Maine et Loire

Segré. Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : Qu'en pensent des élèves de la MFR ?

En début de semaine, l'Assemblée nationale a adopté, en première lecture, la proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. Des élèves de la Maison Familiale Rurale donnent leurs avis.

Publié : 12h05 par Alexis Vellayoudom

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Crédit : TintMedia

Les moins de 15 ans devraient bientôt se passer des réseaux sociaux. Lundi soir, les députés ont voté, en première lecture, la proposition de loi, qui prévoit que "l'accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de 15 ans". Il exclut de l'interdiction certaines plateformes éducatives, ainsi que "les messageries privées interpersonnelles" comme WhatsApp. Objectif affiché : préserver la santé des enfants et adolescents, en limitant l’exposition aux contenus inadaptés. Mais que pensent les premiers concernés ? Réponse avec des élèves de 14 ans en 4e à la MFR de Segré.

 

« Ça nous pourrit un petit peu la vie »

 

S'ils admettent honnêtement y être accro, ces élèves sont aussi conscients des aspects négatifs sur leur santé. "Maintenant, on vit que pour les réseaux. On pourrait découvrir plein d'autres choses, éviter aussi le cyberharcèlement qui est très fréquent sur les réseaux sociaux", témoigne Shaïna. "Pour moi, les réseaux sociaux, c'est un peu dangereux. Des photos, des vidéos peuvent être mal interprétées", ajoute Tia . Un avis que partage Maxime. "Aujourd'hui, on voit beaucoup de jeunes qui ont moins de 10 ans qui font beaucoup trop de réseaux. C'est vraiment un moyen de s'enfermer. Il y en a, ils ne dorment pas la nuit, ils font des écrans." A côté, Louison a un exemple très concret : "Mon petit frère de 11 ans est souvent sur des jeux et donc il a du mal à dormir le soir".

D'autres comme Ambre estiment qu'il est désormais difficile de s'en séparer. "Ça nous pourrit un petit peu la vie. Des fois, on commence à s'ennuyer sur les réseaux, mais on y reste quand même parce qu'on ne fait pas d'autres activités à côté. Du coup, ça serait un peu compliqué d'arrêter les réseaux parce qu'on est un peu accro à notre téléphone. Donc, ça serait hyper dur d'arrêter, mais je pense que c'est faisable." Dans sa mise en œuvre, on ne sait pas encore quelles plateformes seraient concernées par cette interdiction, mais Maiwen s'inquiète : "Par exemple, sur Snapchat, je pourrais plus parler trop avec les copains".

Camille défend plutôt un encadrement. "Les réseaux, maintenant, tout le monde les a. Juste limiter. Peut-être avoir un contrôle parental, par exemple. Ça serait mieux que d'interdire complètement." Le gouvernement souhaite aller vite, avec une interdiction dès la rentrée 2026 pour les nouveaux comptes, et une vérification d'âge efficace pour tous les utilisateurs, y compris les comptes déjà existants, d'ici le 1er janvier 2027. 

 

L'utilisation du téléphone encadrée au lycée

 
 
Le deuxième article du texte qui prévoyait, à partir du 1er septembre 2026, l'interdiction des téléphones portables dans les lycées (comme c'est déjà le cas dans les écoles et les collèges, ndlr) a été réécrit. Il laisse plus de souplesse en permettant à chaque établissement de préciser dans son règlement intérieur "les lieux et les conditions d'utilisation". Si rien n'est précisé, l'utilisation du téléphone sera "interdite pendant les cours" et "dans les couloirs, mais autorisée dans une zone définie de la cour". Les sénateurs devraient se prononcer sur le texte dans les prochaines semaines. Le texte intégral doit encore être validé par le droit de l'Union européenne. 
 
 
Les élèves de 4e de la MFR de Segré donnent leurs avis
Crédit : Marie Chevillard