Saint-Clément-de-la-Place. Crainte environnementale ou opportunité financière, le projet minier Bélénos interroge toujours
Depuis décembre, Breizh Ressources a l'autorisation pour son projet Bélénos qui prévoit d'identifier les sous-sols de l'Anjou Bleu afin de trouver des métaux rares. En coulisse, les discussions peines à avancer, alors qu'à Saint-Clément-de-la-Place, citoyens perplexes et opposants s'interrogent toujours sur les enjeux environnementaux et financiers.
Publié : 11h52 - Modifié : 11h58 Alexis Vellayoudom
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Manif_Belenos_Vallons_de_l_Erdre_29_11_25_DR1778493141246.jpg)
La mobilisation ne se tarit pas dans le Haut-Anjou face au projet minier Bélénos. Chaque week-end, les collectifs d'opposants comme Stop Bélénos multiplient les actions pour demander le retrait du permis exclusif de recherche accordé à l'entreprise Breizh Ressources par l'État. Le projet prévoit une exploration minière sur un territoire de 441 km² à cheval sur la Loire-Atlantique et 10 communes du Maine-et-Loire. Objectifs : trouver de l'or et des métaux rares à des fins encore opaques, même si la société bretonne détenue par la firme canadienne Aurania invoque la souveraineté énergétique française. Sur le terrain, les opposants sont nombreux et visibles, en face, dans la discrétion d'autres s'interrogent sur les bénéfices à tirer de ce projet. Reportage à Saint-Clément-de-la-Place.
« On a choisi de venir en campagne pour un environnement, pour le calme »
Pour trouver des opposants, ça n'a pas été très compliqué. Ils sont nombreux à avoir rejoint le collectif Stop Bélénos. François Morin, 72 ans, habite depuis une quarantaine d'années à Saint-Clément-de-la-Place. Citoyen engagé, il n'a pas hésité quand il a appris l'ampleur du projet. "Ça m'a inspiré une certaine méfiance, confie le retraité. Derrière une exploration, s'ils trouvent des métaux intéressants, il y aura une exploitation. On rentrera dans l'engrenage, ça ne me branche pas beaucoup." Comme la plupart des opposants, François craint l'abaissement des nappes phréatiques, le tarissement des puits, les effets de poussière et le flux de camions. "On a choisi de venir en campagne pour un environnement, pour le calme."
Dans la rue de Bécon, nous retrouvons Philippe*. Ce jeune retraité n'est pas un habitué du "militantisme écolo". En janvier 2025, il apprend par voie de presse que le Conseil municipal de la commune s'est dit favorable au projet minier en 2024 (depuis le Conseil a changé d'avis, ndlr). Il regrette le manque de communication. "On m'a dit qu'il suffisait de lire les procès verbaux. Là, j'étais un petit peu en colère parce qu'on ne va pas en mairie voir ce qui est affiché. On sait maintenant que la consigne préfectorale était de garder ça confidentiel (information de nos confrères de La Topette, ndrl)". Néophyte sur le sujet, le Clémentais de naissance creuse, se renseigne, participe à des réunions et finit même par en organiser une dans la commune.
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/WhatsApp_Image_2026_03_27_at_10_46_381778492504725.jpeg)
Pour justifier son projet, Breizh Ressources avance la volonté de l'Etat français de renforcer sa souveraineté énergétique sur les métaux rares. Et d'après les analyses, les sols du territoire renfermeraient de l'or, 1 gramme par tonne à Saint-Clément-de-la-Place, qui est l'un des indicateurs pour la présence des métaux rares. Pour Philippe, désormais bénévole à Eau et Rivières de Bretagne : "À partir du moment où il sera découvert quelque chose, dans le code minier il y a un droit de suite pour Breizh Ressources qui leur donnera la priorité pour potentiellement passer à l'exploitation." Selon Breizh Ressources, l'exploration leur coûterait 100 millions d'euros sur cinq ans. "Pour le moment, c'est gratuit. L'exploration n'est financée ni par le gouvernement ni par autre chose, mais personne ne fait ça de façon gratuite. Donc s'ils trouvent des choses intéressantes, à mon avis, ils passeront à l'exploitation assez rapidement pour ensuite revendre les droits", renchérit François Morin. Phillipe s'interroge aussi sur la question de souveraineté de la France. "Pourquoi on confie cela à une société dont le siège est aux Bermudes ? Une société qui passe son temps à rechercher des investisseurs avec la promesse qu'il va être découvert de l'or pour pouvoir les enrichir. Pourquoi l'État français ne prend pas directement le sujet en direct plutôt que de le confier à une telle société en fait."
Des intérêts financiers en local ?
