Maine et Loire

Segréen. Les footballeuses auront "leur propre identité" avec le groupement féminin de l'Anjou Bleu

Créé en 2018 et agrandi en 2022, le groupement Segré-Le Lion-Candé deviendra le groupement féminin de l'Anjou Bleu en septembre : ce sera sans le club du Lion-d'Angers, mais avec ceux de Châtelais-Nyoiseau et Saint-Martin-Aviré. L'occasion de gagner en visibilité et de développer le football féminin sur le territoire.

Publié : 17h44 par Marie Chevillard

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Comme ici, les seniors et les U18 ont parfois quelques entraînements en commun.
Crédit : MC

Elles sont nombreuses en cette fin du mois d'avril, à s'entraîner sous le soleil sur le terrain synthétique du Lion-d'Angers. Les footballeuses du groupement Segré-Le Lion-Candé s'apprêtent à accueillir de nouvelles licenciées la saison prochaine, avec l'évolution du groupement : si le club du Lion-d'Angers n'en fera plus partie, ceux de Châtelais-Nyoiseau-Bouillé-Grugé et de Saint-Martin-Aviré-Louvaines rejoignent l'aventure. "On était beaucoup catégorisées sur un club en particulier, avoue Sophie Michel, joueuse et future présidente du Groupement féminin de l'Anjou Bleu. Là, on veut avoir notre propre identité avec le groupement, pour pouvoir vraiment promouvoir ce football féminin qui évolue d'année en année, même dans les niveaux supérieurs."

 

85 licenciées aujourd'hui

 

Créé en 2018 avec les clubs de Segré et du Lion-d'Angers, le groupement a été renforcé par l'arrivée de Candé en 2022, et connaîtra en cette saison 2026-2027 un nouveau cycle. Avec toujours ce même constat : "à l'heure actuelle, aucun club ne peut créer d'équipe propre à lui, on manque encore beaucoup de licenciées (les équipes peuvent être mixtes jusqu'en U13). L'objectif, c'est toujours de regrouper et de promouvoir le football féminin sur le territoire du Segréen." Aujourd'hui, le groupement compte 85-86 licenciées réparties dans cinq équipes, des U13 aux seniors. "On fait déjà des animations depuis quelques années : un tournoi de palets, une chasse aux œufs, des plats à emporter... Mais on veut en proposer encore plus, pour qu'on soit plus visible aussi dans le secteur du Segréen."

 

Sophie Michel "Avec le groupement, on veut avoir notre propre identité"
Crédit : MC

 

Un enjeu de visibilité mais aussi de mutualisation des moyens, humains, financiers et techniques, souligne Matthieu Robert, dirigeant U18 et père de Kenza, joueuse en U18. "Ça permet aussi d'aller chercher des subventions auprès des collectivités, pour nous aider tous les ans à avoir un groupement qui tient la route. Chaque club peut aussi avoir des éducateurs qui ne sont peut-être pas à plein temps aujourd'hui, et qui peuvent donner 3-4 heures d'entraînement pour le groupement." Concrètement, la majorité des entraînements et matches devrait avoir lieu à Segré la saison prochaine, mais avec des rotations de terrain en fonction des plannings et dans la mesure du possible, des clubs d'origine des joueuses. "Nous parents, on fait du covoiturage, on s'organise, ça n'a jamais été compliqué..."

 

"On continue de progresser ensemble"

 

Et les joueuses alors, comment s'y retrouvent-elles ? Enora, licenciée à Candé, fait partie du groupement depuis 5 ans. Footballeuse depuis ses 7 ans, elle a déjà été éducatrice auprès des petits et évolue chez les seniors. "On est en D1 cette année : l'effectif, ce n'est pas trop ça, parce qu'on a perdu des joueuses, certaines sont enceintes (sourire), mais en termes de niveau, on augmente ensemble. Même si certaines partent plus de zéro que d'autres, on a progressé par rapport au début. Les U18 aussi ont une bonne équipe cette année." Ce qui permet d'avoir d'autres ambitions : les U18 seront en demi-finale de Coupe de l'Anjou le week-end du 16-17 mai. Les seniors, elles, disputent leur dernier match de D1 ce dimanche 10 mai à 12h30 à Segré.

 

Quels intérêts d'avoir un groupement féminin entre plusieurs clubs ?
Crédit : MC

 

Sans même viser d'autres objectifs sportifs, le fait de voir que "le club du coin a une équipe féminine va pouvoir faire un appel du pied à la joueuse qui ne penserait pas spécialement pouvoir jouer au foot", estime Matthieu Robert. Ce que confirme sa fille Kenza, même si elle-même a évolué au sein d'une équipe mixte avant d'intégrer le groupement. "Quand tu as fait une année avec uniquement des garçons, ça change de jouer seulement avec des filles, j'ai réussi à m'y faire. On n'est plus dans les vestiaires arbitres, à se changer toute seule..." 

"Intégrer une équipe féminine, ce n'est pas le même jeu non plus, ça va moins vite, ajoute Enora. Par contre, quand on était avec les garçons, on n'allait pas forcément dans les vestiaires quand on faisait le cri de guerre par exemple, donc ce n'était pas la même ambiance non plus. Ici, tu es plus avec tout le monde, plus intégrée." Pour les intéressées, le groupement féminin de l'Anjou Bleu organise des portes ouvertes tout au long du mois de mai, pour tester un entraînement. Ils sont prévus le lundi soir et mercredi après-midi pour les U13 et U15, et le jeudi soir pour les U18 et les seniors.