Nyoiseau. Une rivière de contournement pour les poissons de l'Oudon

Maine et Loire 

20 décembre 2021 à 18h15 par Coralie Juret

En période d'étiage la faune aquatique ne pouvait pas franchir le barrage de l'ancien moulin. Ce n'est plus le cas grâce à des travaux de continuité écologique entrepris par le Syndicat de bassin de l'Oudon.

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En amont, l'ancien bras de l'Oudon. En aval, la rivière de contournement réaménagée à Nyoiseau.
Crédit: CJ

Redonner aux cours d'eau leur état naturel, c'est l'objectif des travaux de continuité écologique que mène le Syndicat du bassin de l'Oudon (SBO) depuis 2017. A Nyoiseau, une rivière de contournement vient d'être réalisée au niveau de l'ancien moulin aujourd'hui disparu. 

"L'Oudon était historiquement aménagé avec de nombreux moulins. La problématique c'est que des barrages sont associés et ne sont pas franchissables par la faune aquatique", explique Sylvain Lacôte, ingénieur milieux aquatiques au SBO. "Le principe de la continuité écologique, c'est de permettre à ces espèces comme le brochet, l'anguille de faire l'ensemble de leur cycle vital, c'est à dire pouvoir se nourrir, se reproduire et trouver leur habitat".

A Nyoiseau, les brochets peuvent désormais franchir le barrage de l'ancien moulin. Les travaux réalisés pendant cinq semaines par l'entreprise Moreau et associés du Lion d'Angers ont été imaginés par la société Icema : une rivière de contournement dans un ancien bras de l'Oudon pour permettre à la faune de passer en aval. 

 

De nouvelles espèces dans les rivières segréennes

 

Il a notamment fallu abaisser le niveau d'un ancien ouvrage du moulin : "il y a à peu près un mètre de différence de niveau. Quand on a des vitesses d'écoulement et un niveau plus haut dans l'Oudon, c'est complètement infranchissable par les poissons parce qu'il y a trop de remous", détaille Thomas Renoult, le maître d'oeuvre. "On crée une échancrure de 2 m de large qu'on va habiller avec des matériaux rugueux, ce qui limite les vitesses d'écoulement dans l'ouvrage et permet aux poissons de le franchir plus facilement. Et on crée une pente douce jusqu'en aval sur 100 m en apportant des matériaux intéressants du point de vue de la vue aquatique".

Cette rivière de contournement devrait aussi favoriser l'habitat de nouvelles espèces de poissons comme le gougeon, le vairon ou le chabot que l'on a vu réapparaître à Châtelais après les premiers travaux de continuité écologique réalisés en 2017. Le syndicat de bassin est depuis intervenu à Chérancé, Craon et Niafles. A Saint Saturnin du Limet, le plan d'eau des Hunaudières a même été supprimé pour permettre au ruisseau de la Ridelais de retrouver son lit d'origine.