Maine et Loire

Dans le Haut-Anjou. Un nouveau traitement "presque miraculeux" pour la migraine

Au Centre hospitalier du Haut-Anjou, les neurologues et médecins de la douleur proposent depuis un an un traitement pour les patients atteints de migraines chroniques : ces perfusions tous les trois mois permettent de diminuer la fréquence et l'intensité des migraines, le tout presque sans effets secondaires.

Publié : 20 janvier 2026 à 16h19 par Marie Chevillard

Neurologues CHHA nouveau traitement migraine_16 01 26_MC
Les Dr Mohamed Nouri, Dr Annie Sortais et Dr Krasimir Tsalovski travaillent sur la migraine.
Crédit : Marie Chevillard

Elles touchent 1,4 millions de Français, et des dizaines de milliers de patients dans la région. Les migraines chroniques (différentes des migraines épisodiques) ont de gros impacts sur le quotidien, avec notamment des difficultés à se rendre au travail ou à aller en cours pour les adolescents. Pour les limiter, un nouveau traitement est proposé depuis un an au Centre hospitalier du Haut-Anjou. Il est réservé aux patients qui font huit migraines ou plus par mois, souvent des patientes d'ailleurs. Comment ça se passe ? "C'est une perfusion d'anti-CGRP, à faire tous les trois mois en hôpital de jour, précise le Dr Annie Sortais, neurologue et migrainologue. Les patients vont être immobilisés pendant deux ou trois heures, et peuvent venir et repartir avec leur propre véhicule, il n'y a pas d'effet sédatif."

 

"Presque zéro effet secondaire"

 

Avant d'y avoir accès, il y a bien sûr "un diagnostic clinique, essentiellement une consultation d'interrogatoire pour reconstituer les antécédents, le parcours familial, le parcours des maux de tête, savoir ce que les patients ont déjà essayé comme traitement, les conséquences sur leur quotidien..." Ensuite seulement, les patients peuvent commencer le traitement. Sur la quinzaine de patients déjà suivis, les résultats ne se sont pas fait attendre, se réjouit Annie Sortais. "Le traitement va permettre de réduire la fréquence des céphalées, ça peut être moins intense, moins invalidant. Ces perfusions vont être faites pendant un an, un an et demi, avant qu'on refasse un point."

 

"ça permet de réduire la fréquence et l'intensité des migraines"
Crédit : Marie Chevillard

 

Son collègue neurologue le Dr Krasimir Tsalovski est encore plus enthousiaste. "Le résultat est presque miraculeux : j'ai déjà deux patientes qui arrivent à un an de traitement, j'ai essayé de les préparer un peu à un arrêt progressif du médicament, mais elles sont effrayées à l'idée d'arrêter le traitement, tellement ça marche bien, avec presque zéro effet secondaire. Il ne faut pas oublier que la découverte de l'anti-CGRP, c'est une révolution dans le traitement de la migraine."

Une révolution peut-être, mais encore trop peu connue d'après les médecins castrogontériens, même au sein de la profession : c'est pour cette raison qu'une réunion a lieu dans les pochains jours avec les autres neurologues du territoire, pour organiser la prise en charge. Le Dr Mohamed Nouri, médecin de la douleur, se souvient lui d'une de ses patientes "adressée à l'hôpital Lariboisière à Paris, pour ces mêmes perfusions, et ils l'ont mise sur liste d'attente. J'ai trouvé que ce n'était pas normal pour ces patients. Il faut qu'ils sachent que dans notre hôpital, nous pouvons proposer ces perfusions d'anti-CGRP, ou même la toxine botulique."

 

Seul traitement 100 % remboursé

 

Autre traitement proposé seul ou en parallèle des injections d'anti-CGRP, la toxine botulique est aussi un traitement par prise tous les trois mois. "Ce sont des injections au niveau de l'encéphale, qui vont aussi permettre de baisser la fréquence et l'intensité des maux de tête", indique la migrainologue. Pour l'instant, une dizaine de patients est suivie au CHHA. Pour accéder à l'un ou l'autre traitement, vous pouvez prendre rendez-vous avec un neurologue, si possible avec un courrier de votre médecin traitant. L'avantage des perfusions d'anti-CGRP, c'est également le remboursement à 100 % pour le patient. "Tous les migrainologues se battent pour essayer de faire rembourser d'autres produits", explique le Dr Sortais, sans succès pour le moment. "Donc oui, on est retard par rapport à d'autres pays voisins..."

Pour les patients sujets aux migraines sans avoir atteint cette barrière de huit ou plus par mois (donc non-éligibles aux traitements cités), les médecins leur conseillent de consulter si ce n'est pas déjà fait, car ces migraines peuvent s'intensifier et devenir plus fréquentes au fil des années.