Affaire Bemanga: la FIFA pas convaincue par les explications d'Angers Sco

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Alors qu'Angers Sco a fait appel vendredi 4 juin de l'amende et de l'interdiction de recrutement suite aux soupçons de transfert-relais de Kevin Bemanga, la Commission de discipline de la FIFA a adressé le 31 mai dernier un courrier au club dans lequel elle explique sa décision.

Angers SCO
Angers SCO continue de nier toute intention de contourner les règles encadrant les transferts.
Crédit: Charles Dubré-Beduneau

8 juin 2021 à 11h08 - Modifié : 8 juin 2021 à 13h35 par Charles Dubré-Beduneau

Dans un courrier de 17 pages, adressé à Angers Sco le 31 mai dernier, la Commission de discipline de la FIFA résume la procédure concernant la suspicion de transfert-relais autour de l’achat de Kevin Bemanga, acheté au Paris FC en août 2020, pour 250 000 euros, avec un contrat de trois ans à la clé. Un transfert jugé douteux par la Fifa, car intervenu six semaines seulement après la signature de son premier contrat professionnel au Paris FC (L2). Reprenant point par point les arguments du club angevin, la Commission affirme n’être "que peu convaincue par les explications fournies par Angers SCO. Premièrement, les possibilités financières limitées ne permettant pas au club de superviser des joueurs amateurs à l’étranger ne saurait être un élément pouvant infirmer la présomption d’un transfert-relais. Aussi, la Commission considère cet argument comme étant à double tranchant car s’il était avéré qu’Angers SCO possédait des moyens financiers limités, le fait de contourner le système des indemnités de formation pourrait représenter un intérêt certain pour le club."



Manque de preuve, des éléments troublants et "une certaine contradiction dans les arguments"

Le courrier se poursuit ainsi: "Deuxièmement, la Commission doute du fait qu’Angers SCO ait eu connaissance du joueur uniquement lorsque ce dernier est revenu en France, et plus particulièrement lors de matches de pré-saison. En tout état de cause, le club n'a fourni aucune preuve à l'appui de cet argument. Par ailleurs, Angers SCO est une équipe évoluant en première division du championnat de France, championnat faisant partie du "top 5". Ainsi, le degré de professionnalisme y est réputé très élevé, de sorte qu'un haut degré de diligence est attendu de tels clubs dans le respect et l'application des différents règlements de la FIFA. Finalement, la Commission note que le joueur a toujours été enregistré en tant qu’amateur, tant durant sa carrière en France qu’en Espagne. De plus, Angers SCO soutient que le retour en France du joueur est le résultat d’une expérience totalement manquée en Espagne où ce dernier n’a été que très peu utilisé par les différents clubs. Or, la Commission trouve troublant que ce soit justement à la suite de cet « énorme échec sportif en Espagne » que le joueur parvient à signer son premier contrat professionnel avec Paris FC lors de son retour en France. Il est tout aussi surprenant pour la Commission de constater qu’Angers SCO a accepté de verser une indemnité de 250 000 € afin de transférer le joueur de Paris FC vers Angers SCO, et ce, moins de six semaines après la conclusion du premier contrat professionnel du joueur."

La conclusion est claire : "En d’autres termes, la Commission ne peut que constater une certaine contradiction entre les arguments d’Angers SCO, qui d’une part prétend avoir des moyens financiers limités, mais qui, d’une autre part, verse une indemnité d’un quart de million pour un joueur qui venait de signer son premier contrat professionnel et qui lui était, prétendument, inconnu avant son retour en France. À la lumière des éléments exposés ci-dessus, la Commission considère qu’Angers SCO n’a pas renverser la présomption selon laquelle le Club a pris part à un transfert-relais en vue de contourner un règlement ou une loi applicable et/ou d’escroquer une personne ou entité."

Angers Sco a fait appel vendredi 4 juin de cette décision mais devra apporter des arguments plus solides pour convaincre la FIFA de sa bonne foi et ainsi éviter l'amende de 30 000 Francs suisses et l'interdiction de recrutement pour un mercato.