Maine et Loire

Angers. Miki, Georgio et Lujipeka en deuxième partie de saison au Chabada

Pour le début de l'année 2026, la scène de musiques actuelles angevine Le Chabada fait la part belle à la pop et au rap avec notamment Miki, Georgio, Lujipeka et Théa.

Publié : 19 janvier 2026 à 11h44 - Modifié : 19 janvier 2026 à 11h45 Alexis Vellayoudom

Miki Chabada_14 01 26_DR
Miki est nommée dans la catégorie « Révélation féminine » aux Victoires de la Musique 2026
Crédit : DR

"Le public est présent", confie Stéphane Martin. Les chiffres de la 1re partie de saison ne sont pas encore définitifs, mais le ressenti est positif pour les salariés qui prévoient à nouveau l'équilibre, alors qu'en 2023, la scène de musiques actuelles accusait un déficit de 80 000 €. "Il y a toujours cette soif, cette envie de voir des concerts plus que jamais de la part du public. C'est bien parce qu'on avait un peu peur avec le développement des réseaux, du streaming que les gens préfèrent rester chez soi, mais non, se réjouit le programmateur du Chabada. C'est jamais gagné, on ne sait jamais qui sera présent au concert, combien de personnes on aura, mais globalement, on s'en tire pas trop mal. La preuve, c'est que les gens ont vraiment envie de venir voir des concerts et on ratisse large, sur The Apartments, il y a des gens de Normandie qui vont descendre." Pour cette période hiver-printemps, ce sont 37 concerts qui sont proposés. 

 

"Le public est présent"
Crédit : Alexis Vellayoudom

 

De la pop sous toutes ses coutures

 

La saison démarre en rap. Après Sopico ce 15 janvier (report du mois de décembre, ndlr), c'est Georgio qui fait son retour sur sa terre natale (complet). Le rappeur, natif d'Angers, a plaisir à revenir en Anjou tout comme le Chabada de l'accueillir. "Je suis agréablement surpris des déclarations de Georgio quand il dit qu'il est attaché à Angers. Il a passé 14 ans de sa vie ici, et ce lien qu'il garde avec la ville, le plaisir qu'il a à venir jouer ici, je l'ai entendu le dire, se réjouit Stéphane Martin. Nous, évidemment, on est très contents qu'il ait plaisir à revenir chez lui à Angers dans la salle où il a vu des concerts avec son père, il reprend envie. En plus, il passe une semaine de résidence pour préparer cette tournée. On sera à la première date de la tournée de cet album. Il nous fait des jolis cadeaux, l'ami Georgio, c'est cool." Parmi les figures de la musique urbaine, Lujipeka sera à Angers le 21 mars. "Ses albums sont toujours pertinents. Il a toujours son public. Aujourd'hui, où le public rap a tendance à zapper, on se rend compte qu'il y a quelques-uns qui cristallisent ce public et Lujipeka en fait partie."

 

Georgio de retour à la maison
Crédit : Alexis Vellayoudom

 

Si vous êtes amateurs de pop, vous serez servis sur cette première partie de saison. Le Chabada accueillera tous les styles comme la pop punk de PR2B. "C'est une jeune chanteuse française de pop très énergique, avec des influences punk, en tout cas, c'est ce qu'elle revendique. Il y a un discours et un propos très remuant." Dans une pop plus classique, Miki, nommée dans la catégorie Révélation aux Victoires de la Musique 2026, revient à Angers le 14 mars. "C'est une pop qui mélange habilement les influences anglo-saxonnes, qu'elles viennent surtout de l'électro et du rap, et l'hyper-pop, mais aussi avec une forme de variété française. Il y a ce lien que font maintenant les jeunes artistes français en piochant dans le patrimoine français de la variété et évidemment tout ce qui se passe autour du monde qui les nourrit via l'Internet", souligne le programmeur. Pour une pop plus "énervée", il faudra se tourner vers Théa avec de l'électro-punk à la française. "C'est assez vénère. On est dans l'hyper-pop, mais c'est rugueux." Enfin, le coup de coeur de Stéphane Martin va à Fyrs qui assurera la première partie de Lily Wood and the Prick le 27 mars. "Il a une voix, peut-être qu'il n'y a pas de voix équivalente. C'est une voix qui monte très haut, vrai chanteur de tête, avec des mélodies pop imparables. J'aime beaucoup sa façon de chanter, c'est beau, avec un grand B, c'est juste ça, c'est beau et magique."

