Angers. La Ville labellisée "engagée contre le sida" : "on peut arriver à la fin du VIH"
La municipalité d'Angers a reçu le label de "Ville engagée contre le sida" il y a quelques semaines. L'occasion de rappeler l'importance primordiale de la prévention, pour une épidémie qui pourrait être stoppée, et alors que l'antenne angevine de l'association Aides est en danger.
Publié : 5 janvier 2026 à 17h44 par Marie Chevillard
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"Le futur ou la future maire d'Angers pourra peut-être affirmer être l'élu(e) d'une ville sans sida en 2030". Le souhait est formulé par Jean-Luc Romero Michel, président d'Élus locaux contre le sida, lors de la remise du label "Ville engagée contre le sida" à Angers, mi-décembre. Un horizon qui peut sembler lointain, mais n'a au contraire jamais été aussi près, grâce aux progrès médicaux très importants depuis les années 1980. "En France, il y a 10 000 personnes qui ne savent pas qu'elles sont séropositives, précise Jean-Luc Romero Michel. Si ces personnes sont dépistées, on peut les mettre sous traitement. Et là, elles seront ce qu'on appelle sans charge virale, c'est-à-dire qu'elles ne pourront plus infecter d'autres personnes. Donc même sans vaccin pour l'instant, on peut arriver à la fin du VIH : c'est très important de se mobiliser, puisque c'est ce dernier kilomètre à atteindre."
D'où l'importance de continuer à en parler et à mobiliser des moyens pour la prévention... qui font encore un peu défaut aujourd'hui, selon lui. "Lorsqu'on discute avec des lycéens, certains croient qu'on attrape le VIH par un simple baiser, en allant aux toilettes ou par une piqûre de moustique. Ça veut dire qu'on a raté des choses : il y a un effondrement des connaissances chez les jeunes." Ce qui peut freiner les dépistages, empêcher une bonne prise en charge des potentiels malades et alimenter une stigmatisation toujours d'actualité. "Pour aller se faire dépister, il faut déjà être en capacité d'aller à un laboratoire, ce qui n'est pas le cas pour les personnes qui n'ont pas de droits en France, rappelle Manon Servel, coordinatrice de l'antenne angevine de l'association Aides. Il y a aussi toutes les personnes qui vivent en milieu rural, qui ne peuvent pas facilement se rendre dans les grandes villes, sans oublier les discriminations, les craintes de la communauté, du regard des autres, qui sont encore ultra présents."
"On peut briser la chaîne de contamination"
Pourtant, une personne séropositive a aujourd'hui "une vie complètement normale et sereine, estime Manon Servel. Oui, on peut avoir des petits effets secondaires, par exemple digestifs, mais ça n'a rien à voir avec ce que c'était dans les années 80. On n'est même plus obligé de partager son statut aux personnes qu'on va rencontrer, parce qu'on n'est plus contaminant grâce au traitement. C'est d'ailleurs la clé de la fin de l'épidémie, parce que si on est plus contaminant, on peut briser la chaîne de contamination."
Un grand espoir partagé par Jean-Luc Romero Michel, qui est aussi président de Sida Info services : "Imaginez, pour ma génération qui a vu mourir tous ses amis du VIH, qui vit avec depuis presque 40 ans, qu'on peut arriver à la fin de la transmission, et voir que ces petits moyens qui manqueraient ne sont pas là, ça donne l'envie de se mobiliser !" L'ONUSIDA avait fixé un objectif de 3 fois 95 pour 2025 : 95 % des gens dépistés, 95 % d'entre eux sous traitement et 95 % sous charge virale. D'après Jean-Luc Romero Michel, l'objectif est quasiment atteint à Paris.
Aides sur la sellette à Angers
Mais avec la baisse des subventions de 600 000 euros du ministère de la Santé pour l'association Aides au niveau national, cinq antennes sont menacées, dont celle du Maine-et-Loire à Angers. Pour l'instant, rien n'est encore acté : le conseil d’administration de l'association doit se réunir d'ici février pour statuer sur l'avenir de ces cinq antennes locales. "Ça nous incite déjà à faire des choix, en priorisant les publics, regrette Manon Servel. On s'est concentré sur les CAARUD (Centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues) et sur les capitales de région", donc Nantes plutôt qu'Angers.
Sans relation aucune avec l'activité sur le territoire angevin, selon la coordinatrice de l'antenne. "À Angers, ça fonctionne énormément, on voit qu'on est pertinent, qu'on a notre place : au sein des communautés, on nous connaît de plus en plus ; on est sur tout le réseau associatif angevin ; avec le CeGIDD (Centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic), les orientations sont hyper simplifiées... Les personnes testées positives au VIH ou aux hépatites sont mises sous traitement en très peu de temps, donc les résultats sont hyper encourageants."
Et pourtant, tout pourrait s'arrêter dans quelques semaines, avec deux postes salariés sont sur la sellette. "Il y a beaucoup de frustration pour nous, et on veut se faire entendre parce je pense qu'il y a énormément de personnes qui nous soutiennent, qui sont encore conscientes que le VIH existe, que l'épidémie n'est pas terminée et qu'il y a encore un dernier sprint à faire. C'est d'autant plus frustrant quand on parle des moyens qui existent, de se dire 'mince, si maintenant on s'arrête, si on disparaît, qu'est-ce qu'il va en être ?'" La municipalité angevine a d'ores et déjà annoncé maintenir sa subvention de 7000 euros à Aides en 2026.
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