Segré. L'Association Migrant'Espoir Segréen vient en aide aux demandeurs d'asile

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Les bénévoles, qui viennent en aide aux demandeurs d'asile dans l'apprentissage du français, ont décidé de créer leur association. L'association Migran'Espoir Segréen, AMES, veut donner de la visibilité à ses actions.

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L'AMES donne des cours de français
Crédit: Alexis Vellayoudom

7 octobre 2020 à 5h56 - Modifié : 7 octobre 2020 à 6h34 par Alexis Vellayoudom

Ils apprennent le français et sont un soutien psychologique pour les demandeurs d’asile de Segré. Les bénévoles du centre d’Hébergement d’Urgence des Demandeurs d’Asile (HUDA), anciennement Centre d'Accueil et d'Orientation (CAO), viennent de créer leur association, l’AMES.

Bertrand Even - AMES

L’association Migrant’Espoir Segréen espère plus de visibilité pour ses actions auprès de ces hommes de 20 à 30 ans. Des hommes qu’ils aident depuis 2016 dans la vie de tous les jours, "ce sont des gens qui ont eu un passé douloureux qui ont subit des violences et qui arrivent en France avec un avenir incertain donc une situation très inconfortable. On essaye de leur apporter un peu de réconfort, une présence pour les aider", précise Bertrand Even, secrétaire de l'association. 

Une aide importante pour les demandeurs d'asile

 

Sans l’aide des bénévoles, il n’y serait pas arrivé. Ahmed Shoeb Mansouri, 27 ans, est afghan. Dans son pays, il tenait un garage avec son frère, assassiné par les talibans. En fuite, Ahmed est passé par l’Iran, la Turquie. Il a traversé l’Europe, s’est vu refuser l’asile en Suède.

Arrivé en 2017 en France, c’est à Segré au Centre d’Hébergement pour demandeurs d’asile, qu’il a appris le français et qu'il a trouvé de l’aide, "Quand le soir tu dors, normalement tu penses à ton futur, je fais quoi, c'est quoi l'avenir pour moi. Il y a beaucoup de gens qui ont du mal à dormir. Les bénévoles nous aident dans beaucoup de choses", explique Ahmed. 

Une situation compliquée pour des jeunes répartis la plupart du temps à 3 par chambre et qui ne parlent pas la même langue entre colocataires. "Il y en a qui ont besoin d'un soutien psychologique. Et puis on voit à l'intérieur du centre, ils n'ont pas de rythme. Ils sont beaucoup dans l'attente d'être convoqué pour les papiers. Pour certains, ça les travaille", précise Bertrand Even.

Ahmed Shoeb Mansouri - "C'est très important d'avoir quelqu'un dans ta vie"

Les bénévoles tentent alors de les occuper, notamment avec l'apprentissage du français, "on a fait un repas de Noël. Il y a des bénévoles qui viennent pour faire du sports comme le judo", explique Ahmed.  

Aujourd’hui, Ahmed Shoeb Mansouri vit en France. Il vient de terminer un contrat de mécanicien chez un garagiste. Ahmed passe en ce moment le permis poids lourd. Sa famille est toujours en Afghanistan, menacée par les talibans. Il ne l’a pas vu depuis 5 ans, "c'est très important d'avoir quelqu'un dans ta vie parce que quand tu vis en France, c'est très difficile surtout pour l'administratif. Quand tu vas en rendez-vous, tu connais rien, tu comprends rien. On a de la chance d'avoir des bénévoles parce que c'est très compliqué" ajoute Ahmed. 

Martine Socheleau a été élue présidente. L’association est la recherche de bénévoles prêts à donner de leurs temps pour donner des cours de français. Vous pouvez prendre contact à l’adresse bertrandeven@orange.fr.