Témoignage. Ahmed Shoeb Mansouri, périple d'un réfugié

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Il y a 5 ans, Ahmed Shoeb Mansouri, 27 ans, a été contraint de quitter l'Afghanistan. Après une traversée périlleuse à travers l'Europe, il est réfugié en France.

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Crédit: Alexis Vellayoudom

8 octobre 2020 à 5h38 - Modifié : 8 octobre 2020 à 6h03 par Alexis Vellayoudom

Segré devenue terre d’accueil ! Depuis 2016, l’ancien hôpital, loge des demandeurs d’asile. Des hommes de 20 à 30 ans, venus du Soudan, de l’Erythrée, ou encore de l’Afghanistan. Ce centre d’Hébergement d’Urgence anciennement CAO, est animé par des bénévoles qui donnent des cours de Français. Une chance pour eux car ils ont pris des risques pour retrouver de la sécurité et de la liberté. Ahmed Shoeb Mansouri, un Afghan qui a fui les talibans, est arrivé à Segré en novembre 2017.

Témoignage de Ahmed Shoeb Mansouri

 

Sous son masque, on distingue une barbe de quelques jours et un sourire. Et pourtant, Ahmed a connu l’inhumanité. En Afghanistan, Ahmed est issu d’un milieu confortable. Son père est psychologue, sa maman enseignante, trois de ses 7 sœurs médecins. Lui et un de ses frères tiennent deux garages dans la ville de Ghazni au centre du pays.

 

"Il y a beaucoup de clients du gouvernement qui viennent. Il y a les talibans qui ont demandé pleins de choses. Tu fais ça, tu fais ça, c'est à cause de ça que mon frère est mort".

 

Ahmed s’enfuit alors à Dubaï où il y travaille 2 mois et demi. Puis il décide de rentrer en Afghanistan, mais la situation ne change pas. Au bout de 2 mois, il est contraint de repartir. En représailles, les talibans s’en prennent alors à sa famille dont son frère de 13 ans.

 

"Il est kidnappé par les talibans après mon papa, il a été 45 jours avec les talibans. Il était dans une chambre comme un animal".

 

S’en suit alors une longue traversée principalement à pied. Ahmed avec un petit groupe d’Afghan trouve un passeur pour franchir la frontière montagneuse entre l’Iran et la Turquie. Un épisode marquant.

 

"On a vu les personnes qui étaient mortes entre la frontière. Ils étaient séchés. On a vu les os des personnes. On a vu des personnes qui étaient gonflées, ça puait depuis 15 jours qu'ils étaient morts".

 

En Turquie, il paye ensuite un autre passeur pour prendre le bateau vers la Grèce. 48 passagers à bord d'un pneumatique. Il traverse les Balkans, difficilement la Hongrie, passe en Allemagne, au Danemark. Avant d’arriver en Suède où il reste 2 ans, travaille chez Volvo, mais sa demande d’asile est refusée. Aujourd’hui, Ahmed est réfugié en France. Il vient de finir un contrat de mécanicien chez un garagiste et passe son permis poids lourd. Sa famille restée en Afghanistan, il ne l’a pas vu depuis 5 ans.

Reportage - Ahmed Shoeb Mansouri