Angers. Budget de l'université, financement de la Recherche... Le ministre de l'Enseignement supérieur face aux doléances
Ce vendredi 9 janvier, Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace, s'est rendu à l'Université d'Angers pour aborder la question difficile du financement des universités et de la recherche scientifique.
Publié : 9 janvier 2026 à 23h42 par Alexis Vellayoudom
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Ce n'était pas une visite en terrain conquis. Et la trentaine de personnels et étudiants de l'intersyndicale de l'Université d'Angers l'a rappelé au ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace dès son premier pied-à-terre. Hier, Philippe Baptiste s'est rendu sur le campus de Belle-Beille dans une université "qui rayonne", selon ses mots, pour participer à une table-ronde consacrée au modèle de financement des universités. Un sujet sensible. À l'UA, la sous-dotation de l'établissement est chiffrée à plus de 53 millions d'euros. A l'été dernier, le conseil d'administration avait voté un budget rectificatif avec déficit de 6 millions d'euros, ayant entraîné la suppression de 20 CDD au sein de l'université.
Pas d'annonces, mais des Assises
D'emblée, l'accueil républicain de la présidente de l'établissement angevin a rappelé la situation difficile dans laquelle se trouve le monde universitaire. "Les universités sont aujourd'hui fragilisées, voire conduites à l'échec compte tenu d'un modèle économique et de système de financement déficient qui non seulement nous remettent en cause leur capacité d'action, mais conduisent également à créer des inégalités territoriales majeures, a souligné Françoise Grolleau. Au total, c'est une soixantaine d'universités françaises qui prévoient un budget 2026 en déficit, et une dizaine qui verront leur trésorerie s'approcher de zéro dans les prochains mois, voire passer en dessous. Ce que je pense, c'est que cette situation n'est pas qu'un sujet financier. C'est un sujet avant tout politique."
Françoise Grolleau en a profité pour glisser quelques pistes comme l'augmentation de l'enveloppe globale aux établissements, mais aussi le passage à un modèle de financement s'inspirant des dotations de l'Etat aux collectivités territoriales avec notamment la création d'un fonds de péréquation qui consiste à attribuer aux universités défavorisées une partie des ressources des collectivités les plus "riches".
Si le Ministre a entendu, il n'a en revanche rien annoncé. Préférant renvoyer aux Assises sur le financement des universités qui doivent se tenir prochainement. "Je ne suis pas en train de promettre de l'argent plus. Je veux aussi qu'on travaille sur la méthode. Regarder ce qui marche et ne marche pas. D'un côté, l'Etat a mis beaucoup d'argent, de l'autre côté, il y a un sentiment parfois dans les universités et les laboratoires que cet argent n'arrive pas au bon endroit", a confié Philippe Baptiste. Parmi les pistes envisagées, le recours aux financements européens et au privé, mais aussi la levée des contraintes administratives.
Des conditions d'accès au financement trop complexe pour les chercheurs angevins
Dans la foulée de la table-ronde, le ministre a visité, rapidement, le laboratoire Moltech-Anjou où 80 chercheurs, ingénieurs, techniciens et doctorants travaillent sur le développement de matériaux moléculaires pour une application dans les domaines de l'énergie, de la santé ou de l'information. Il a d'abord rencontré Antoine Goujon, enseignant-chercheur au laboratoire. L'occasion d'aborder les problématiques de financement de la recherche. "On a des idées, on essaye de faire financer. C'est difficile de trouver les bons guichets et quand on y arrive, on a de l'argent pendant un temps très limité durant laquelle il faut faire vivre le projet. Développer des thématiques complexes sur du temps long, c'est rendu difficile avec des financements précaires. On ne sait jamais si on va pouvoir poursuivre. C'est presque plus difficile que notre travail scientifique"", constate celui qui a récemment été lauréat de l'European Council Research avec un financement à hauteur de 1,5 million d'euros sur 5 ans pour ses recherches.
Dans une autre salle, Alexandre Abhervé, chercheur en recherche fondamentale, regrette les délais pour obtenir le financement d'équipement sur un sujet en développement. "C'est un petit peu long à se mettre en place. Un équipement comme celui que j'aimerais avoir si on pouvait simplement faire un dossier sur ce qu'on demande pour aller plus vite qu'une demande de projet qui peut mettre 4 ans pour aboutir. Je collabore avec quelqu'un de Bruxelles sur un autre thème. Quand il a besoin d'un nouvel équipement, il fait une demande et obtient ça, assez vite. Ça, ça nous manque."
« Les moyens dans la Recherche sont très loin de l'ambition »
Autre problématique de la Recherche en France, la fuite des cerveaux vers des pays où les financements arrivent plus facilement. "En France, les perspectives d'embauches sont faibles. Il y a très peu de postes qui s'ouvrent à l'échelle du pays. Il y a beaucoup de chercheurs brillants qui finissent sur le carreau. Et d'autres, dès le début se disent "la France, c'est le combat constant pour avoir le moyen de faire son travail où on est très évalué constamment" et donc ils partent", constate Antoine Goujon. "C'est dommage, car on est hyper libre dans le système français de la Recherche. On a un éco-système plutôt chouette. Mais il y a manque d'ambition par rapport à ce qu'on met sur la table. C'est dommage parce que moi, j'adore faire ce métier tous les jours."
Pourtant, le Ministre l'a rappelé, la Recherche est un enjeu de souveraineté, sauf qu'aujourd'hui, la France ne consacre que 2,2 % de son PIB au secteur. C'est bien inférieur aux voisins européens comme l'Allemagne ou la Suisse, et très en deçà de ce que pratique la Chine avec 9 % de son PIB consacré à la Recherche. "On a pris du retard", avoue Philippe Baptiste. Un constat partagé par Antoine Goujon. "Les moyens dans la Recherche sont très loin de l'ambition. Le Ministre a dit "on va pas vous promettre plus d'argent" et à côté de ça, il admet que la Chine met 9 % de son PIB dans la recherche, d'autres pays sont devant nous. Au niveau de l'investissement, on a été longtemps derrière et on en paye en aujourd'hui le prix."
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