Mayenne

Azé : Adonial inclut le handicap

04 juin 2019 à 11h17 Par Coralie Juret
Une équipe de 8 à 10 travailleurs handicapés de l'ESAT du Géneteil déconditionne de la poudre de lait infantile destinée à l'alimentation animale dans un bâtiment protégé de 1000 m², zone de Bellitourne.
Crédit photo : CJ

Depuis trois mois, une vingtaine de personnes porteuses d'un handicap mental se relaie à l'usine d'Adonial, à Azé. Elles déconditionnent de la poudre de lait déclassée, recyclée en alimentation animale. Le directeur de l'entreprise espère faire tâche d'huile au sein du groupe Avril.

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Près de Château-Gontier, Adonial emploie des travailleurs handicapés : une vingtaine de personnes de l'ESAT du Géneteil déconditionne de la poudre de lait, une idée du directeur piochée sur un autre site du groupe Avril. Trois mois après le début de ce partenariat, il n'est plus à convaincre.

"On a été très étonné de la motivation, de l'engouement qu'il y avait de la part des personnes en situation de handicap, de venir travailler chez nous", avoue Antoine Lenepveu. "On a fait un premier échange entre les équipes sur un après-midi, tout le monde voulait être parmi la short-list des personnes qui allaient venir le lundi d'après-midi". Leur application a aussi surpris le directeur de l'usine azéenne : "Ils sont vraiment très consciencieux. On leur dit quelque chose, ils vont vraiment faire ce qu'on a dit et vous rééexpliquer le surlendemain qu'ils ont bien intégré la consigne qu'on leur a donné".

Patricia et Fabienne sont elles, ravies de travailler en "milieu ordinaire" comme elles l'appellent, encadrées par leur moniteur. Chacun a son rôle, Fabienne "défait les cartons, enlève les couvercles et mets les boites de lait sur une table pour que les opercules soient enlevés", d'autres vident la poudre sur une grille. "Je crois que c'est un milieu qui est un peu plus dur que le milieu protégé" avoue la jeune femme, "il y a un rythme à soutenir qui n'est toujours pas évident, moi j'ai un peu ce problème-là de pouvoir suivre le rythme". Fabienne est pourtant "fière" de travailler pour Adonial : "le travail en équipe c'est extraordinaire, ça nous encourage et ça nous pousse".

Ces travailleurs qui ont "les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres" insiste Ludovic Husse de l'ADAPEI 53, donnent aujourd'hui entièrement satisfaction pour remplacer une ligne mécanique qui ne répondait pas aux exigences de l'activité. Intégration dans l'entreprise, respect de l'hygiène et de la traçabilité, et même rendement sont au rendez-vous, car l'équipe déconditionne chaque jour 4 tonnes de poudre de lait, contre 2,5 tonnes attendues. De quoi donner l'envie à Adonial de développer davantage cette activité qui ne fournit pour l'instant que deux mois de travail à l'année, en séduisant les laiteries, et pourquoi pas de l'appliquer à d'autres produits. Et comme d'autres l'ont fait avant lui, Antoine Lenepveu voudrait aussi "semer une petite graine dans la tête des managers de demain".