Maine et Loire

Maine-et-Loire. Guerre en Ukraine : "Pour mon fils, je ne regrette pas ce choix", témoigne cette réfugiée ukrainienne

Maryna Tereshchenko est arrivée à Pouancé en 2022. Aujourd'hui, malgré les difficultés, elle tente de parfaire son intégration en France. Nostalgique de son Ukraine natale, elle reste convaincue d'avoir fait le bon choix pour son fils Nazar. Près de 750 Ukrainiens résident toujours en Maine-et-Loire.

Publié : 12h09 - Modifié : 18h43 Alexis Vellayoudom

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Maryna et Nazar ont quitté l'Ukraine en 2022
Crédit : Maryna Tereshchenko

Il y a trois ans, nous rencontrions Maryna Tereshchenko dans un petit appartement à Pouancé. La maman de 34 ans venait de quitter une Ukraine en guerre, attaquée par la Russie de Vladimir Poutine. En tentant de fuir les bombardements de sa ville natale de Tchernihiv, près de la frontière biélorusse, elle et son fils Nazar vivront finalement l'enfer dans le petit village de Yahidne. Là-bas, 350 habitants vont subir la terreur de l'armée russe. Human Rights Watch y recensera quatre exécutions sommaires et des dizaines de crimes de guerre. C'est finalement en mai 2022 que la mère et son fils sont arrivés en France dans le Maine-et-Loire. Quatre ans après, l'Ukrainienne de 37 ans tente, tant bien que mal, de surmonter les difficultés de la vie pour parfaire son intégration en France, tout en rêvant un jour de retourner en Ukraine. 

 

Le combat quotidien pour retrouver une vie normale

 

C'est à quelques kilomètres de Pouancé que nous retrouvons Maryna. La jeune femme et son fils vivent depuis deux ans dans un logement social à Châteaubriant en Loire-Atlantique. Jusqu'à récemment, elle travaillait à l'hôpital en tant qu'ASH, mais un problème au genou l'a contraint à se mettre en arrêt. "J'ai été opérée, mais avec ma jambe, je ne peux plus être ASH. Et maintenant je cherche du travail." En Ukraine, la maman de 37 ans était comptable pour l'administration. "Je voudrais travailler dans les domaines qui sont plus proches de mes diplômes, souligne-t-elle. Malheureusement, je ne parle pas encore très bien le français." Conséquence, Maryna rencontre des difficultés pour trouver un travail, renforçant sa précarité financière. "L'administration française, c'est aussi un peu compliqué pour faire des démarches, s'amuse la jeune femme. Mais je suis motivée. Je veux parler, je veux lire, je veux expliquer toutes les situations plus facilement.Pour y parvenir, Maryna suit des cours de français auprès de l'association locale Rencontres. Elle devrait aussi commencer une formation avec le GRETA.

 
Le témoignage de Maryna Tereshchenko
Crédit : Alexis Vellayoudom

 

Si elle rencontre des difficultés, elle se réconforte auprès de son fils Nazar, 11 ans. "Magnifique, je suis très fière de lui. Il fait du foot depuis 4 ans à l'Amicale laïque de Châteaubriant, il est très content parce que la France donne beaucoup de chances pour les enfants. À l'école, tout se passe bien. Pour lui, pas de souci, se réjouit la maman. Je veux dire merci beaucoup à la France, pour cette possibilité de rester ici avec mon fils, tranquillement au calme. Je veux aussi remercier mes amis français. Maintenant, c'est comme notre deuxième famille ici en France."

 

« Je suis venue pour 3 semaines, ça va faire 4 ans »

 

Si le duo mère-fils en profite pour visiter la France, l'Ukraine reste dans leurs têtes. "Parfois, j'ai des petits coups de mou, confie Maryna. Mon corps est ici, mais mon esprit est en Ukraine." Mais elle ne regrette pas son choix. "Pour mon fils, je ne regrette pas ce choix. Le ciel est calme. Je crois que c'est mieux de rester en France, économiquement, socialement. Il y a beaucoup de personnes qui sont très gentilles. Je suis très contente car on peut vivre."

Un retour est-il envisagé ? "Tous les jours, je pense à mon pays parce que c'est mon pays maternel. Je voudrai rendre visite à ma mère, mon frère, et mon neveu, voir mes amis, mes voisins, et même mon chat. Mais c'est toujours la guerre et la situation est très dangereuse. Pour mon fils, c'est mieux de rester ici. J'ai besoin d'étudier la langue française, d'améliorer mon français pour parler, pour lire, pour travailler, pour retrouver un bon boulot et faire de choses que mon fils aime." Sur le conflit, à sa manière, Maryna essaye d'aider en participant à l'envoi de colis, mais elle n'est pas très optimiste. "Tous les jours, il y a des gens de notre village qui meurent. C'est une catastrophe avec cette neige très froide, pas d'électricité, toujours les bombes. C'est très triste pour moi."

 

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Plusieurs fois, des discussions ont été amorcées entre l'Ukraine et la Russie, sous l'égide des Etats-Unis de Donald Trump. Mais Vladimir Poutine reste ferme sur l'annexion des territoires ukrainiens déjà conquis. "C'est le cirque habituel avec Trump et Poutine. Pour nous, pour l'Ukraine, tous les territoires sont très importants. Mais j'aimerais que ça finisse très vite. Je suis venue pour 3 semaines, ça va faire 4 ans que je suis en France."

 

750 Ukrainiens en Maine-et-Loire

 

Quatre ans après le début de l'invasion russe, le Maine-et-Loire est toujours une terre d'accueil pour les Ukrainiens. Selon la préfecture, ils seraient 750 ressortissants à résider sur le territoire. Pour rappel, tous bénéficient de la protection temporaire avec un titre de séjour renouvelable de six mois. Au plus fort de la crise migratoire, l'État avait mis 270 places d'accueil sur le territoire angevin, il reste aujourd'hui 40 places, destinées notamment aux regroupements familiaux. "Ce sont souvent des gens qui ont vécu des traumatismes liés à la guerre. On est train de solutionner leur situation. Chacun aura une solution de logement d'ici la fin de l'année", promet le préfet François Pesneau.