Candé. Manitou inaugure sa nouvelle usine dans un contexte économique incertain

Maine et Loire 

5 avril 2022 à 16h26 - Modifié : 6 avril 2022 à 9h37 par Alexis Vellayoudom

L'usine New Plant, où sont embauchés 80 salariés, produit des nacelles tout-terrain dans un bâtiment moderne. Le Groupe fait face à des tensions sur l'approvisionnement des matières premières et les énergies.

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Les objets connectés et la robotique se marient avec l'opérateur dans l'usine New Plant
Crédit: Alexis Vellayoudom

À Candé, la 10ème usine Manitou respire la modernité. Depuis quelques mois, la capitale mondiale de nacelle a renforcé son leadership avec New Plant, un site de 80 000 m² dans la zone du Petit-Tesseau où est érigé un bâtiment de 18 000 m² pour la production de nacelles tout-terrain qui font la renommée de l'entreprise d'Ancenis. Pour construire cette maternité de la nacelle, 30 millions d'euros ont été investis par le Groupe qui emploie 4 500 salariés dans le monde. 

 

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La chaîne de production se divise en 16 postes
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

New Plant, l'usine la plus moderne du Groupe

 

"Quand on s'appuie sur des femmes et des hommes de la région, on peut construire dans la région", confie Michel Denis. Le directeur général Manitou Group, au côté de Jacqueline  Himsworth, présidente du Conseil d'administration, ont inauguré "le plus moderne de tous les sites industriels Manitou au monde", précise Élisabeth Ausimour, présidente de la division Produits. Le site du Petit-Tesseau emploie 80 salariés pour la plupart embauchés, une équipe plus petite qu'au site Les Fosses-Rouges où 120 employés travaillent. 

 

Un salarié donne son avis sur la nouvelle usine
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

Pour le moment, à l'intérieur, une seule ligne fonctionne sur les deux que compte le site. Il s'agit des nacelles tout-terrain télescopiques 18 à 20 mètres. Sur cette ligne droite, 16 postes, de montage où chaque salarié, en un temps imparti, doit réaliser plusieurs tâches, avant que la ligne n'avance au prochain poste par système automatisé. Au poste, les salariés sont aidés par des objectés connectés comme ce robot autonome qui alimente les bords de ligne en pièces. Yohann Gaubert est monteur sur chaîne, à Manitou depuis 5 ans, il a connu les deux sites : "avant, ça faisait plus gros atelier et aujourd'hui, on est vraiment sur une chaîne de production avec de belles cadences. Tout est industrialisé, les moyens de manutention. Avant, on était sur 2 postes, maintenant on est réparti sur 6 postes pour faire les mêmes opérations, donc moins de tâches à faire, plus facile". 

À leur sortie, chaque machine est testée et scrutée minutieusement 2h à 4h en extérieur. La structure abrite aussi une enfilade de bureaux. La 2ème ligne de production, où seront bichonnées les nacelles télescopiques de 22 à 28 mètres, sera lancée à la fin de l'année 2022. 

 

 

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Yohann Gaubert, salarié depuis 5 ans, a connu les deux sites Manitou à Candé
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

Un contexte économique incertain, mais des projets ambitieux pour Manitou

 

Des tensions sur les matières premières et les énergies
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

Le Groupe Manitou qui dégage 1,9 milliard d'euros de chiffre d'affaires (NDLR : dont 82 % hors-France) a connu cette année une croissance de 20 %. Mais la rançon du succès se traduit aussi par de fortes tensions sur l'approvisionnement en matériaux, "nous avons aujourd'hui des tensions permanentes, nous sommes limités en composants électroniques et nous sommes obligés de produire un certain nombre de machines avec des cartes électroniques qui ne sont pas là. Donc vous pouvez croiser dans la région Ouest, des parcs de machines Manitou et vous vous direz, c'est bizarre Manitou a du stock, non on n'a pas du stock, on a des machines qui sont incomplètes, elles sont en attente de composants. Les clients les attendent, mais elles sont pas facturés, ça se compte en beaucoup de centaines (NDRL : 10 % de la production en attente)", explique Michel Denis.

 

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Crédit: Alexis Vellayoudom

 

Tension aussi au niveau des fournisseurs moteurs et des pièces hydrauliques. À Laillé, en Ille-et-Vilaine, la production d'une chaîne de montage a dû être arrêté 6 jours. Pour faire face à ces difficultés d'approvisionnement, l'entreprise envisage d'ailleurs d'investir pour gagner en autonomie sur la fabrication des nacelles, "on réfléchit à fabriquer nous-mêmes l'ossature machine, des pièces stratégiques qu'on pourrait faire en local", confit le directeur général.  

Concernant la guerre en Ukraine, pour le moment, pas d'influence sur l'activité, mais un impact économique, "aujourd'hui, le prix de l'énergie flambe, le prix de l'acier flambe, de ce fait le prix du transport flambe. On avait déjà constaté une certaine inflation sur les prix à la fin de l'année 2021. L'Ukraine a un impact amplificateur sur le coût de certains composants et certaines énergie", assure Michel Denis.

 

Un nouveau responsable à Candé

 

Parmi les autres projets, Manitou travaille sur l'orientation de toutes ces nacelles thermiques vers l'électrique d'ici 2030, "d'ici à 2 ans, 100 % des modèles tout-terrain seront électrifiés, toutes les nacelles produites au Petit-Tesseau", précise Élisabeth Ausimour.

 

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Sylvain Jaguelin est le nouveau responsable des deux sites de Candé
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

Un projet sur lequel pourra travailler le nouveau responsable des deux sites de Candé. Depuis quelques jours, Sylvain Jaguelin a succédé à Sylvain André. Cet homme de 49 ans, originaire de Craon, est dans l'entreprise depuis 23 ans. Après une expérience en Allemagne, il a occupé plusieurs postes à Manitou sur Ancenis et Beaupréau dont le dernier en tant que directeur des opérations Business Unit magasinage et chariots industriels. 

En France, en 2021, Manitou a embauché 400 employés, 150 postes sont encore à pourvoir, il pourrait en avoir bientôt des nouveaux sur la zone du Petit-Tesseau.