Octobre Rose. « On pense moins aux effets sur la mémoire », cette Angevine raconte ses troubles cognitifs suite à son traitement contre le cancer
Ce dimanche, Thorigné d'Anjou, près du Lion d'Angers, accueille la 7ème édition de la Marche Octobre Rose. L'association onCOGITE tiendra un stand. La plateforme aide des patientes pour venir à bout des troubles cognitifs provoqués par les traitements. Le témoignage d'une Angevine.
Publié : 9 octobre 2026 à 23h51 par Alexis Vellayoudom
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Octobre_Rose_Thorign__05_10_25_Les_Chevilles_Roses1791582026311.jpg)
Depuis le début du mois, comme chaque année, les événements autour d'Octobre Rose se multiplient. Ce week-end n'y échappe pas. À Thorigné d'Anjou, l'association Les Chevilles Roses organise ce dimanche la 7ème édition de leur Marche Octobre Rose, afin de sensibiliser et d'inciter au dépistage du cancer du sein. Parmi les stands de prévention, des bénévoles de l'association OnCogite, spécialisée dans la remédiation des troubles cognitifs liés au cancer.
« J'avais une incapacité à me souvenir de ce qu'on a fait il y a deux heures »
Bénévole, Carole l'a été l'année dernière sur l'événement à Thorigné d'Anjou, car cette habitante d'une commune près d'Angers a connu ces troubles cognitifs. En 2024, elle découvre une masse anormale sur sa poitrine. S'ensuivent la mammographie, puis la biospie. Le couperet tombe, elle souffre d'un cancer du sein. Démarre le parcours de soins, la chimiothérapie, puis la radiothérapie. "Pendant le parcours de soins à l'Institut de cancérologie de l'Ouest, on a parlé aussi des effets secondaires des traitements sur les fonctions cognitives. Quand on entend chimio, etc., on pense à une personne fatiguée, à une personne qui perd ses cheveux. On pense moins aux effets sur la mémoire et la concentration", se souvient Carole.
Mais la quarantenaire se retrouve dans ce que décrit l'infirmière : des oublis, de prénoms par exemple, et des difficultés de concentration. "J'avais une incapacité à me souvenir de ce qu'on a fait il y a deux heures et une impossibilité à me projeter, même quelque chose à faire deux jours plus tard, raconte Carole. On se dit, c'est peut-être la fatigue. Et on se rend compte que ça peut faire partie du tableau en post-cancer ou pendant les traitements. C'était devenu un handicap. Et surtout, ça venait rajouter à l'image qu'on a dans le miroir, une perte d'estime de soi."
En 2025, après les traitements lourds, Carole décide de suivre le disposif de onCOGITE. Cofondée en 2019 par la neuropsychologue Véronique Gerat-Muller, l'association, en partenariat avec la Ligue contre le cancer, propose un parcours de remédiation cognitive partout en France et pour tous les cancers. "On estime que les effets secondaires dus aux traitements touchent 40 à 60 % des personnes atteintes d'un cancer, pouvant provoquer des problèmes au niveau de la fatigue, les personnes sont plus lentes pour faire certaines tâches,il y a des troubles de la concentration et de la mémoire immédiate", note Capucine Vergez, chargée de communication et de la relation avec les bénéficiaires chez onCOGITE.
« Ce brouillard cérébral n'est pas facile à faire comprendre à l'entourage »
Aujourd'hui, 12 000 personnes ont bénéficié du parcours, à raison de 20 séances maximum. "C'est un atelier d'une heure et demi animé par une neuropsychologue formée, avec un groupe maximum de 12 personnes", précise Capucine. Pour Carole, l'expérience a d'abord démarré par un atelier en présentiel, avant de passer en visio. "On fait des exercices de mémorisation et de concentration. Par exemple, on va commencer par regarder une photo à laquelle il faut associer 20 mots, en faisant des associations d'idées. C'est ce qu'on appelle encoder. Il faut se créer des moyens mnémotechniques personnels. Et on revient à la photo les semaines d'après, on se dit, tiens, sur cette photo-là, je me souviens de quel mot était associé à ça." Un exercice qui n'est pas sans difficultés. "Les premières séances sont épuisantes. Au départ, on se dit, ça va aller, c'est des exercices de maternelle. Et puis au final, au bout d'un quart d'heure, on est épuisé."
