Maine et Loire

CHU d'Angers. Déprogrammations, grèves, services transformés et renforts : pas de plan blanc, mais une grande tension hospitalière

Après la Clinique de l'Anjou et le CH du Haut-Anjou, le CHU d'Angers a annoncé être en alerte de niveau 1 du plan Hôpital en tension. Des opérations sont déprogrammées, des services transformés et des renforts ont été appelés pour faire face à l'afflux de patients lié aux épidémies hivernales.

Publié : 14 janvier 2026 à 11h57 par Alexis Vellayoudom

Photo d'illustration
De nuit, les appels reçus à Laval seraient transmis au Samu de Maine-et-Loire.
Crédit : CHU Angers

Les épidémies hivernales, dont la grippe, mènent la vie dure aux établissements hospitaliers. La semaine dernière, le Centre hospitalier du Haut-Anjou déclenchait son plan "Hôpital en tension". Hier, c'était au tour de la Clinique de l'Anjou, plus durement touchée, d'activité son plan blanc. Dans la soirée, le CHU d'Angers lui a emboîté le pas, en annonçant avoir lancé, depuis le 5 janvier, son plan "Hôpital en tension". 

 

Deux déprogrammations par jour

 

C'est une activité inhabituelle à laquelle fait face le CHU d'Angers. Depuis une semaine, le nombre de passages aux urgences avoisine en moyenne les 170 passages (188 pour la journée du 12 janvier ndlr) pour en moyenne 55 hospitalisations par jour (62 pour la journée du 12 janvier ndlr). Conséquence, les urgences adultes sont saturées. "Près de 25 % des patients âgés de 75 ans et + entraînent depuis plusieurs jours des besoins et des durées d’hospitalisation supérieurs à d’habitude", note la direction. 

 

CHU d'Angers - Passage Urgences_13 01 25_AVC

 

Pour y faire face, le CHU a annoncé des renforts paramédicaux aux urgences. L'unité de chirurgie de 11 lits a été transformée en unité d'hospitalisation post-urgences et non chirurgicales et 16 lits hospitalisations semaine sont désormais ouverts en continu (ouvert habituellement du lundi au vendredi). En parallèle, pour libérer des lits, la direction a demandé aux différents services de réaliser deux déprogrammations quotidiennes jusqu'en fin de semaine. "Un point de situation sera réalisé en fin de semaine pour déterminer la poursuite des déprogrammations."

 

Face à la situation, 23 soignants rentrent en grève

 

"Depuis des mois, les collègues alertent sur le manque de lits pour hospitaliser les patients", écrivait Force Ouvrière dans un communiqué. Hier, 23 soignants des urgences adultes sont montés en créneau annonçant une grève à partir du lundi 19 janvier. "Ils dénoncent des conditions de travail et d’accueil des patients insupportables, poursuit le syndicat. Ce week-end, la situation a pris une tout autre tournure quand des patients ont été hospitalisés dans un couloir de passage. Nos collègues font part de situations de mise en danger des patients et de conditions de travail jamais vues jusqu’à maintenant."

 

Urgences grève CHU_13 01 25_AVC
23 soignants sont en grève pour protester contre les conditions de travail aux urgences adultes
Crédit : DR

 

De son côté, le CHU confirme qu'une délégation a été reçue par la direction. "Il a été évoqué l’utilisation temporaire du patio des urgences : en cas de tensions hospitalières majorées, cet espace sert à l’accueil des patients. Un renfort de personnels paramédicaux a permis d’assurer leur surveillance, admet le CHU. Une fermeture de cet espace est attendue dès que les admissions dans les services d’aval auront été suffisantes."

Les grévistes ont réclamé la création d’un poste supplémentaire d’aide-soignant 24 h/24 et 7 jours/7 "dans une des unités des urgences pour renforcer l’équipe qui doit assurer les soins et le suivi, notamment de patients en attente d’un lit en psychiatrie et contraints de passer des jours entiers aux urgences". Une demande à laquelle a accédé la direction. Le syndicat demande aussi l'ouverture de lits d'aval notamment les 10 lits du service de rhumatologie actuellement en travaux. "Les travaux sont entamés et doivent se poursuivre permettant in fine une augmentation capacitaire du soins médicaux et de réadaptation", répond la direction. Enfin, sur la déprogrammation de certaines inventions chirurgicales, FO estime que c'est une solution isolée qui ne permettra pas de "réguler qu’en partie la situation sur une courte période". La direction du CHU doit rencontrer les représentants du personnel dans les prochains jours.

 

Une tension hospitalière en pleine grève de la médecine libérale

 

Sans rentrer dans le détail, le CHU d'Angers a évoqué dans un communiqué la grève des médecins généralistes et spécialistes qui se termine demain. Dans un paragraphie intitulé "Grève des médecins libéraux et des cliniques privées : quels effets au CHU d’Angers ?", le CHU souligne : "Si les effets se sont fait peu sentir au service d’accueil des urgences, il a été constaté une forte augmentation du nombre d’appels au SAMU - Centre 15. En conséquence, des médecins régulateurs urgentistes ont été positionnés en renfort."

 

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Hier soir, le Collectif pour une médecine libre et indépendante du Maine-et-Loire (Comeli 49) a d'ailleurs rappelé l'impact de la grève. Chez la médecine libérale, la permanence des soins ambulatoires était en grève. Au Centre de la main, des soignants des urgences ont fait grève, c'était le cas aussi à la Clinique de l'Anjou ou au service des urgences cardiologiques de la Clinique Saint-Joseph. 

* Le Plan de gestion des tensions hospitalières et des situations sanitaires exceptionnelles compte deux niveaux, le 2e niveau étant le déclenchement du Plan Blanc.