Pour trouver des avis plus nuancés, il faut creuser dans le monde agricole. Si une forte majorité d'agriculteurs de la commune ont exprimé leur refus via le formulaire d'Eau et Rivières de Bretagne, d'autres s'interrogent. Car dans un webinaire, la société Breizh Ressources a évoqué des indemnisations pour les exploitants autorisant des carottages sur leurs terrains. D'autres opportunités financières existent également, comme la vente ou la location de terrain pour l'exploration, et des conventions de fortage. "On n'a pas eu d'échanges avec Breizh Ressources, désamorce la Chambre d'agriculture des Pays de la Loire. Il y a bien des barèmes classiques qui existent en fonction des dégâts, mais on attend toujours une réunion agricole avec Breizh Ressources et la préfecture. Si ça doit se faire, on veillera à ce que les agriculteurs soient indemnisés" Sur le terrain, l'institution agricole rapporte les doutes des agriculteurs sur le projet.
C'est le cas de deux agriculteurs que nous avons contactés à Saint-Clément-de-la-Place. "Je ne sais pas trop quoi en penser, on n'a pas plus d'info", confie l'un. Idem pour l'autre, qui admet tout de même : "Dans le contexte actuel, on a tous besoin d'argent." Selon nos informations, la question financière aurait été présentée aux agriculteurs par des élus de la profession dans au moins une réunion. "Là où ça m'inquiète, c'est qu'il peut avoir un agriculteur qui aura la chance d'avoir de l'or sur ses terres, peut-être que lui deviendra riche, mais ça sera au détriment de tous les autres agriculteurs et les citoyens de la commune qui en subiront les conséquences", s'agace l'opposant Philippe.
En février, les collectifs d'opposants ont déposé deux recours auprès du tribunal administratif de Nantes. De son côté, la préfecture rappelle que ce n'est pas un projet d'État et que les cartes sont maintenant entre les mains de Breizh Ressources.
Contactée, Josy Froger, maire de Saint-Clément-de-la-Place, n'a pas souhaité répondre à nos questions, mais fait savoir "qu'elle et son équipe sont pleinement mobilisés sur ce dossier" et "qu'elle reste attentive à l'ensemble des points de vue exprimés et à l'écoute des habitants et des acteurs concernés".
*Son prénom a été changé pour conserver son anonymat
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/oxygeneradio/images/logo_YxJv1rQTY0.png)
/t:r(unknown)/fit-in/500x375/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/HH_zro1XAAEjq8J1778447814591-format4by3.jpeg)
/t:r(unknown)/fit-in/500x375/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/HDsK9FNawAADC551778438612411-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/500x375/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/2026_Affiche_Quinzaine_du_sport1778311672284-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/500x375/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/France_Sire_Arnaud_Poirier_09_05_25_France_Sire1778159735974-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/ChatGPT_Image_21_avr__2026__16_10_231776780650260-format1by1.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/oxybox2K241715392975338-format1by1.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/VISU_JEU_ANTENNE_INSTA_cpocm_copie1755907042934-format1by1.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/iconsport_257500_0254_scaled1778487902461-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/HH_zro1XAAEjq8J1778447814591-format4by3.jpeg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/HDsK9FNawAADC551778438612411-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Hippodrome_M_ral___Trot_11746899349400-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/2026_Affiche_Quinzaine_du_sport1778311672284-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/France_Sire_Arnaud_Poirier_09_05_25_France_Sire1778159735974-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/redim_manga1778077782559-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Liste_minoritaire_municipales_Segr__en_Anjou_Bleu_de_la_Salmoni_re_K_Bidi_01_03_26_MC1778161217712-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/IMG_28871675940682409-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Jean_Eudes_Gannat1778075339756-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/https%3A%2F%2Fstorage.gra.cloud.ovh.net%2Fv1%2FAUTH_1db17c9a9c714ce39f508d240f11d920%2Foctopus-bucket%2F44269a4e-a0bb-446c-a53a-c5f80cbbe412%2Fc390b82f-0c97-4097-afb9-014afe620ebf.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/https%3A%2F%2Fstorage.gra.cloud.ovh.net%2Fv1%2FAUTH_1db17c9a9c714ce39f508d240f11d920%2Foctopus-bucket%2F44269a4e-a0bb-446c-a53a-c5f80cbbe412%2Ffc1e8604-c9b0-4dbf-9873-a456285b7942.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/https%3A%2F%2Fstorage.gra.cloud.ovh.net%2Fv1%2FAUTH_1db17c9a9c714ce39f508d240f11d920%2Foctopus-bucket%2F44269a4e-a0bb-446c-a53a-c5f80cbbe412%2Feeee9386-03fc-4c81-bfb3-4d12817408ff.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/https%3A%2F%2Fstorage.gra.cloud.ovh.net%2Fv1%2FAUTH_1db17c9a9c714ce39f508d240f11d920%2Foctopus-bucket%2F44269a4e-a0bb-446c-a53a-c5f80cbbe412%2Fcd588a38-6ce3-4435-bdb4-e9b2e785ec26.jpg)