Maine et Loire

Angers Loire Métropole. La cuisine centrale Papillote et Compagnie doit relever de nouveaux défis, la tarification augmente pour les familles angevines

La Chambre régionale des comptes vient de publier son rapport sur la gestion financière de la cuisine centrale Papillote et Compagnie qui livre les cantines scolaires d'Angers Loire Métropole. Si les enfants mangent mieux, la cuisine doit répondre aux défis financiers et des produits locaux. La tarification va augmenter pour les familles d'Angers.

Publié : 12h05 par Alexis Vellayoudom

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Papillote et Compagnie produit chaque jour 14 000 repas pour les cantines scolaires
Crédit : Alexis Vellayoudom

Papillote et Compagnie va devoir relever de nouveaux défis. C'est le constat porté par la Chambre régionale des comptes qui vient de rendre son rapport sur la société anonyme publique locale (SAPL) Angers Loire Restauration (ALREST), connue sous le nom commercial de « Papillote et compagnie », et détenue par 24 communes d'Angers Loire Métropole, dont Angers comme principal actionnaire. Aujourd'hui, cette SAPL livre chaque jour 14 000 repas sur 115 sites : 82 % aux restaurants scolaires, 14 % aux accueils de loisirs et 4 % aux crèches. L'analyse porte sur la période 2019-2024. 

 

Une gestion saine, mais une santé financière à surveiller

 

Dans son rapport, la Chambre régionale des comptes salue "un pilotage de l’activité adapté aux enjeux opérationnels." L'institution alerte tout de même sur le résultat net de la SAPL avec une "baisse depuis 2021 et qui devient négatif en 2024." Papillote et Compagnie avait notamment justifié cette baisse par l'inflation sur les produits alimentaires. La Chambre recommande "d'établir un prévisionnel pluriannuel d'exploitation et un programme d'investissement de moyen-long terme" pour combler les besoins en fonds de roulement. Elle conseille aussi de fixer une ligne stratégique pluriannuelle, "afin d’anticiper le repli démographique des effectifs scolaires du premier degré.

Après avoir pris connaissance de ce rapport, la majorité municipale d'Angers a décidé une hausse des prix, justifiée par l'augmentation des prix des matières premières et des prix de l'énergie. À la rentrée 2026, les tarifs vont augmenter en moyenne de 2,3 % par mois pour les familles angevines. Les plus modestes paieront 0,87 centime au lieu de 0,85. Cela concerne 12 % des familles. Les familles plus aisées devront elles débourser 7 € contre 6,10 € actuellement. Le groupe d'opposition Demain Angers dénoncent une cantine scolaire "insuffisamment juste et progressive."

 

Des objectifs atteints dans l'assiette, sauf pour l'approvisionnement en local

 

Dans une autre partie de son rapport, la Chambre régionale des comptes salue "l'engagement volontariste" sur la transition alimentaire de la loi Egalim. Par exemple, sur les labels bio, Papillote et Compagnie atteint 42 % pour un objectif de 20 %, et 65 % de produits durables de qualité pour un objectif de 50 %.  

En revanche, la chambre constate que le taux d'approvisionnement en local, dans un rayon de 150 km d'Angers, ne progresse plus depuis 2022. Il était de 54,5 % à la fin de l'année 2024. "L’objectif de 80 %, prévu par le programme alimentaire territorial (PAT) d’Angers Loire métropole en 2030, paraît, en l’état, inatteignable."

Sur son engagement environnemental, l'institution note que Papillote et Compagnie évite chaque année environ 34 tonnes de consommation plastique, "en relation avec la suppression de la barquette alimentaire à usage unique." Cependant, ce passage à une "cuisine zéro plastique" a engendré "un surcroît de consommation d'énergies pour le lavage et le ramassage des contenants, dont le coût, évalué à 0,20 € par repas, reste contenu." Sur le gaspillage alimentaire, la SAPL a de bons résultats, avec une réduction du gaspillage de 56 % depuis 2019, passant à 42 gr par jour et par enfant, contre 110 gr par enfant en France.  

 

Mieux accompagner les familles en difficulté

 

Enfin, la Chambre régionale des comptes s'est penchée sur la tarification des repas. Si le fonctionnement de la chaîne de facturation et d'encaissement est salué, elle note un besoin d'optimisation du recouvrement contentieux avec des impayés à la hausse. "Plus globalement, il convient que soit dressé conjointement avec la collectivité un bilan des objectifs portant sur la fréquentation des cantines scolaires et sur l’évolution des impayés, visés en 2023 avec la réforme de la tarification sociale des repas." Enfin, la Chambre demande à Papillote et Compagnie de mettre en place un accompagnement pour les familles plus en difficulté, en relation avec les services sociaux de la ville d’Angers.