Maine et Loire

Segré-en-Anjou Bleu. La flamme des Jeux olympiques en haut d'un chevalement ou à 126 mètres sous terre ? Le pari fou de ce Segréen

Porteur de flamme en 2024, Steven Ossant s'est lancé dans un nouveau défi : faire venir la flamme des Jeux olympiques d'hiver 2030 à Segré-en-Anjou Bleu pour la faire descendre à 126 mètres sous terre dans la Mine bleue et monter en haut d'un chevalement des mines de fer.

Publié : 11h11 - Modifié : 11h17 Alexis Vellayoudom

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Steven Ossant, ambassadeur du projet (à gauche) et Marc Beluet, de l'association des Mines de Fer
Crédit : Alexis Vellayoudom

Et si la flamme des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver 2030 en France passait dans une mine à Segré-en-Anjou Bleu ? Pari un peu fou que veut relever une petite troupe du Segréen. À leur tête, un visage bien connu, Steven Ossant, qui a lui-même porté la flamme olympique de Paris 2024 lors de son passage à Angers, a été nommé ambassadeur de la ville de Segré-en-Anjou Bleu pour ce projet. 

 

Faire descendre la flamme à 126 mètres sous terre

 

Son imagination est infinie, sa détermination sans faille. Steven Ossant, 32 ans, veut encore frapper fort. Et ce fan des valeurs de l'olympisme n'a pas eu à chercher bien loin pour trouver son prochain objectif : faire venir la flamme olympique dans les mines segréennes. "Ce projet, je le construis depuis longtemps. Il vise à mettre en avant le patrimoine minier de Segré-en-Anjou bleu, glisse l'intéressé. En 2030, ça sera les 100 ans de la période faste des mines de fer et d'ardoise de l'Anjou Bleu. Et puis, en 2036, on va fêter le centenaire de la fermeture de la Gâtelière là où est aujourd'hui la Mine Bleue."

 

Le parcours pensé par Steven Ossant
Crédit : Alexis Vellayoudom

 

Et pour valoriser tout ça, le Segréen a vu grand. "La flamme partirait des mines de fer. Elle passerait en milieu de parcours vers le château des Forges. Et ensuite, elle arriverait à la Mine Bleue. Et là où ce serait historique, c'est qu'elle descendrait à 126 mètres sous terre. Mais surtout, la flamme continuerait son chemin dans la mine jusqu'à une chambre d'extraction."

Une ambition soutenue par la municipalité qui a fait de Steven son ambassadeur et l'accompagnera dans cette candidature. "Acheminer une flamme olympique à 126 mètres sous terre représente un défi technique inédit. Une telle initiative n'a jamais été réalisée et constituerait une formidable vitrine pour Segré-en-Anjou Bleu et son patrimoine", expliquait la maire Geneviève Coquereau au Conseil municipal du 27 juin. 

 

La flamme en haut d'un chevalement ?

 

Alors, évidemment, les sites des mines de fer de Nyoiseau et de la Mine Bleue de Noyant-Gravoyère ont suivi le mouvement. Marc Beluet, président de l'association des Mines de Fer de l'Anjou (8 000 à 10 000 visiteurs chaque année, ndlr) a même déjà le scénario en tête. "En haut du chevalement, il y a chaque année des sapeurs-pompiers d'Angers, et des gens du régiment du génie qui viennent faire des exercices, donc monter en haut du chevalement, c'est un exercice pour eux. Je suis sûr que si on leur demandait à un moment de partir avec la flamme olympique, ils accepteraient." Si le projet aboutit, cela serait une formidable reconnaissance pour ce petit-fils de mineur. "C'est des lieux emblématiques de notre pays. Pour les gens, ce passé minier, ardoisier et mine de fer, a marqué la région. On est pour un certain nombre des enfants, des petits-enfants de mineurs de fer ou de mineurs ardoisiers, donc c'est important."

 

 

Alors, pour le moment, tout est encore utopique, car le Comité d'Organisation des Jeux olympiques (COJO) n'a pas encore donné les modalités du passage de la flamme en France. "Là où je suis très confiant, c'est que c'est une ossature Paris 2024, donc je pense qu'on aura toujours une flamme inclusive. D'autant plus qu'ils veulent s'inspirer de Milan-Cortina. Et Milan-Cortina, la flamme a traversé toute l'Italie. Je pense que ça fera comme pour Paris 2024, la flamme va traverser tout le territoire français. Et nous, on va mettre en avant le patrimoine, l'histoire", espère Steven.

Le porteur de flamme compte aussi s'appuyer sur des arguments sportifs. "On est la terre du footballeur Léo Dubois, du handballeur Bertrand Roiné, d'Antonin Payard, le joueur de rugby. Ça, c'est quand même important." En attendant, lui et des élus vont s'atteler à la construction d'un dossier, afin de le présenter au Département de Maine-et-Loire.