La cheffe des urgences de Laval pas convaincue par les mesures annoncées pour cet été

Maine et LoireMayenne

20 juin 2022 à 17h50 par Alexis Vellayoudom

Il y a deux semaines, Brigitte Bourguignon, ministre de la santé, a annoncé des mesures pour éviter le déraillement des urgences cet été, mais ces mesures n'ont pas convaincu les professionnels.

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Crédit: Cyprien Legeay

Difficile d'envisager l'été sereinement pour les urgences de Laval. Depuis maintenant 8 mois, le service ferme régulièrement pendant plusieurs nuits. Cet été, les professionnels s'attendent à pire. Pour faire face, la ministre de la santé, Brigitte Bourguignon a annoncé, il y a deux semaines, trois mesures, le doublement de la rémunération des heures supplémentaires, la facilitation du cumul emploi-retraite et la possibilité d'exercer dès cet été pour les élèves sortis des formations infirmiers et aides-soignantes. Mais Caroline Brémaud, cheffe des urgences de Laval, s'attendaient à mieux. 

 

"Il y a rien de neuf au soleil"

 

En Mayenne, les urgences de nuits des trois hôpitaux du département devraient fermées à tour de rôle, "c'est compliqué d'envisager l'été sereinement. On est en train de voir comment on peut faire pour ne pas fermer en même temps", confie Caroline Brémaud, cheffe des urgences de Laval. 

 

Les annonces de la ministre de la santé n'ont pas convaincu
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

Elle attendait beaucoup de ces annonces, mais c'est la déception qui domine : "on a déjà tous construit nos plannings avec des heures supplémentaires avant de savoir qu'elles allaient être doublées en terme de rémunération. Moi, j'ai 100 heures supplémentaires pour juillet et août. J'ai un collègue qui est à 130 H. Avec cette annonce, on prendra pas plus d'heures supplémentaires parce qu'on ne peut pas. On est déjà au maximum de ce qu'on peut faire". Pour ce qui est de la facilitation du cumul emploi/retraite et la possibilité d'exercer l'été pour les jeunes diplômés aides-soignants et infirmiers, "ça existe déjà. Il y a rien de neuf sous le soleil", ironise la médecin. 

 

Caroline Brémaud déçue par la Ministre de la Santé
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

En revanche, l'ambiance est moins à la fête sur la remarque de la ministre sur la politisation de l'effondrement du système de santé, "désolé, mais le système de santé s'effondre. Ce n'est pas politiser, instrumentaliser les choses que de le dire. On se retrouve à attendre encore un mois que des décisions soient prises et finalement, il ne passe rien depuis des mois. À un moment donné, il va falloir donner un grand coup de collier dans le chantier de la santé et avoir le courage politique de prendre des décisions qui sont difficiles", s'agace la cheffe des urgences. 

 

La débrouille pour les professionnels 

 

Présent au Congrès des Urgences à Paris, l'équipe de l'hôpital s'est démenée et a fait preuve d'innovation pour attirer de futurs médecins, "on entendait parler que de la Mayenne. On a fait très bonne impression aux internes qui seraient assez content de venir travailler chez nous en fin de cursus et qui ne connaissaient pas le territoire", se réjouit Caroline Brémaud. "On a eu des touches intéressantes sur quelques médecins qui seraient disponibles sur la fin de l'année. Et beaucoup de remplaçants qui ont trouvé qu'on avait un mode d'exercice attractif parce qu'on avait un territoire rural et dans les urgences, c'est atout. On accompagne son patient du début à la fin", ajoute la médecin. 

 

L'hôpital de Laval a fait bonne impression au Congrès Urgences
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

La cheffe des urgences en a profité pour demander une réforme importante.