Télétravail : les sanctions financières, "un affront aux entrepreneurs" selon le MEDEF Anjou et Pays de la Loire

Covid-19 Maine et Loire Mayenne 

6 janvier 2022 à 17h32 - Modifié : 6 janvier 2022 à 17h41 par Alexis Vellayoudom

Dans un communiqué, le Mayennais Samuel Tual, président du MEDEF Pays de la Loire, et Bertrand Schaupp, président du MEDEF Anjou, appelle le gouvernement au pragmatisme sur le télétravail.

OXYGENE RADIO

Le télétravail a du mal à passer chez les entrepreneurs de la région, c'est ce qu'expliquent dans un communiqué le gérant du groupe mayennais Actual, Samuel Tual, par ailleurs président du MEDEF Pays de la Loire et Bertrand Schaupp, président du MEDEF Anjou. 

Depuis hier, le gouvernement impose 3 jours de télétravail par semaine pour les postes qui le permettent. Mais pour les deux représentants du MEDEF, c'est "une véritable remise en cause de leur capacité d'organisation". Selon Samuel Tual, avant la crise, moins de 15 % des entreprises avaient des accords sur le télétravail, aujourd'hui, elles sont plus de 40 %. Les élus du MEDEF pointent la période difficile dans laquelle cette décision a été prise, "une explosion de l'absentéisme, des difficultés accrues de recrutement, la forte augmentation des coûts d'approvisionnement et d'énergie". 

 

Samuel Tual revient sur l'instauration d'une amende financière
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

Sur la sanction de 1 000 euros par salarié en cas d'infractions constatées, Samuel Tual et Bertrand Schaupp parlent d'un affront aux entrepreneurs, "je rappelle juste que vous avez un faux pass sanitaire, vous avez 135 euros d'amende. Vous interprétez la possibilité de télétravailler ou pas, on vous sanctionne de 1 000 euros, on trouve ça profondément injuste", explique Samuel Tual. Pour eux, les chefs d'entreprise sont les mieux à même de juger de la possibilité ou non à faire télétravailler leurs salariés. 

 

Une sanction financière jugée comme un affront 

 

Selon le MEDEF Anjou et Pays de la Loire, 7 postes sur 10 ne permettent pas d'être en télétravail, "il ne s'agit pas de s'y opposer au regard de la situation sanitaire. Il s'agit plutôt d'être pragmatique". Ils demandent par ailleurs de différencier les secteurs d'activités et les contraintes des métropoles par rapport territoires notamment au sujet de la mobilité, "le télétravail doit être dosé avec discernement, si l'on ne veut pas compromettre la croissance déjà engagée", ajoutent les deux chefs d'entreprise.

 

Le MEDEF appelle le gouvernement à faire preuve de pragmatisme
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

Samuel Tual ajoute : "le sujet n'est pas le même si on est dans une grande métropole ou si on travaille à la campagne. Pour les collaborateurs qui travaillent toute la journée sur ordinateur et qui ont fait l'objet de postes adaptés, leur dire demain vous prenez un petit portable et vous allez travailler chez vous sur votre canapé avec l'ordinateur sur les genoux. Physiquement, ça peut générer des difficultés. Et puis il y a les sujets de sécurité informatique notamment les banques. Donner accès à des comptes personnels à des collaborateurs qui travaillent depuis leur salle à manger sans connaître l'environnement dans lequel ils sont, peut poser des problématiques de sécurité et confidentialité". Selon lui, en Pays de la Loire, 70 % des salariés ne travaillent pas en métropole, réduisant le risque de contamination dans les transports en commun. 

Pour le moment, cette mesure sur le télétravail est prévue pour 3 semaines.