AVC : comment les reconnaître et qui alerter pour minimiser les séquelles ?

Maine et LoireMayenne

19 mai 2022 à 18h09 par Coralie Juret

On connaît bien les symptômes des accidents vasculaires cérébraux (AVC), mais moins comment réagir quand ils surviennent. Une journée de sensibilisation était organisée vendredi 13 mai au Pôle santé de Segré.

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Des étudiantes infirmières ont réalisé des panneaux d'information au Pôle santé de Segré.
Crédit: CJ

En France, un AVC survient toutes les 4 minutes. Les accidents vasculaires cérébraux touchent 150 000 personnes de tout âge chaque année, dont 30 000 décèdent. 40% des survivants conservent des séquelles importantes.

Il faut donc savoir repérer une attaque cérébrale pour agir vite, indique le Dr Patrick Poirier. “C’est pas quelque chose qui met 8 jours à se mettre en place, c'est quelque chose qui est brutal, quasiment d'une minute à l'autre”, explique ce médecin urgentiste au centre hospitalier du Haut-Anjou. “C'est un déficit moteur, la perte de l'usage d'un bras, de tout un côté aussi, un déficit moteur sur les muscles de la parole, les muscles de la mâchoire donc une difficulté pour parler, une paralysie du visage. D’autres fois c'est essentiellement sensitif, c'est plus rare. Mais quelque chose de brutal avec un déficit, c'est un signe d'alerte et il faut agir tout de suite”. 

Dr Patrick Poirier "un déficit brutal est un signe d'alerte"
Crédit: Coralie Juret

Car l'AVC est une course contre la montre, chaque minute compte pour éviter un décès ou d'importantes séquelles. C’est l'un des messages que délivrait le centre hospitalier du Haut-Anjou lors d'une journée de prévention vendredi dernier sur son site de Segré avec des professionnels et des associations de soutien aux patients et leurs proches.

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Les associations Aphasie 49 et France AVC 72-53 étaient présentes au Pôle sante de Segré.
Crédit: CJ

 

"Vite le 15 !"

 

Les gens connaissent souvent les symptômes, mais ils ne savent pas vraiment qui alerter constate l'infimière Christine Crosnier, assise à sa table pour dépister certains facteurs de risque chez les passants volontaires. “Le message c'est que s'il y a une suspicion, s'il y a un déficit brutal qui apparaît, que ça soit pour soi ou pour quelqu'un quand on est témoin, c'est d'appeler le 15 tout de suite, assène le Dr Poirier. “C'est pas la peine d'appeler le médecin traitant qui va répondre d'appeler le 15, d'attendre le fils parce qu’il a une voiture pour vous emmener à l'hôpital, il faut appeler le 15 ! Le médecin qui répond au téléphone connaît les choses, il fera le point. Si vraiment il y a une suspicion d’AVC, il enverra les secours tout de suite.

Dr Patrick Poirier "Il faut appeler le 15 tout de suite"
Crédit: Coralie Juret

Et plus les traitements sont mis en œuvre tôt dans les 4 premières heures, meilleure sera l'évolution du patient. Parmi les 150 000 Français touchés chaque année, 40% garde des séquelles importantes. “Ça peut être avec des séquelles mineures qui ne gênent pas la vie quotidienne, mais il y a aussi un nombre non négligeable de patients qui s'en sortent avec un handicap notable. Je crois que c'est un quart des patients qui après ne peuvent pas reprendre leur vie quotidienne comme avant, leur travail en particulier”

Dr Patrick Poirier "un quart des patients ne peuvent pas reprendre leur vie"
Crédit: Coralie Juret

L'AVC est la première cause de handicap acquis en France, et la deuxième cause de mortalité chez les femmes, notamment à cause du cocktail tabac/contraception. Une bonne hygiène de vie et la surveillance de pathologies comme l'hypertension, le cholestérol et le diabète, permet de limiter les risques.