Maine et Loire

Segré. Les travaux de la voie verte vers La Chapelle-sur-Oudon ont commencé

Il était attendu depuis plus d'une vingtaine d'années : le chantier de la voie verte entre la place du port à Segré et la maison éclusière de la Chapelle-sur-Oudon a commencé. Pour ce chemin de 3,7 km le long de la rivière, une attention particulière a été portée à l'impact environnemental du projet.

Publié : 17h33 par Marie Chevillard

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Les travaux sur la voie verte entre Segré et La Chapelle-sur-Oudon devraient s'achever cet automne.
Crédit : MC

Les engins de chantier s'activent le long de l'Oudon à Segré, non loin de la place du Port. C'est là que commencent les travaux de la voie verte qui va relier le centre-ville segréen à La Chapelle-sur-Oudon. "C’est un vieux projet auquel je tenais beaucoup, et ça y est, on y est", se réjouit celui qui est encore président d'Anjou Bleu communauté (ABC) pour quelques jours, Gilles Grimaud. Si l'enthousiasme est si perceptible chez l'élu, c'est que le dossier est dans les cartons depuis plus d'une vingtaine d'années. "C'était l'un de mes bébés, avec le PLUI (Plan local d'urbanisme intercommunal) et le nouveau siège de la communauté de communes (inauguré en novembre dernier)".

En l'occurrence, on parle de 3,7 km de chemin ensablé le long de la rivière jusqu'à la maison éclusière de la Chapelle-sur-Oudon, très attendu par les locaux. "C'est extrêmement important pour les habitants de la Chapelle-sur-Oudon, qui n'avaient pas de liaison sécurisée pour les piétons, les cyclistes, les cavaliers et les personnes à mobilité réduite, souligne Gilles Grimaud. Ça fait aussi une promenade en plus, sur un site vraiment extraordinaire. Je l'ai fréquenté dans les années 1970, quand on avait encore la possibilité d'utiliser l'ancienne voie de halage : c'est vraiment superbe comme paysage."

 

Fin des travaux à l'automne

 

Il va falloir attendre encore un peu pour en profiter, puisque la voie verte devrait être accessible cet automne. Au-delà de la fréquentation locale, l'élu espère qu'elle attirera "aussi les touristes, notamment les cyclotouristes qui pourront venir de Bretagne à travers cette nouvelle voie". Mais pas seulement, puisqu'elle sera reliée à celles vers Châteaubriant, vers Château-Gontier, au chemin de Compostelle et au Lion-d’Angers... lorsque les travaux de leur voie verte seront commencés et terminés.

Autre possibilité, à terme : la traversée de La Chapelle-sur-Oudon vers Louvaines via un bac à chaîne sur la rivière. "Pour le franchissement de l'écluse, nous n'avons pas encore tranché entre la porte éclusière ou une passerelle. On sera fixé au mois d'avril." Mais pour le moment, place au défrichage et à la préparation du terrain, entre l'ancien site Paulstra et le viaduc, et les équipes avanceront ainsi tronçon par tronçon. Ce qui a nécessité auparavant la vente de certaines parcelles détenues par des propriétaires privés à ABC, "en concertation avec Alter. La négociation avec ces propriétaires n'a pas été trop compliquée."

 

Un projet de renaturaturation à l'Ébeaupinière

 

Si le coût écologique d'un tel projet est "important" de l'aveu même de Maxime Deroef, responsable de l'agence segréenne d'Alter, de nombreuses mesures ont été prises pour limiter son impact environnemental. "Ce qui a été décidé, c'est de reculer la voie verte de l'Oudon de 5 mètres des berges de la rivière." Un choix triplement important, puisque "c'est là que va se développer la biodiversité, mais aussi là où la berge est la plus fragile et où nos aménagements auraient pu avoir un impact sur l'érosion. Dans cette bande de 5 mètres, on retrouve aussi la ripisylve, les arbres qui viennent pousser, qui ont un rôle écologique et dans le maintien de la berge."

Avant même le défrichage du chemin, des écologues l'examinent attentivement pour "repérer tous les arbres qui pouvaient avoir un intérêt, par exemple pour les chauves-souris ou pour les oiseaux". Plus loin, 3000m² de zone humide ont aussi nécessité une réflexion pour les porteurs de projet. "Cette zone humide n'accueillait pas de biodiversité intéressante aujourd'hui, mais ça aurait pu être le cas : malheureusement, ces 3000 m², on ne pouvait pas faire autre chose que les impacter."

 

Maxime Deroef "On a essayé d'éviter d'avoir un impact environnemental trop fort"
Crédit : MC

 

Ici, sera développé un projet de compensation "très ambitieux de renaturation au niveau du ruisseau de l'Ébeaupinière. On va reméandrer une partie du ruisseau, c'est-à-dire lui redonner son lit un peu historique, créer des mares, créer des linéaires de haies, et tout ça, ça va vraiment favoriser la biodiversité." Au total, 5000 à 6 000 m² de zones humides seront recréées, avec des passages réguliers d'écologues pendant 30 ans, pour vérifier que la nature a bien repris ses droits. Une fois terminé, ce site sera visitable pour le grand public.

Coût total des travaux : 1,8 millions d'euros hors taxe, avec 1,25 millions d'euros financés par l'État, la Région et le Département.