Justice. Un ancien encadrant d'un club d'escalade de Cholet jugé pour agression sexuelle
Un septuagénaire était jugé par le tribunal correctionnel d'Angers ce vendredi 9 janvier, pour des faits d'agressions sexuelles commis entre 2017 et 2023 au sein d'un club d'escalade choletais. Accusé par trois jeunes filles qui s'étaient constituées partie civile, il a finalement été relaxé "au bénéfice du doute".
Publié : 12 janvier 2026 à 17h09 par Marie Chevillard
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Elles sont trois jeunes filles à l'accuser d'agressions sexuelles, dans le cadre de son activité d'encadrant dans un club d'escalade de Cholet. Un septuagénaire comparaissait ce vendredi 9 janvier, devant le tribunal correctionnel d'Angers. Les faits se seraient produits entre septembre 2017 et octobre 2023, pendant les entraînements, les trajets pour se rendre aux compétitions et les camps spécial escalade. Les trois plaignantes évoquent "des claques sur les fesses, des mains sur la cuisse, des câlins où il touchait parfois notre poitrine, des moments où il nous prenait par la taille pour s'asseoir sur ses genoux, il était très tactile." L'adjectif reviendra souvent lors de l'audience dans la bouche du prévenu lui-même, pour expliquer son comportement.
Un signalement a été fait au sein du club dès février 2021, avec un signalement par le président du club d'escalade auprès de l'association Colosse aux pieds d'argile, qui lutte notamment contre les violences sexuelles et le harcèlement dans le milieu sportif. Ensuite, l'encadrant escalade ne s'occupera plus des adolescents lors des cours, mais sera toujours présent auprès des enfants. Les enquêteurs ont interrogé plus d'une centaine de grimpeurs et grimpeuses du club, dont la plupart reconnait ce côté "tactile, qui peut mettre mal à l'aise".
Après la plainte déposée par les trois jeunes filles, le septuagénaire a été entendu en garde à vue en octobre 2024, et se défend aujourd'hui à la barre d'avoir "jamais agressé sexuellement, c’est faux. C’est vrai, je suis tactile, j’agis comme un grand-père, je voulais que tout le monde soit heureux à l’escalade. Je peux mettre la main sur l’épaule, faire un câlin pour encourager les jeunes à se dépasser, mais c’est tout". L'assesseure lui rappelle un moment qui a mis mal à l'aise plusieurs témoins, lorsqu'il aurait remis une mèche de cheveux sur l’oreille d’une des grimpeuses, avec des doigts qui seraient allés quasiment jusqu’à sa poitrine. Réponse de l'intéressé, qui a de plus en plus de mal à garder son calme : "Franchement, je ne m'en souviens pas... on invente là !" Des mensonges qu'il explique selon lui par une volonté de lui faire quitter l'association. "Les trois filles se sont concertées pour le faire, parce qu’on ne voulait plus de moi dans le club : je suis un grand-père, il faut virer le vieux, quoi."
"Porter plainte pour ne plus que ça se reproduise"
Écarté du club depuis deux ans, le retraité au casier judiciaire vierge n'a depuis plus d'activité au contact d'enfants. Pour Me Pellerin-Goubaud, avocate de deux des trois victimes, "ces trois jeunes filles sont courageuses. Elles ont porté plainte pour faire en sorte que ces gestes-là ne puissent plus se reproduire. Ces gestes étaient récurrents, mais Monsieur avait toute puissance au sein du club, grâce à sa notoriété." En réparation du préjudice moral, elle demande à verser 3000 euros à chaque victime, et 1500 euros à leurs parents respectifs, ainsi qu'une interdiction d'exercer auprès de mineurs.
À ses côtés sur le banc des parties civiles, Me Reigné, avocate de la troisième victime, assure que "les adolescentes venaient aux cours et prenaient en charge les petites filles pour aller aux toilettes, pour être sûres qu'elles ne se retrouvent pas avec lui. Le club a aussi sa part de responsabilité, parce que tout le monde savait mais laissait faire." Aujourd'hui, la jeune femme qu'elle défend dit "faire des cauchemars en lien avec l'agression, des crises d'angoisse, elle ne supporte plus qu’on la touche, souligne Me Reigné. Elle a développé des troubles du comportement alimentaire, et des troubles du stress post-traumatique." Elle demande 2500 euros au titre de la victimisation secondaire de l’accusé - "il y en a marre de remettre en cause la parole des victimes" -, et demande une expertise, ainsi qu'une interdiction d'exercer auprès des mineurs. En réparation du préjudice moral, elle demande à verser 1500 euros à la victime et 1500 euros à ses parents.
"Personne n'a de totem d'immunité"
La procureure Manon Servant rejoint elle aussi l'idée du comportement intentionnel du prévenu, "puisqu'il y avait une différence de traitement entre les jeunes filles et les jeunes garçons. Personne n'a de totem d’immunité, même lorsqu'on s’est investi depuis des dizaines d’années dans un club." Elle requiert donc 18 mois de prison, avec un sursis simple ; la participation à un stage de lutte contre le sexisme et de sensibilisation à l'égalité femme-homme ; l'interdiction d’exercer auprès de mineurs et l'inscription de son nom au Fijais (Fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes).
Avocate de la défense, Me Virrion tient à souligner que "parmi les 163 témoignages recueillis par les enquêteurs, seuls neufs sont à charge et un peu flous, pour certains. On parle d'accolades chaleureuses mal interprétées par des adolescentes." Elle demande donc au tribunal de débouter les parties civiles de l’ensemble de leurs demandes, et demande la relaxe pour son client. Relaxe "au bénéfice du doute" accordée par le tribunal, qui précise "croire les témoignages et reconnaître que ce sont des gestes déplacés d’un autre temps".
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