Mayenne : les agents des EHPADS en souffrance

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15 octobre 2019 à 11h03 - Modifié : 22 octobre 2019 à 16h05 par Coralie Juret

Ils manifestaient leur mal-être la semaine dernière à Laval. A Cossé-le-Vivien et Méral, c'est un projet privé de mutualisation qui inquiète les équipes.

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Une centaine de personnes s'est opposée à la fusion des Ehpads de Cossé et Méral mardi 15 octobre. |

Les personnels de l'Ehpad de Cossé-le-Vivien étaient dans la rue mardi 15 octobre. Ils manifestaient leur inquiétude au sujet du projet de fusion de leur établissement public Ambroise Paré, avec celui de Méral. Depuis 2012 il est question d'une structure privée unique de 110 lits contre 144 aujourd'hui, sans qu'aucune décision ne soit prise.

Force Ouvrière craint une perte de statut pour les fonctionnaires, une externalisation des autres services et des licenciements. Le syndicat s'attend aussi à une hausse des prix pour les résidents. FO appellait donc les agents, les familles et les habitants de Cossé et Méral à se rassembler devant la maison de retraite cosséenne, puis à rejoindre la mobilisation départementale à Laval l'après-midi.

Quand la santé trinque

Un rassemblement départemental, pour réclamer plus de moyens comme le font les personnels des Ehpads depuis 2016. Dans une édifiante enquête départementale réalisée par FO, 40 % d'entre eux disent venir travailler "par obligation". "Alarmant" pour la référente Force Ouvrière des Ehpads lavallois.

"On lit des choses qu'on ne devrait pas lire au XXIème siècle : je n'ai pas voulu faire ce métier pour être maintenant à la limite de la maltraitance", cite Laurence Fournier. "C'est de la maltraitance institutionnelle, c'est l'institution qui pousse les agents à être maltraitants quand on a 5 minutes pour faire manger un résident. C'est pas acceptable".

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Dans cette enquête à laquelle un quart des personnels mayennais ont répondu, 68 % voient même un impact du travail sur leur santé. Il faut plus de moyens humains, répète Laurence Fournier. "Qu'on arrête de nous enlever nos contractuelles qui font du très bon travail. Ce qu'on veut c'est du moyen humain, que nos résidents aient le temps", martèle la responsable syndicale des Ehpads lavallois. Qui pousse comme ses collègues un cri du coeur : "C'est au soignant de vivre au rythme du résident. Arrêtez de payer des millions pour un bateau marqué "la Mayenne" ! Donnez-nous l'argent pour avoir des agents !"

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Message relayé mardi 15 octobre au Département, au préfet et à l'ARS lors d'une audience en préfecture. Ces soignants et personnels demandent aussi "le respect de nos aînés", au vu des prix payés en structures.