Maine et Loire

Château-Gontier-sur-Mayenne. Pro à Pro vise une croissance de 10 % avec son nouvel entrepôt en tri-température

Dans son nouvel entrepôt de 18 500 m² à Château-Gontier-sur-Mayenne, l'entreprise Pro à Pro, spécialisée en restauration hors domicile, dispose désormais d'une zone pour les produits surgelés qui va lui permettre de décrocher de nouvelles parts de marché sur l'Ouest. Elle vise une croissance de 10 %.

Publié : 12h15 - Modifié : 12h23 Alexis Vellayoudom

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Le nouvel entrepôt de Pro à Pro fait 18 000 m² avec une cellule dédiée au surgelé
Crédit : Maël Gonnet

C'est son premier en France. Depuis avril, l'entreprise Pro à Pro, filiale du groupe Métro, spécialisée dans la restauration hors domicile, possède un entrepôt en tri-température à Château-Gontier-sur-Mayenne. Le nouveau bâtiment de 18 500 m² (contre 3 200 m² auparavant, ndlr) est à la pointe des dernières technologies sur le marché avec notamment trois zones : sec (6 000 m²), frais (4 600 m²), et un nouvel espace dédié au surgelé. Le site espère augmenter son chiffre d'affaires de 10 % en 2027. 

 

Un investissement de 26 millions d'euros

 

Il n'y a pas eu beaucoup de chemin à faire pour les 190 salariés de l'entrepôt castrogontérien. Auparavant installée dans la rue de Marigné-Peuton, l'entreprise a déménagé à quelques mètres, dans la zone d'activités économiques, au nord de la ville. Coût du chantier : 26 millions d'euros, portés par l'investisseur privé Brilhac. "On a un bail de 12 ans", précise Antoine Fabry-Grandin. Le directeur général de Pro à Pro est venu tout droit du siège à Montauban pour présenter ce nouvel équipement qui a tout de même nécessité un investissement direct de 2,5 millions d'euros de la part de la société pour l'achat de matériels neufs et le recrutement d'une quarantaine de personnes sur la partie logistique. 

 

 

Et à l'intérieur, cela se ressent. Le ballet des chariots est incessant. "On est sur des chariot qui montent à 10 mètres de haut", souligne Frantz Houtin, directeur du site. Au bras, chaque salarié porte un Pscan, une sorte de tablette qui permet d'assister le salarié dans la recherche des produits et la constitution des commandes. "Le Pscan indique directement au salarié où aller chercher le produit, quelle référence et où il doit le déposer. On a divisé notre taux d'erreur par 10 avec cet équipement." Et pour garder le rythme, l'entrepôt a désormais une partie dédiée à la recharge de ces batteries. "C'est vraiment un outil dernière génération avec des batteries au plomb. On a un tugger pour éviter les ports de charge. C'est un chariot qui vient enlever les batteries vides du chariot pour les remplacer par des batteries chargées. C'est sécurisé."

 

« Le surgelé, ça représente 30 % des achats de nos clients »

 

Mais la grande nouveauté de cet entrepôt, c'est son espace dédié aux produits surgelés. Une cellule de 4 500 m² à -21 degrés qui permet au site de palier à un manque. "Sur l'Ouest, on avait une partie de nos clients qui n'avaient pas accès aux produits surgelés, rappelle Antoine Fabry-Grandin. Aujourd'hui, le surgelé, ça représente 30 % des achats de nos clients en restauration hors domicile, et comme on était à certains endroits à zéro, ça nous permet de nous développer et de faire une offre unique en trois températures aux clients."

 

Les avantages du tri-température
Crédit : Alexis Vellayoudom

 

À l'intérieur, 1 300 références sont gérées par une équipe spécifique de six personnes, où cabines chauffées et équipements de ski sont de rigueur. "Ils ont des primes "grand froid" et des pauses différentes", souligne Frantz Houtin. Le secteur possède aussi des conteneurs isothermes pour conserver les produits à -26 degrés pendant huit heures. "La force de cet entrepôt en tri-température, c'est de pouvoir préparer l'intégralité des trois températures sur un même endroit et de livrer notre client avec un seul camion. Ça leur permet de réceptionner un seul fournisseur, une seule facture, et ça leur permet de consacrer plus de temps à la préparation de leur repas et de ne pas passer trop de temps à la réception", justifie le directeur général.  

