Maine et Loire

En Maine-et-Loire. Les enseignants du privé craignent de voir leur régime de prévoyance supprimé

Hier, une intersyndicale des enseignants du privé organisait des manifestations dans toute la région, notamment à Angers. Ils sont engagés dans un bras de fer avec les Ogec pour conserver leur prévoyance mise en place depuis 1978, qui leur permet d'être mieux protéger en cas d'arrêt maladie.

Publié : 13h21 par Alexis Vellayoudom

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A Laval, une quarantaine d'enseignants a manifesté, une vingtaine à Angers
Crédit : DR

C'est un acquis qu'ils ont depuis 1978, qui est remis en question. Hier, les enseignants du privé se sont rassemblés exceptionnellement dans toute la région. Ils étaient une vingtaine à Angers et quarante à Laval. L'appel était lancé par l'intersyndicale CFTC, CFDT, SPELC et CGT, qui dénonce la remise en question de leur prévoyance qui permet de protéger les enseignants du privé en cas de maladie, d'invalidité ou de décès. Entretien avec Thomas d'Aquin Meneux, secrétaire général de la FEP CFDT Anjou Maine Vendée.

 

Vous avez manifesté pour défendre votre régime de prévoyance mis en place depuis 1978. Comment fonctionne ce régime actuellement ? 

 

Cette prévoyance, elle va couvrir l'enseignant quand il est en arrêt maladie de plus de trois mois. C'est-à-dire qu'au bout de trois mois, le salaire descend à 50 % payé par le rectorat, et la prévoyance va compléter jusqu'à hauteur de 95 %. Et en ce moment, cette prévoyance est payée en partie par les enseignants, mais en partie aussi par les établissements scolaires. Et le souci, c'est que la fédération nationale des organismes gestionnaires de l’enseignement catholique, la Fnogec veut revenir sur cette prévoyance, ne plus la payer. Et à ce moment-là, les enseignants devraient avoir leur propre prévoyance, ce qui serait une prévoyance facultative, donc beaucoup moins couvrante pour les enseignants.

 

Quelles sont les conséquences directes pour les enseignants ? 

 

Par exemple, actuellement, la prévoyance pour les enseignants, ça leur coûte entre 8 € et 10 €. On passerait, si on prend une prévoyance à côté, à 40 euros par mois. Et sur les modèles que l'on a, la prévoyance ne compléterait notre salaire que jusqu'à 80 %, ce qui est beaucoup moins que la prévoyance actuelle. Concrètement, pour les enseignants, c'est plus de dépenses pour payer cette prévoyance chaque mois. Et au final, en arrêt maladie, 15 % de salaire en moins par rapport à actuellement. Déjà qu'on a un point d'indice qui n'est pas augmenté depuis 2020, on perd du pouvoir d'achat chaque année avec l'inflation. Et donc en plus avec ça, si on passe de 10 euros de prévoyance par mois à 40 euros de prévoyance, c'est 30 euros de pouvoir d'achat en moins.

 

La Fnogec justifie cette position par la volonté de faire 66 millions d'euros au niveau national. Vous comprenez ?

 

Au niveau national, on sait que cette prévoyance des enseignants, ça coûte 50 millions aux établissements de l'enseignement privé. Ce n'est pas un énorme budget dans les établissements. Là où je suis, c'est 50 000 € sur un budget de 6 millions d'euros, donc ce n'est pas énorme non plus.

 

Que donnent les négociations ? 

 

Alors, il y a des négociations qui sont en cours depuis plus de six mois, malgré ces négociations, pour l'instant, on n'a abouti à rien. Nous, on est prêts à ce que les enseignants cotisent un peu plus pour baisser la part des établissements, mais pour l'instant, on n'a pas réussi à avoir d'accord, et on a l'impression qu'ils font traîner les négociations. Sachant qu'au 1er janvier prochain, le régime de prévoyance disparaîtra, de toute façon. 

 

Quelle est la suite de la mobilisation ? 

 

On a été reçus, mais n'avance pas. En parallèle, les directeurs diocésains ont fait un courrier, en disant qu'ils allaient faire en sorte qu'au niveau national, ils pèsent un peu dans les négociations, et qu'il y ait quelque chose qui aboutisse. Donc on est plutôt satisfaits de la mobilisation, puisque les directeurs diocésains se sont mouillés.

Dans ce courrier que nous avons pu lire, ils appuient les revendications des enseignants et demandent à être associés aux négociations. "Nous estimons que la perte de cet avantage acquis, n'est pas acceptable, peut-on lire. Qui plus décorrélée du constat que le calcul de leur retraite est moins favorable que celui de leurs collègues du public et que la sécurité d'être nommé dans son académie d'origine est de moins en moins certaine, dans un contexte d'accueil de tous de plus en plus impliquant."