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Haut-Anjou. Endeuillés par la perte d'un bébé, ils financent un berceau réfrigéré pour l'hôpital

Le centre hospitalier du Haut-Anjou a reçu en don un CuddleCot. Ce berceau réfrigéré permet de maintenir les nouveau-nés décédés auprès de leurs parents. L'équipement a été co-financé grâce à Thomas et Laurine Ory, un couple originaire de Craon, touché par le décès de leur petite Jeanne.

Publié : 16h12 par Alexis Vellayoudom

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Thomas et Laurine Ory (au premier plan à droite) ont co-financé ce berceau réfrigéré
Crédit : Alexis Vellayoudom

Ce n'est pas un sujet que l'on aborde au détour d'une discussion : le décès d'un nouveau-né in utero ou quelques heures après la naissance. Ce drame, Thomas et Laurine Ory l'ont connu en octobre 2025 lorsque leur petite Jeanne est décédée à la naissance. "Comme il n'y avait pas cet équipement, elle a été conservée dans une chambre froide, donc on a pu la voir un petit peu, mais forcément, fallait limiter le temps pour pas que le corps se dégrade trop vite, parce que les bébés se dégradent plus vite que les adultes. Mais c'est sûr, on aurait préféré avoir plus temps", raconte ce Craonnais. 

 

 

Comment fonctionne un CuddleCot ?
Crédit : Alexis Vellayoudom

Pour éviter à d'autres parents de vivre cet "au revoir" en accéléré, l'ingénieur de 29 ans se renseigne sur ce qui existe ailleurs. Il tombe sur le CuddleCot, un berceau avec un matelas réfrigérant qui permet de maintenir un nouveau-né décédé auprès de ses parents. "C'est très démocratisé dans le monde anglo-saxon, en Allemagne." La France n'en compte que six (dont désormais deux en Mayenne, et un à Rennes, ndlr). Coût de l'équipement : entre 3 800 et 4 000 €. Alors Thomas, soutenu par sa femme Laurine, décide de se lancer un défi. En août dernier, il met une cagnotte en ligne sur HelloAsso et réalise la dernière étape du Tour Auvergne-Rhône-Alpes, soit 120 km ponctués par quatre cols et 3 900 mètres de dénivelé. 

 

« C'est une phase importante pour pouvoir faire le deuil »

 

Aidé par l'association À Bras Cadabra, qui accompagne les familles touchées par le deuil périnatal, il réussit à lever suffisamment d'argent, 6 000 €, pour financer l'achat d'un berceau, remis à l'hôpital de Laval, puis d'un deuxième, avec un chèque de 2 300 € de la part des organisateurs du trail de Denazé. C'est ce deuxième CuddleCot qui vient d'être remis au centre hospitalier du Haut-Anjou, qui compte une dizaine de décès de nouveau-nés par an. "Avant, on utilisait des tables d'adultes, donc pas du tout adaptées pour nos tout-petits bébés. On était obligés de baisser le thermostat de la table, puisque sinon, c'était pas adapté du tout. Là, le CuddleCot va vraiment être un réel progrès pour l'accompagnement des parents dans la mort de leur bébé", témoigne Sophie Pilet, cadre sage-femme de la maternité. 

Un outil pour aider au deuil des parents
Crédit : Alexis Vellayoudom

 

Humanité, bienveillance et respect, rappelle le CHHA, dans une étape difficile, mais nécessaire. "Il ne faut ne pas rester sur l'idée d'un bébé imaginaire, mais d'un bébé bien réel qui est né, mort-né, certes, mais qui est né. Et lui dire au revoir, pouvoir passer du temps avec lui, c'est une phase importante pour pouvoir faire le deuil de son bébé", souligne la sage-femme. À côté, Arthur Montagne, le directeur des Ressources humaines, complète : "On est conscient de la chance qu'on a d'avoir cet équipement, car on n'aurait pas pu l'acheter seul. On peut souligner le travail du tissu associatif local."

Avec ce deuxième CuddleCot dans le département et le premier dans le Haut-Anjou, Thomas Ory espère aussi lever le tabou sur le deuil périnatal. "Nous, quand on a vécu ce deuil, on se rend compte qu'il y a plein de personnes autour de nous qui ont été confrontées à une fausse couche, au deuil d'un enfant pendant ou après la grossesse, mais c'est des choses que, tant qu'on n'est pas confronté, c'est encore un peu tabou, un peu caché au niveau de la société."