Maine et Loire

Journées du patrimoine. À Nyoiseau, l'abbaye royale renaît grâce à l'art contemporain

Ce week-end pour les Journées européennes du patrimoine, les designers Tal Lancman et Maurizio Galante ont proposé à des artistes locaux et internationaux d'interpréter leur « Abbaye idéale » dans l'ancienne abbaye royale de Nyoiseau. Les visiteurs pourront aussi assister à une pièce de théâtre qui retrace la vie de la dernière abbesse.

Publié : 15h54 - Modifié : 15h55 Alexis Vellayoudom

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Maurizio Galante, Tal Lancman et le couple Lelogeais font revivre le lieu entre histoire et culture
Crédit : Alexis Vellayoudom

Ils ont choisi Nyoiseau pour vivre et expérimenter l'art contemporain. Depuis maintenant quatre ans, les artistes internationaux Tal Lancman et Maurizio Galante rénovent et vivent dans une partie de l'ancienne abbaye royale, fondée en 1109 et classée Monument historique depuis 1994. L'année dernière, lors des Journées du patrimoine, ils y ont même lancé un projet d'exposition d'artistes mondialement reconnus, chose qu'ils réitèrent ce week-end sous le nom de "l'Abbaye idéale". 

 

Une maquette de « l'abbaye idéale »

 

"Le travail de collaboration avec des artistes, designers et artisans faisait partie de notre parcours avant de venir dans la région, mais c'est un objectif fort qu'on s'est fixé quand on est arrivé à Nyoiseau", rappelle le designer Tal Lancman. Une fois encore, le couple d'artistes va conjuguer l'histoire à l'art contemporain. Pour cette deuxième édition, ils ont fait appel au plasticien Patrick Rocard. Le natif de Vergonnes va monter une installation de 1,80 m x 1 m dans l'ancienne salle de réception de l'abbaye. "C'est une maquette de l'espace idéal conçue autour des notions d'équilibre et de l'idéal", décrit Maurizio Galante, designer et couturier.

Toujours dans le but de valoriser le lieu, l'artiste s'est même servi de certains matériaux de l'architecture. "Il a travaillé avec le bois de la charpente qui a été démontée l'année dernière pour être restaurée. Patrick a récupéré les chutes de la charpente pour les mettre dans sa maquette. C'était une des dernières charpentes du Moyen Âge, datée du XVIe siècle." En parallèle, l'artiste brésilien Humberto Campana, artiste de renommée internationale, présentera des dessins originaux, complémentaires au travail du plasticien. Et pour créer du lien avec le local, cinq photographes de l’Atelier Regards. "Ils sont venus dans l'atelier de Patrick Rocard pour photographier son travail", souligne Tal. Au total, 1 000 clichés ont été pris et 200 ont été soumis au duo de designers, qui en ont sélectionné 17. "On les a rassemblées dans un catalogue édité par l'imprimerie Blin à Pouancé et qui sera vendu 15 € lors des Journées du patrimoine", précise Maurizio. 

 

Le projet de l'Abbaye idéale
Crédit : Alexis Vellayoudom

 

Ces œuvres intègront d'ailleurs le projet de lieu de création de l'abbaye. Un projet cher aux artistes néo-nyoisiens. "C'est un lieu d'expérimentation comme ce qu'était l'abbaye autrefois. On reste dans la notion de créer du lien. de l'échange et des rencontres. On pourra y accueillir des ateliers d'été, des expositions, précise Maurizio. Tout en admettant que lieu ne sera jamais terminé jamais. "On adore cette notion de vivre dans un chantier. C'est un bâtiment qui vit, donc ce lieu finalement n'arrêtera jamais de bouger." D'ailleurs la deuxième phase des travaux, débutés en 2022, démarrera en novembre avec la reprise de la toiture et des ardoises. 

 

La dernière abbesse

 

Et les deux artistes de Nyoiseau vont même plus loin. En partenariat avec leurs voisins Alain et Annick Lelogeais, propriétaires d'une autre partie de l'abbaye, notamment l'ancien parloir de l’abaisse et le logis de l'aumônier, ils ont décidé de replonger le public dans l'histoire ce lieu qui a accueilli jusqu'à 60 bonnes soeurs au XVIIIe siècle. "On a aussi décidé de parler de l'idéal, mais en parlant de la dernière bénédictine de l'abbaye, car son idéal, c'était l'abbaye", explique Alain. 

 

Un lieu d'échange culturel dans les prochaines années ?
Crédit : Alexis Vellayoudom

 

Pour cela, ils ont fait appel à Marine Martin-Ehlinger. La comédienne s'est inspirée des écrits de Guy de Châteaubriant. "Elle est arrivée en 1780, et à la Révolution, on lui demande de quitter cette abbaye qu'elle adorait, raconte Annick. Elle sera emprisonnée à Angers parce qu'elle refuse d'abdiquer et de retirer le voile. À son retour, elle retrouve l'abbaye détruit à 80 %. On utilisait les pierres pour construire des maisons. Et elle continuera de vivre à Nyoiseau en tant que citoyenne et investie dans la vie du village." La pièce mêlera chants religieux et la flûte d'Emmanuelle Lièvre dans le jardin de l'abbaye. 

La visite se fera par groupe de 25 personnes. Huit créneaux horaires sont proposés samedi 19 et dimanche 20 septembre, à 10 h, 11 h, 14 h 15 et 15 h 15. Les réservations se font auprès de l'Office de tourisme de l'Anjou bleu : Tél. 02 41 92 86 83 ou officedetourisme@anjoubleu.com