Anjou Bleu : "l'acteur touristique devient un vrai chef d'entreprise", assure Alexandra Brisson, directrice de l'Office de tourisme

Maine et Loire

Les professionnels doivent s'adapter à une nouvelle clientèle, mais il n'en reste pas moins que la saison s'annonce bonne sur l'Anjou Bleu.

23 mai 2023 à 9h33 par Alexis Vellayoudom

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L'Office de tourisme de l'Anjou Bleu veut proposer des idées de séjours
Crédit : Alexis Vellayoudom

L'été pointe légèrement le bout de son nez ! Ça annonce le début de la saison touristique. Quelles sont les perspectives ? Le point avec Alexandra Brisson, directrice de l'Office de tourisme de l'Anjou Bleu. 

 

Alexandra, après une année post-covid plutôt encourageante, quelles sont les perspectives pour cet été ? 

 

"On est sur les mêmes questionnements. On est encore post-covid. On a un contexte d'inflation. On a quelques incertitudes sur le pouvoir d'achat, sur son évolution, sur les pénuries de carburant qu'on a eu dernièrement. Ça peut interroger et freiner certaines envies de vacances. Mais finalement, on a des chiffres très encourageants. On nous annonce une saison très prometteuse. On sait que sur l'Anjou, on a des taux de réservations qui sont très bons pour l'été, dans les gîtes et les campings. Finalement, les signaux sont au vert, donc on est plutôt optimiste. Notre objectif, c'est de bien réussir notre acte d'accueil. Un client bien accueilli, c'est une clientèle qui reviendra et en parlera autour de lui".

 

Les pratiques ont changé depuis la crise sanitaire ? 

 

"On avait déjà des tendances de fond qui se sont accélérées. La tendance, c'est la recherche d'un tourisme de nature. Ce qu'on appelle le slow tourisme, ces vacances où on s'échappe de l'espace urbain pour respirer et prendre le temps. Les clientèles sont plus attentives aux efforts que les professionnels font en faveur de la préservation des paysages, des ressources et de l'approvisionnement en circuit court. Et puis on a aussi la multiplication des courts séjours. Les gens adorent butiner les week-ends, adorent les itinérances, les week-ends sur trois jours en camping-car, à vélo. C'est une tendance qu'est exponentielle".

 

Et les professionnels doivent s'adapter, eux aussi, avec d'autres pratiques ? 

 

"Les métiers du tourisme sont des métiers complexes en termes de gestion. C'est l'agilité. Le last minute, les gens réservent de plus en plus au dernier moment, et il y a aussi ceux qui réservent en early booking, très avance. Il faut continuellement adapter ses produits, adapter ses propositions s'il fait beau ou non, adapter ses tarifs pour pouvoir, en dernière minute, attirer les clients qui se présentent. Et puis, on voit bien, aujourd'hui, si on n'a pas les outils de réservation en ligne et de paiement en ligne et bien, ce sont aussi des clients qui peuvent nous échapper. L'acteur touristique devient un vrai spécialiste et un vrai chef d'entreprise à part entière".

 

Enfin, l'Anjou Bleu avait l'habitude de débuter sa saison estivale avec le Saveurs Jazz Festival. Cette année, il n'aura pas lieu, en raison d'engagements financiers non respectés par les organisateurs. Vous craigniez un impact sur le tourisme local ?

 

"On ne peut que regretter qu'il n'y ait pas un festival qui lance l'été. Mais à un moment donné, un territoire a besoin d'un événement fort pour rassembler ses habitants, mais aussi pour attirer de la clientèle, faire de l'image, de la notoriété. Donc faire une parenthèse sur ce type d'événement, c'est un manque à gagner en termes d'image. Ce qu'on espère de cette année sans, c'est qu'un événement revienne l'année prochaine. On veut être optimiste, on se dit qu'il y a certainement une place à prendre. Pour cette année, c'est dommage pour le territoire".