Segré. Enfants placés : « Ils ont enlevé mon petit-fils »

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Jeudi 16 janvier, quelques parents se sont rassemblés devant la maison des solidarités de Segré. Ils dénoncent les "dysfonctionnements du placement des enfants à l'Aide Sociale à l'Enfance".

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Quelques parents et l'association Thermouthis protestaient devant la MDS de Segré
Crédit: Alexis Vellayoudom

24 janvier 2020 à 12h00 - Modifié : 24 janvier 2020 à 13h37 par Alexis Vellayoudom

Des placements d’enfants jugés « injustes », des enquêtes « bâclées », les accusations étaient nombreuses sur le trottoir devant la Maison Des Solidarités de Segré. Les parents se sont donnés rendez-vous pour montrer leur colère contre les décisions de la justice et les « carences » de l’ASE, tous deux impliqués dans les procédures de placement des enfants.

Ils sont soutenus par l’association Thermouthis, qui défend les droits des parents et des enfants placés. Nous les avons rencontrés.

 

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Parmi eux, Arnaud, papa au chômage. Ses trois garçons ont été placés séparément. Il les voit individuellement, une heure par mois. Arnaud estime avoir tout fait les garder, « dès la première visite, j’ai une des personnes qui m’a sorti, vous êtes un homme, vous êtes en incapacité d’élever vos enfants tout seul. Ça faisait un an et demi qu’ils vivaient chez moi, et j’ai pu tout mettre en place, rattraper un vaccin. »

Ses enfants, aujourd’hui, sont éparpillés dans le département. Arnaud a réussi à faire en sorte qu’ils puissent se voir entre eux. La loi dit « l’enfant ne doit pas être séparé de ses frères et sœurs, sauf si cela n’est pas possible ou si son intérêt commande une autre solution ».

"Ils ont enlevé mon petit-fils"

 

Joseph, lui, a une pancarte sur le dos. Grand-père de Clément, "enlevé" selon ses mots par le CHU d’Angers dès sa naissance. L’Aide Sociale à l’Enfance a estimé, d’après Joseph, que la mère n’était pas capable de l’élever, une décision que Joseph conteste. « La pouponnière ne fait aucun reproche à ma fille. Il y a quelques petites choses, mais enfin ma fille a 36 ans et c’est son premier enfant. Est-ce une raison suffisante pour enlever un enfant ? S’il (le juge) trouvait qu’il y avait des carences, il aurait pu faire une surveillance à la maison. »

Joseph a ensuite écrit à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Il ne sait si cela a eu un impact, mais le juge a décidé d’accorder pour l'enfant plusieurs nuits par semaine chez ses parents.

 

Thermouthis dénonce « le placement abusif d’enfants dans le Maine-et-Loire »

 

Sur place, Sylvie Moreau, vice-président de l’association Thermouthis. Elle dénonce des droits bafoués pour les enfants et leurs parents, « les enquêtes sont bâclées, voire inexistantes […] les enfants placés rapportent de l’argent, un enfant ce n’est pas une marchandise. Vous avez des parents qui n’ont pas vu leurs parents depuis 2, 3 ans. Dans les structures sociales, la situation est dramatique, il y a trop d’enfants placés. »

 

Contacté, le Département n’a pas souhaité communiquer, mais rappelle que les enfants sous sa tutelle sont "placés par la justice" et qu'il dépense "plus de 100 millions d'euros par an" pour l'Aide sociale à l'enfance. Le Parquet de son côté n’a pas répondu à nos sollicitations.