/t:r(unknown)/fit-in/1100x2000/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/AFFICHE_OR_2026__1_1791552996103.jpeg)
Heureusement, l'équipe est "sympa" et les ateliers proposés portent leurs fruits. "C'est long. Moi, j'ai fait six mois de parcours, mais on se rend compte petit à petit que la mémoire, c'est mieux, qu'on retrouve des paroles de chansons qu'on avait oubliées. Et ça fait du bien au moral", confie l'Angevine. L'estime de soi remontée à bloc et la diminution des troubles lui ont permis de revenir au travail. "On le fait beaucoup plus sereinement. Ce brouillard cérébral n'est pas forcément facile à faire comprendre à l'entourage, notamment quand on revient au travail. Mais pour moi, sur la dimension morale et sur l'aspect reprise d'une vie normale, ça a été très aidant."
Une formule pour les jeunes
onCOGITE insiste sur le fait que la moyenne d'âge des personnes atteintes d'un cancer est de 54 ans. "C'est beaucoup de personnes qui doivent retourner au travail donc on travaille avec l'URSAFF et la BCPE pour les accompagner sur l'adaptation de leur poste de travail, pas de coworking", souligne Capucine Vergez. Mais l'association a aussi lancé, en 2024, une formule dédiée aux jeunes de 15-30 ans onCOGITE'aja avec le même parcours de remédiation exclusivement en visio, mais offert pour tous les jeunes.
Du côté de Carole, désormais, la vie a repris son cours. Aujourd'hui en convalescence, après une opération de reconstruction, elle estime que cette période est de l'histoire ancienne "avec tout de même un peu de surveillance" et de la rééducation. "On est très bien accompagnés par les équipes médicales, les soignants et les associations comme onCOGITE. Mais j'insiste auprès de toutes les femmes, faîtes vous dépister. Ce ne sont pas que des mots, c'est très important pour avoir l'accompagnement médical le plus précoce possible, et tout simplement un gain de chance."
Marche d'Octobre Rose à Thorigné d'Anjou
Le rendez-vous est donné dès 9h à la salle de l'étang pour un échauffement collectif avant le début des marches de 4, 9 et 13 km. L'année dernière, l'événement avait permis de récolter 2 600 € pour le Comité féminin 49 et 1 000 € pour la Cité des Soins. Il est encore possible de s'inscrire sur place.
/t:r(unknown)/fit-in/300x2000/filters:format(webp)/filters:quality(100)/radios/oxygeneradio/images/logo_YxJv1rQTY0.png)
/t:r(unknown)/fit-in/500x375/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Mouvement_lyc_en_06_10_26_FO491791551743409-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/500x375/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/femmes_jeunes_alccol_bi_re_f_te_11_10_22_Envato_Elements_s_kawee1665495948030-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/500x375/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/vaches_lait_champ_paysan_Andouill__02_07_20_CJ_jpg-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/500x375/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Zach_System_Avrill__14_05_24_Capture_Street_View1715678179608-format4by3.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/VISU_JEU_ANTENNE_INSTA_cpocm_copie1755907042934-format1by1.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Anthony_Lopes1791554025758-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Mouvement_lyc_en_06_10_26_FO491791551743409-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/femmes_jeunes_alccol_bi_re_f_te_11_10_22_Envato_Elements_s_kawee1665495948030-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/vaches_lait_champ_paysan_Andouill__02_07_20_CJ_jpg-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Zach_System_Avrill__14_05_24_Capture_Street_View1715678179608-format4by3.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Nuill__sur_Vicoin1791388842895-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Ecole_des_R_seaux_St_Aubin_Angers_21_09_26_AVC1791195120821-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Tribunal_Angers_28_02_22_CJ1734539153785-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Illustration Tribunal Angers_28 02 22_CJ1646316129550-format4by3.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x300/filters:format(webp)/medias/ZXr66LkaBv/image/Oxyg_ne_Radio__microphone_en_studio1791099725527-format4by3.png)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/https%3A%2F%2Fprod-s3-main.s3.eu-west-par.io.cloud.ovh.net%2F44269a4e-a0bb-446c-a53a-c5f80cbbe412%2Femission%2F8440%2F505054a9-658f-4014-b7c0-cfe08a995ea4.jpg)
/t:r(unknown)/fit-in/400x400/filters:format(webp)/https%3A%2F%2Fprod-s3-main.s3.eu-west-par.io.cloud.ovh.net%2F44269a4e-a0bb-446c-a53a-c5f80cbbe412%2Femission%2F700%2F117fc931-3b24-4f73-b054-eb3b82f2028b.jpg)