Maine-et-Loire. Journée mondiale des troubles de la bipolarité : « c'est encore difficile d'avancer en portant cette étiquette »
Ce lundi 30 mars, c'est la journée mondiale des troubles de la bipolarité. Une pathologie encore difficile à appréhender dans la vie privée et le monde du travail. Pour accompagner les personnes souffrantes, l'association Argos 2001 a créé une antenne à Angers. Entretien avec sa présidente Marion Tessier.
Publié : 11h25 - Modifié : 11h41 Alexis Vellayoudom
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Image d'illustration
Crédit : twenty20photos
C'est une maladie qui demande encore à être comprise, les troubles de la bipolarité. Ce lundi 30 mars, c'est la journée mondiale, en lien avec le jour de naissance de Vincent Van Gogh, grand peintre néerlandais souffrant de cette pathologie. En France, la bipolarité touche 1 à 2,5 % de la population, selon les données de Santé publique France. Elle est associée à un taux de suicide important évalué entre 11 et 18 % par la Haute autorité de santé. Concrètement, cette bipolarité se caractérise par des troubles de l'humeur sucessive, alternant des phases d'euphorie excessive et d'hyper mélancolie. En Maine-et-Loire, l'association Argos 2001 a été créée en septembre dernier pour accompagner les personnes souffrantes de ces troubles et leurs proches. Entretien avec Marion Tessier, présidente de l'association.
La Santé mentale a été annoncée comme grande cause nationale pour l'année 2026. Les troubles de la bipolarité en font partie. Est-ce que vous sentez que le regard de la société a changé sur ces troubles pathologies ?
Il faut voir le problème à plusieurs niveaux. D'abord, on voit une évolution en fonction des générations, c'est-à-dire que la génération de nos parents a été très stigmatisée et encore un peu dans la honte et dans la difficulté de parler du trouble. Notre génération est en train d'ouvrir un peu la voie, mais ceux qui arrivent derrière, vraiment, sont plus à l'aise. Pour eux, c'est plus facile. On sent qu'il y a une évolution. Maintenant, il reste quand même des difficultés notables, un peu à tous les niveaux, c'est-à-dire que c'est encore difficile aujourd'hui d'avancer en portant cette étiquette de personne concernée par un trouble bipolaire. C'est difficile avec l'administration, c'est difficile avec la justice, dans le travail, dans la vie privée aussi.
Quand vous dites difficile, c'est quoi les problématiques que peuvent rencontrer ces personnes par rapport au travail au quotidien ?
C'est un questionnement qui revient très souvent, est-ce que je dois dire ou non à mon employeur que j'ai un trouble bipolaire ? Très souvent, les gens ont une reconnaissance en qualité de travailleur handicapé, une RQTH, mais ils ne s'en servent pas, parce que pour eux, c'est stigmatisant. On a plein d'exemples des personnes qui ont été, alors pas licenciées, mais dont les contrats n'ont pas été renouvelés, parce qu'ils n'ont pas su qu'ils avaient un trouble psychique. Les choses sont un peu difficiles.
Crédit : Alexis Vellayoudom
La bipolarité se soigne ?
Alors, les troubles bipolaires ne se guérissent pas. Aujourd'hui, en psychiatrie, on parle de rétablissement, c'est-à-dire comment avoir une vie satisfaisante, comment avoir une vie qui répond aux attentes qu'on peut avoir avec ce trouble. On a des traitements médicamenteux, en général, pour toute sa vie qui servent à équilibrer l'humeur, et souvent un accompagnement aussi avec une psychothérapie qui permet d'atténuer un peu les difficultés et de moins vivre de crises vraiment aigües. Après, c'est vraiment une hygiène de vie, une astreinte, clairement, il faut faire attention et être toujours vigilant.
Et même avec les traitements médicaux, il y a un équilibre à trouver.
Oui, c'est vraiment la difficulté de la chimie, c'est-à-dire qu'il faut trouver le bon traitement. Une fois qu'on a trouvé le bon traitement, on ne sait pas si on pourra garder ce bon traitement pendant des années ou des dizaines d'années. En général, il faut réajuster, c'est un peu difficile. Pour ça, la recherche avance vraiment, et on s'achemine vers ce qu'on appelle la psychiatrie de précision qui permettra de dire à l'avance quelle molécule va fonctionner sur quel patient et comment on va pouvoir soigner les gens de manière plus précise.
Crédit : Alexis Vellayoudom
Il y a aussi l'aspect social, c'est là qu'Argos 2001 intervient ?
Oui, il y a surtout besoin d'écoute, mais aussi d'interaction sociale, parce qu'on tombe souvent sur des gens qui, soit sont isolés socialement, c'est-à-dire qu'ils voient peu de monde, c'est un peu difficile pour eux d'entrer en contact avec les autres, soit des gens qui sont isolés dans leur pathologie, ils ne connaissent aucun autre patient avec un trouble bipolaire et, finalement, ils ont du mal à échanger sur leur expérience, à communiquer, etc. À Argos, on propose des groupes de parole qui permettent aux patients et aux proches de se retrouver et de pouvoir échanger ensemble. Et puis des activités un peu annexes. En ce moment, on a un atelier d'écriture. On prépare un atelier sur l'expression corporelle. On anime aussi des ateliers sur ce qu'on appelle les directives anticipées en psychiatrie, c'est-à-dire qu'est-ce que je veux qu'on fasse de moi, qu'est-ce que je veux comme traitement, qu'est-ce que je veux comme soin s'il devait m'arriver quelque chose pendant une crise aiguë. On veut montrer aussi qu'on peut vivre avec ces troubles à l'association, on a un certain nombre de personnes qui travaillent, qui ont une vie de famille épanouie, qui font beaucoup de choses. Après, c'est un engagement, un accompagnement par la famille, par les amis. Très souvent, il faut avoir un entourage assez soutenant, mais c'est possible d'avoir une vie épanouie avec un trouble bipolaire.
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