 

 

Enfin, la scène de musiques actuelles consacre deux mois au jazz, au blues, la soul et ses dérivés. Un mini fil rouge qui démarre le 5 février avec Gogo Penguin et ses empreintes de musiques électroniques et pop. C'est Nu Jazz qui assurera la première partie. Malted Milk viendra le 11 mars. "C'est ce qui se fait de meilleur", assure Stéphane Martin. Pour l'occasion, le cinéma Les 400 coups s'est joint à la programmation en proposant le 26 mars la diffusion du film Soundtrack to a Coup d'Etat. "C'est un super documentaire sur le jazz qui explique comment le courant a servi la propagande de plusieurs États dans les années post-Seconde Guerre mondiale", précise Mélanie Alaitru, directrice du Chabada. La projection sera suivie d'une masterclass avec Alex Grenier. Le guitariste angevin reviendra d'ailleurs jouer au Chabada le 1er avril pour présenter son nouvel album Cinq sur Cinq

 

À Angers, « on a une grosse culture musical » 

 

Si Georgio est une figure de l'Anjou, la cité du roi René regorge d'autres talents. En témoigne la programmation de ce début de saison. Les rappeurs de Badaam ouvriront ce bal angevin le 27 janvier. Il faudra ensuite attendre le 12 mars avec le trio angevin de rock psychédélique Gondhawa qui viendra célébrer la sortie de son deuxième album. Les amateurs de reggae retrouveront le local Tomawok le 29 avril. Enfin, trois concerts 100 % angevin seront consacrés aux familles avec un début à 19h15. Parmi eux, le rythme chaloupé de Gabriel Saglio, la folie de Rutabaga et les mots de Niobé. Des artistes méritants pour le programmateur. "On fait pas exprès, mais c'est parce qu'ils sont bons et qu'on a vraiment envie de les présenter. Ils sont pertinents, quelles que soient les esthétiques. C'est super d'avoir des Angevins. Dans notre ville, on a tendance à dénigrer un peu, en disant « Angers, petite ville, il se passe pas grand-chose », si, on a une grosse culture musicale.

 

Deux nouveautés 

 

"Mais Le Chabada, ce n’est pas que des concerts", rappelle la directrice du lieu. Comme à son habitude, la scène de musiques actuelles ouvre ses portes aux ateliers, à des rencontres et même des blinds tests. Il y a les traditionnels « On stage » ou la masterclass « Le chant saturée », pour les amateurs d'hardrock et de chant gutural. Cette année, la finale de la deuxième édition de l'Open Mic Tour, destiné aux voies émergents du rap et du chant sur le territoire angevin, se déroulera au Chabada le 2 avril. "Il y a une créativité sur la scène qu'on ne voit pas tout le temps", souligne Stéphane Martin. 

Toujours avare de nouvelles activités pour attirer du public. Le Chabada proposera cette année deux nouveautés. Il y a d'abord la Journée du matos, le 14 février. Une sorte de brocante musicale pour les amateurs de belles guitares, de vieux transistors ou simplement amoureux de la seconde main. Enfin, les amoureux du concert sous la douche auront enfin leur scène avec Les Anti-Choeurs. "C’est la chorale rock du Chabada. Elle est ouverte à tous·tes dès 16 ans, musicien·nes ou non, pour chanter pop et rock sans complexe. Encadré·es par deux musicien·nes pros, les participant·es
préparent en trois séances un set collectif explosif, qu’ils et elles interpréteront sur la grande scène du Chabada, accompagné·es d’un véritable backing-band", écrit la scène de musiques actuelles. 

La programmation complète est à retrouver ici