sols. Je peux comprendre que certaines personnes peuvent être inquiètes, mais ça exclut les périmètres de captage d'eau potable, les périmètres d'espace naturel sensible. Ce n'est pas parce qu'il y a un permis de recherche que, si on trouve quelque chose, l'autorisation sera systématiquement acquise pour ouvrir la mine. Ce n'est pas quelque chose qui est fait sauvagement. Je pense qu'il faut poser les choses, en discuter avant de trop s'énerver.
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/oxygeneradio/images/logo_YxJv1rQTY0.png)
/t:r(unknown)/fit-in/500x375/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/HGxRKmgaAAAdGec1781097783125-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/500x375/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Jean_Eudes_Gannat1778075339756-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/500x375/filters:format(webp)/radios/oxygeneradio/importrk/medias/Redaction/CHU Angers maternité par Emeric www.panoramio.com.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/500x375/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Mobilisation_contre_violences_enfants_hommage_Lyhanna_Cholet_08_06_26_DR1781016487418-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/TV_4K_CARRE1780082410284-format1by1.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/VISU_JEU_ANTENNE_INSTA_cpocm_copie1755907042934-format1by1.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Finale_Coupe_du_monde_Argentine_France_supporters_pub_Ancenis_18_12_22_CJ1671436081698-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/HGxRKmgaAAAdGec1781097783125-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Jean_Eudes_Gannat1778075339756-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/radios/oxygeneradio/importrk/medias/Redaction/CHU Angers maternité par Emeric www.panoramio.com.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Mobilisation_contre_violences_enfants_hommage_Lyhanna_Cholet_08_06_26_DR1781016487418-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Lion_d_Angers_Revion_04_11_25_AVC1762254310042-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/radios/oxygeneradio/importrk/medias/Redaction/illustration bus car siege ©Pixabay.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Hippodrome_Segr__81759580821590-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Hippodrome_Trot_41717765684601-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/white_wind_turbine_against_blue_sky_2026_03_26_02_31_15_utc1780637129267-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/https%3A%2F%2Fstorage.gra.cloud.ovh.net%2Fv1%2FAUTH_1db17c9a9c714ce39f508d240f11d920%2Foctopus-bucket%2F44269a4e-a0bb-446c-a53a-c5f80cbbe412%2F96b094b7-38e0-4f57-8348-5a11d0ff7bb4.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/https%3A%2F%2Fstorage.gra.cloud.ovh.net%2Fv1%2FAUTH_1db17c9a9c714ce39f508d240f11d920%2Foctopus-bucket%2F44269a4e-a0bb-446c-a53a-c5f80cbbe412%2Fc390b82f-0c97-4097-afb9-014afe620ebf.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/https%3A%2F%2Fstorage.gra.cloud.ovh.net%2Fv1%2FAUTH_1db17c9a9c714ce39f508d240f11d920%2Foctopus-bucket%2F44269a4e-a0bb-446c-a53a-c5f80cbbe412%2Feeee9386-03fc-4c81-bfb3-4d12817408ff.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/https%3A%2F%2Fstorage.gra.cloud.ovh.net%2Fv1%2FAUTH_1db17c9a9c714ce39f508d240f11d920%2Foctopus-bucket%2F44269a4e-a0bb-446c-a53a-c5f80cbbe412%2Fcd588a38-6ce3-4435-bdb4-e9b2e785ec26.jpg)