 

« On veut être leader sur le tri-température »

 

Ce nouvel entrepôt à Château-Gontier-sur-Mayenne doit permettre de conquérir de nouvelles parts de marché. Aujourd'hui, les clients de la société Pro à Pro sont à 20 % en restauration traditionnelle, contre 73 % en restauration collective. Sur ce dernier public, très concurrentiel, Pro à Pro tire son épingle du jeu avec 10 % de parts de marché, mais le site castrogontérien doit permettre de grimper.

D'ailleurs, dans son plan d'investissement 2030-2035, la société envisage d'atteindre les 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires, soit 200 millions en plus. Pour le seul site de Château-Gontier, Pro à Pro mise sur un passage du CA de 85,4 millions d'euros à 93,9 millions d'euros en 2027. Un objectif « crédible » selon Reynald Da Costa, car le site n'est qu'à 50 % de sa capacité en ce moment. Le directeur commercial régional Ouest table sur cinq à sept très belles années de croissance. "Les clients attendent une offre complète, on veut être leader sur le tri-température." D'ailleurs, un deuxième entrepôt en tri-température doit ouvrir à Duppigheim dans l'Est de la France. 

 

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Reynald Da Costa, directeur commercial régional
Crédit : Maël-Gonnet

 

Puis, il y a aussi les obligations françaises, le respect de la loi Egalim. "On est très attentif. Aujourd'hui, on a plus de 50 % de produits français dans nos références, précise Caroline Dubilly, directrice de l'Offre. On étudie aussi les tendances de marché pour répondre à l'attente des jeunes en restauration collective. La cuisine professionnelle nous permet aussi d'amener les clients à venir goûter des produits pour les faire réfléchir à de nouvelles recettes. Enfin, on suit de près la situation en restauration traditionnelle, car on n'a jamais vu autant de fermetures cette année. On doit être là pour eux."

 

La sécheresse impacte les approvisionnements

 

Si Pro à Pro se targue de pouvoir aujourd'hui proposer plus de 7 900 références en produits secs, 4 900 produits frais et 2 000 références en surgelés, la société est aussi dépendante des aléas climatiques et des différentes pénuries alimentaires. "Cet été, vous imaginez bien que pour les légumes, on a eu des impact directs, donc là, c'est tout le métier des achats pour trouver des produits de substitution", admet la directrice de l'Offre. Que ce soit pour les légumes, la viande, le lait ou encore les œufs, les équipes ont dû jongler avec les différents fournisseurs. "On regarde au niveau de nos 160 fournisseurs en produits régionaux, car la canicule n'a pas été la même partout. Après, on regarde le maillage français ou nos camarades de Métro France s'il y a des possibilités avec les marques propres. Et si on n'a vraiment plus d'autres choix, on va regarder au niveau de l'Union européenne, mais évidemment, on met nos clients au courant."

 

Effet de la sécheresse sur l'approvisionnement
Crédit : Alexis Vellayoudom

 

Dans un même temps, les clients, quand ils le peuvent, sont invités à s'adapter en changeant leur menu. "Mais quand vous avez une cantine scolaire qui a prévu de faire tel menu la semaine prochaine, c'est plus compliqué de changer un menu du jour au lendemain. Et là, on doit trouver des produits de substitution", confie Caroline Dubilly.

Alors pour mieux absorber ces changements climatiques, Pro à Pro a entamé des discussions avec ses clients et ses partenaires des différentes filières. "L'idée, c'est de voir comment, dans l'avenir, on va pouvoir adapter nos manières de travailler sur les marchés publics. Aujourd'hui, on a des appels d'offres qui sont très restreints sur les produits à commander. Un haricot vert extra-fin, sur le papier, s'il est extra-fin, on ne peut pas mettre un haricot vert fin. Demain, il faut qu'on puisse dire, avec le contexte actuel, certes sur le cahier des charges, l'haricot vert est extra-fin, mais peut-être qu'en période de crise, si on mange du fin, ça va être bien aussi. C'est tout ce travail qu'on doit faire".