Maine et Loire

Angers. Au lac de Maine, ils sensibilisent les jeunes aux risques liés à la baignade, dans un contexte où les noyades augmentent en France

Depuis le 19 juin, 131 personnes sont décédées à la suite de noyades en France, une hausse de 20 % par rapport à l'année dernière. Le Maine-et-Loire n'est pas épargné. Pourtant, chaque année, des ateliers de prévention sont réalisés auprès des jeunes de 4 à 12 ans. Reportage au lac de Maine où les maîtres-nageurs constatent une régression de la nage chez les jeunes.

Publié : 17h55 par Alexis Vellayoudom

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La préfecture a organisé deux journées de prévention aux noyades, dont une au Lac de Maine
Crédit : Alexis Vellayoudom

Le Maine-et-Loire va goûter aux 40 degrés ce week-end. Alors pour vous rafraîchir, vous avez sûrement eu le réflexe d'aller vous réfugier dans l'eau, à la piscine ou sur les 13 sites de baignade surveillés du Maine-et-Loire. Mais certains enfreignet encore les règles en allant se baigner dans la Loire, interdite à la baignade, comme d'autres cours d'eau. Un comportement qui accentue le risque de noyade : le mois dernier, le département a enregistrées quatre noyades. Pour éviter ces drames, la préfecture réitère tous les étés des actions de prévention aux risques liés à la baignade, comme hier au lac de Maine à Angers. 

 

Une journée prévention au Lac de Maine
Crédit : Alexis Vellayoudom

 

41 % des noyades dans les cours d'eau

 

À proximité de la plage, une trentaine d'enfants se répartissent en plusieurs ateliers. "Vous voyez, vous avez des cahiers de vacances par exemple, avec des petites enquêtes sur la prévention des noyades", décrit Audrey Lailheugue, responsable du service départemental Jeunesse Engagement et Sports 49. Plus haut, sur les cabanes du lac, la Protection civile dispense des formations aux premiers secours auprès des jeunes des centres de loisirs de la ville d'Angers. 

Sur l'année, ces ateliers sont réalisés auprès d'enfants allant de 4 à 12 ans. Un dispositif important en cette période de départs en vacances. "Il y a une partie des familles angevines qui vont partir sur la côte Atlantique. Il y a un sujet de baïnes dans les Landes. Ça il faudra y faire attention. Mais on a aussi un enjeu dans le Maine-et-Loire sur nos cours d'eaux. Ce n'est pas parce qu'on est sur un cours d'eau qu'on est en sécurité. En l'occurrence, sur la Loire, on a des courants, des bancs de sable et des fonds qui ne sont pas stables. C'est pour ça que la baignade y est interdite, comme sur la plupart des cours d'eau du département, insiste Cyrille Lefeuvre, directeur de cabinet du préfet de Maine-et-Loire. Le premier réflexe, c'est on se baigne que dans les zones surveillées. Et la deuxième consigne, vous ne perdez jamais vos enfants de vue."

 

Prévention noyade maître-nageur Lac Maine_09 07 26_AVC

 

Depuis plusieurs semaines, notamment en période de canicule, la préfecture martèle les messages de prévention, après les drames survenus dans la Loire près de Saumur, où un jeune de 17 ans est mort, ou encore à Soucelles quand Néa n'est jamais remonté à la surface du Loir. Un phénomène de noyades qui touche l'ensemble du territoire national. "On ne peut pas se baigner n'importe où. Au mois de juin, les noyades ont augmenté de 130 % par rapport à l'année dernière, et sur les décès, on était à 170 % de plus. Et quand on regarde les statistiques, on a 42 % des noyades mortelles qui se font en mer, mais on a 41 % qui se font sur nos cours d'eau. Ce qui montre qu'on a vraiment un enjeu d'accompagnement", explique la préfecture. 

 

« Le niveau de nage a tendance à régresser chez les jeunes »

 

En plus des connaissances théoriques, la journée se concentre aussi sur la nage. Dans l'eau, un maître-nageur, leur fait aussi passer des tests d'aisance aquatique. "C'est un parcours où ils doivent sauter d'une plateforme au départ. Ensuite, ils ont une étoile de mer à réaliser sur un temps de 5 secondes, une sustentation verticale sur le même temps. Puis un déplacement en immersion avec le franchissement d'un obstacle, raconte Ludovic Dupont. C'est un test qui leur permet par la suite d'aller en centre de loisirs et de pouvoir pratiquer les activités nautiques comme la planche à voile, le canoë, le paddle, que ce soit en lac ou en mer."

 

Selon Ludovic Dupont, maître-nageur, le niveau de nage a baissé chez les jeunes
Crédit : Alexis Vellayoudom

Le test est obligatoire et nécessaire, car selon ce maître-nageur, le niveau de nage a tendance à régresser chez les jeunes. "Ils nagent « bien » de plus en plus tard. C'est-à-dire qu'avant on prenait le temps de faire nager un enfant, les parents avaient cette exigence que l'enfant sache bien nager, avec une nage codifiée. Maintenant, on n'est plus sur du savoir se sauver, où l'enfant du moment qu'il arrive à faire la nage du petit chien et remonter sur le bord, souvent les parents s'arrêtent à ce niveau. Mais ils ne prennent pas en compte que les enfants peuvent tomber en milieu naturel avec les courants. C'est ce qui est un peu regrettable. Il faudrait que les parents poussent un peu plus pour avoir un vrai apprentissage et une vraie nage."   

L'apprentissage passe aussi par le passage à la piscine. "On investit beaucoup pour que les classes passent à la piscine, confie Cyrille Lefeuvre. Il y a possiblement, sur certains territoires, un sujet d'accès à l'équipement, mais on met tout en œuvre pour que les transports soient organisés et que les dispositifs gratuits puissent se déployer". Sur la période 2025-2026, plus de 600 enfants ont profité de ces dispositifs.