Segré. Du fumier déposé dans la nuit devant les entrées du centre Leclerc

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Vers minuit, des agriculteurs ont déposé plusieurs tas de fumier et lisier devant le centre Leclerc. Des actions similaires se sont déroulées dans le Maine-et-Loire

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L'entreprise Hervé TP déblayent depuis 8h30
Crédit: Alexis Vellayoudom

24 février 2021 à 10h10 - Modifié : 24 février 2021 à 15h14 par Alexis Vellayoudom

"Je suis déçu" nous confie Pierre-Henri Bouchard, propriétaire du Leclerc de Segré. Ce matin, vers minuit, il est averti qu'une poignée d'agriculteurs ont déposé des tas de fumier et de lisier devant les portes de son établissement. La gendarmerie est sur place. Il n'est pas le seul, une quinzaine de magasins du département ont subi les foudres de ces agriculteurs. Pierre-Henri Bouchard est déçu, "hier j'étais dans une exploitation locale pour faire un partenariat, valoriser leur bœuf fermier. On a envie de construire les choses, mais quand je vois ça, je suis déçu. Ça leur sert à quoi ?". 


Depuis 8h30, 7 salariés de l'entreprise Hervé TP déblaient avec 5 engins. L'opération devrait se terminer ce midi, "ça a forcément un coût pour nous", explique Pierre-Henri Bouchard. Le propriétaire de l'établissement pourrait déposer une plainte. 




La FDSEA et les JA 49 ne revendiquent pas l'action



À l'origine de plusieurs actions depuis le début de l'année, la FDSEA et les JA 49, principaux syndicats des exploitants agricoles, affirment ne pas être à l'origine cet acte, mais "c'était à prévoir, on a des agriculteurs remontés. Les grandes surfaces ne jouent pas le jeu. On a une déflation de nos produits quand nos charges augmentent. Je comprends tout à fait la réaction de chacun", souligne Ludovic Roncin, président des Jeunes Agriculteurs 49, qui était d'ailleurs en point presse ce matin pour décider des actions à venir. 






Une table ronde sur les négociations commerciales est prévue vendredi entre les syndicats de la région et le préfet de région, "on attend rien de cette réunion. Ça fait plusieurs semaines qu'on la réclame et ils nous mettent ça à 48h de la fin, un vendredi soir et en visio", confie l'agriculteur. 


Les syndicats attendent de ces négociations, une évolution et surtout un renforcement des loi et leur application comme la loi EGAlim, "qu'est-ce qu'on veut pour notre territoire ? Abandonner nos élevages et une agriculture familiale ou les maintenir ?".