Malgré l'inflation, des travailleurs toujours mobilisés pour défendre leur retraite à 62 ans

Maine et LoireMayenne

8 mars 2023 à 1h05 - Modifié : 8 mars 2023 à 11h48 par Coralie Juret et Cyprien Legeay

Première journée d'une grève reconductible et sixième appel d'un mouvement qui se durcit, ce mardi 7 mars a de nouveau été très suivi en Mayenne et en Anjou. Les syndicats devront trouver un juste équilibre pour faire durer le bras de fer contre la réforme des retraites dans un contexte d'inflation pour les travailleurs.

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Trois tracteurs ont guidé le cortège segréen ce mardi 7 mars au rond-point de l'Europe.
Crédit: Coralie Juret

Plusieurs milliers de personnes ont répondu présent pour bloquer le pays aujourd’hui contre la réforme des retraites. Sur le viaduc de Segré (800 à 900 personnes), les voies sur berges d'Angers (17 000 à 19 000 personnes) et la rocade de Laval (10 000, selon l'intersyndicale), les syndicats CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC UNSA, FSU, Solidaires et la Confédération Paysanne ont durci le ton et les grévistes suivent.

Jérôme, un professeur mayennais, préfère encore perdre une journée de salaire que partir à 67 ans, à cause de ses études tardives et de ruptures dans sa carrière. Avec la réforme, il lui resterait encore 10 ans. " Dans les élèves, ça devient un peu compliqué. J'envisage de faire autre chose d'ailleurs. [Manifester] c'est quand même une perte de salaire importante, mais entre perdre une journée de salaire et plusieurs années soit en maladie, soit en arrêt..." 

Fabrice, archéologue de bientôt 54 ans, passe les trois quarts de son temps sur le terrain. Un métier physique qu'il ne pense pas tenir deux ans de plus : "Je vais voir si je peux m'arranger pour faire une rupture conventionnelle. Deux ans de plus, ça va pas aller". Dans les soins, on ne se voit pas non plus travailler jusqu'à 64 ans. Les résidents peuvent entrer en EHPAD à partir de 62 ans, souffle le délégué syndical FO des Résidences du Val d'Oudon Frédéric Dauvier, dans le cortège segréen.

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Les manifestants mayennais se sont retrouvés au rond-point du Zoom ce mardi 7 mars.
Crédit: Cyprien Legeay

 

"Une manif par mois ça va, mais faut pas trop pousser"

 

Ce sont leurs retraites et celles de leurs enfants qui ont aussi convaincu une AESH et son mari secrétaire dans l'Education Nationale de venir faire grève en couple sur le rond-point du Zoom à Laval. "On est deux à le faire, donc c'est deux journées de salaire en moins", compte l'Accompagnatrice d'élèves en situation de handicap. "Si c'est pour gagner deux années de retraites, le calcul est rapide quand même", justifie son conjoint. C'est sa troisième participation au mouvement. "Une par mois ça va encore, mais faut pas trop pousser non plus, parce qu'on a encore des enfants qui sont étudiants, faut payer ça..." 

Thierry se dit prêt à revenir le samedi, une journée qui n’impacte pas son salaire. Un critère à prendre en compte par les syndicats pour la suite du mouvement, avec des Français prêts à défendre leur retraite en période d’inflation, mais pas à n’importe quel prix. La grève reconductible pourrait se poursuivre dans les entreprises, avance le responsable de la CGT segréenne.

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La Confédération Paysanne a rejoint l'intersyndicale segréenne depuis plusieurs journées.
Crédit: Coralie Juret