Angers. Deux ans après les Jeux Paralympiques de Paris 2024, un héritage contrasté pour le handisport
Marina Ferrari, ministre des Sports, et Charlotte Parmentier-Lecoq, ministre chargée des Personnes handicapées, ont rencontré la section para tennis de table des Loups d'Angers. L'occasion de mettre en lumière des athlètes handisports qui s'estiment parfois oubliés, deux ans après les Jeux paralympiques de Paris 2024.
Publié : 16h38 par Marie Chevillard
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Les balles blanches volent, et les coups échangés sont parfois spectaculaires. Les matches de para tennis de table s'enchaînent dans la salle des Loups d'Angers, ce vendredi 30 janvier. Une belle démonstration sous les yeux de deux ministres venues pour rencontrer les sportifs et présenter la stratégie nationale Sport et handicap 2030 : Marina Ferrari, la ministre des Sports, et Charlotte Parmentier-Lecoq, ministre déléguée en charge des Personnes handicapées. Aux Loups d'Angers, une quinzaine de pratiquants ont une licence handisport, "avec Matéo Bohéas en porte-drapeau, lui qui a été médaillé d'argent aux Jeux de Tokyo en 2021 et médaillé de bronze à Paris en 2024, précise David Lelièvre, co-président du club. Certains jouent assis, d'autres debout (10 catégories différentes selon les handicaps en compétition), mais on adapte les conditions de sécurité et de jeu lors de la pratique, avec des espacements suffisants pour éviter le risque de blessures, des tables à hauteur pour que le fauteuil puisse passer dessous..."
"Les partenaires privés se sont parfois retirés après 2024"
Mais le principal "nerf de la guerre" selon le co-président angevin, "c'est le financement. Certains en plus doivent avoir deux licences, une handisport et une valide, donc ce sont des coûts supplémentaires. Et comme le circuit de compétitions est de plus en plus conséquent, les frais de déplacement, d’hébergement et de restauration augmentent aussi. On essaie de trouver des partenaires, mais c'est difficile." Et ce, malgré la reconnaissance sportive lors des Jeux paralympiques de Paris 2024. "La compétition a remis le sport au coeur de la vie des personnes en situation de handicap, et c'est aussi notre boussole pour le projet 2030, affirme Marie-Amélie Le Fur, présidente du Comité Paralympique et Sportif Français. Mais on sait que le chemin est encore long, pour inciter et accompagner les personnes en situation de handicap à faire du sport, pour sensibiliser les clubs, le corps médical, les profs d’EPS…"
Et qu'en est-il des moyens financiers ? Alors que certains sportifs se sont émus d'un désengagement des partenaires après les JO, Marie-Amélie Le Fur assure qu'"après avoir quadruplé en perspective des Jeux 2024, les moyens financiers alloués par l'Etat sont restés les mêmes en 2025." Ce que confirme la ministre des Sports Marina Ferrari, qui reconnaît aussi qu'"après les Jeux, les partenaires privés peuvent parfois se retirer, et c’est malheureusement ce qui aujourd’hui vient percuter de plein fouet souvent nos athlètes en situation de handicap. Mais l’État essaie de faire en sorte que les partenaires restent présents, grâce à un investissement sur la visibilité médiatique."
Marie-Amélie Le Fur nuance de son côté un tableau qui ne serait pas si noir, selon elle : "il faut faire un focus sur ces dix dernières années. Certes, on a connu une période extraordinaire avec Jeux de Paris 2024, mais je ne pense pas qu’en 2025, on soit retombé dans les niveaux de reconnaissance et d’accompagnement des athlètes des années 2000-2021. Il y a une forme de disparité entre les disciplines, entre les typologies de handicap, mais on a beaucoup d’athlètes qui sont accompagnés par de grandes entreprises dans des actions de sponsoring mais aussi au travers de contrats d’insertion professionnelle."
Une médiatisation "qui progresse"
Un bilan mitigé partagé par le champion de tennis de table handisport Matéo Bohéas. "Oui, j’ai perdu quelques sponsors depuis les Jeux, mais je ne suis pas le plus à plaindre, estime le licencié des Loups d'Angers, qui se dit plutôt privilégié grâce aux médailles décrochées notamment aux Jeux. On connaît le contexte économique dans lequel on vit : c’était vital pour certaines entreprises d’arrêter le sponsoring, donc pas de problème ; mais pour d’autres, il y avait vraiment cet intérêt pour eux que ce soit à Paris, et après ils ont arrêté alors que financièrement, ils vont bien… Dommage qu’ils n’aient pas joué le jeu jusqu’au bout."
Malgré cette déception, la médiatisation et la reconnaissance du handisport progresse, d'après lui : "il faut revenir il y a 20 ans, on n'en parlait pas du tout ! Maintenant, les Jeux Paralympiques sont quand même très médiatisés. Après, si on entend devenir médiatique comme le foot ou le rugby en France, on n’est pas près d’y arriver ! Mais je le rapproche à plein d’autres sports qui sont aussi confidentiels, comme l’escalade, le canoë-kayak, l’aviron, le BMX..."
Reste que la comparaison avec d'autres pays est parfois très parlante, à l'image du Brésil cité par le pongiste : "ils ont des infrastructures, des entraîneurs, ils peuvent partir à l’étranger faire des stages, faire tous les tournois du monde, alors que nous, on ne peut pas. Mais je crois que le Brésil a un budget colossal de 12 millions d’euros pour le para tennis de table, alors que nous la fédération entière, on est à quelques millions... Ça aide pour être haut dans le classement mondial, après ce sont des choix politiques."
Dans cette stratégie nationale 2030, "l’Etat va consacrer 40 millions d’euros par an au handisport, un investissement indispensable aujourd’hui, estiment les deux ministres. Avec notamment un objectif : avoir 4000 clubs inclusifs." Prochainement, les Loups d’Angers vont accueillir un master national handisport, qualificatif pour les championnats de France, le 21 février à partir de 9h.
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