Pénurie de maîtres-nageurs : des piscines de la région risquent de fermer des créneaux

Maine et LoireMayenne

17 mai 2022 à 17h34 - Modifié : 17 mai 2022 à 17h39 par Alexis Vellayoudom

Dans la région, il manquerait 500 maîtres-nageurs pour cet été. Le métier n'est plus attractif et des piscines risquent de fermer des créneaux.

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Le bassin de la piscine de Château-Gontier
Crédit: Alexis Vellayoudom

Vous n'aurez peut-être pas le luxe de choisir votre bassin cet été, si vous allez à la piscine. Le secteur public et privé a de plus en plus de mal à trouver des maîtres-nageurs et des sauveteurs BNSSA pour surveiller les bassins. Rien qu'en Pays de la Loire, il en manquerait 500 pour cet été. 

 

Une formation trop chère

 

Des plages horaires plus courtes, des bassins qui ferment, c'est ce qui risque de se passer dans les piscines municipales et privées de France. Le secteur est touché par une pénurie de maître-nageur, en raison notamment de plusieurs départs en retraite qui ne seront pas remplacés, "le souci aujourd'hui, on a une formation de brevet professionnel en milieu aquatique qui reste très élevé pour les jeunes qui sortent d'école. On est sur une base de 6 500 € à l'année, plus les frais d'hébergement et de déplacement", explique David Julien, chef de bassin à Château-Gontier.

 

Un manque de reconnaissance

 

Le référent de l'Agence nationale des élus en charge du sport pointe aussi l'annualisation des horaires à 1 607 heures par an, soit 35 heures par semaine du lundi au dimanche, mais sans compensation financière :  "un dimanche travaillé est payé au même titre qu'un lundi, les soirées, les jours fériés, c'est la même chose. Et quand on pose des jours de congés, c'est 7 jours, c'est pas 5 jours". 

 

La formation est trop chère pour les jeunes
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

Et même les sauveteurs diplômés d'un BNSSA sont difficiles à trouver, "ils ne durent pas parce qu'il y a un problème de rémunération et aussi de reconnaissance par rapport au métier et aux risques qu'on encours. Aujourd'hui, on a un accident sur un établissement, il y a des enquêtes qui sont mises en place, c'est tout à fait logique. Mais nos statuts font qu'on risque le pénal", ajoute l'élu. 

 

L'effet Covid

 

"Depuis la Covid, on a le même souci qu'en restauration", raconte David Julien. Dans le recrutement, les chefs de bassin font face à des jeunes plus exigeant, "c'est, je ne veux pas travailler les week-ends ou un week-end sur cinq. Les soirées, si je peux éviter d'en faire. J'ai connu, il y a vingt ans, quand j'étais BNSSA, quand j'avais mon job d'été, c'était de travailler 2 mois à fond pour avoir un petit pécule pour la rentrée et aujourd'hui non. Les jeunes choisissent leur période de travail et mettent en difficulté nos équipements qui aujourd'hui, certains ne pourront peut-être pas ouvrir tout l'été", ajoute David. 

 

Pourquoi il manque des maîtres-nageurs dans nos piscines ?
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

Des fermetures à prévoir ? 

 

Les conséquences pourraient se voir dès cet été. Selon les chiffres de David Julien, il manquerait une vingtaine de maîtres-nageurs sur le Haut-Anjou et la Mayenne : "donc, maintenant c'est des choix sur des fermetures publiques donc le public loisir va avoir des contraintes avec moins d'ouverture. Ou après, c'est un choix sur du scolaire donc chaque bassin va faire des choix, mais avec pas l'envie d'en arriver jusque-là". 

Pour le chef de bassin de Château-Gontier, il faudrait améliorer les salaires des maîtres-nageurs, miser davantage sur l'apprentissage, le Pays de Château-Gontier a d'ailleurs opté pour cette solution cette année, et mieux reconnaître la pénibilité du travail, "on travaille avec le bruit, des émanations de chlore, le soleil l'été", conclu David Julien.