À 20 ans, Maurane a échappé à la Covid grâce à un voyage humanitaire

Covid-19 Mayenne 

15 novembre 2021 à 16h26 - Modifié : 16 novembre 2021 à 9h29 par Alexis Vellayoudom

D'abord confinée, Maurane a pris la décision de partir en mission humanitaire au Togo. La Covid l'a poussée à entreprendre ce voyage.

Maurane Togo Ballon_22 10 21_Maurane Labbé
La Covid-19 a accéléré la décision de Maurane pour partir
Crédit: Maurane Labbé

On a souvent parlé du mal-être des jeunes pendant la Covid et les confinements et plus largement durant cette crise sanitaire qui fait désormais partie de notre quotidien. Pour certains, la crise sanitaire les a motivés à partir à l'étranger. C'est le cas de Maurane, une lavalloise de 20 ans.

 

Un départ imprévu et indécis 

 

Après le premier confinement et la fin de ses études en tourisme, Maurane s'est dit que c'était le moment de s'envoler : "la Covid, ça a été ma motivation. J'ai été confinée pendant mon BTS, ma formation. Je me suis dit que c'est le moment de partir, c'est le moment de couper à la Covid parce qu'au Togo, il n'y avait pas de Covid, de masques". L'envie était déjà là, mais la Covid l'a poussée à faire ses valises. C'est au Togo, que la jeune femme décide de poser ses valises pour une mission humanitaire, "j'ai toujours voulu aller aider des populations dans un autre pays". 

 

Maurane Togo_22 10 21_Maurane Labbé
Maurane a récolté des dons avant de partir comme ses maillots de football de l'US Saint-Berthevin
Crédit: Maurane Labbé

 

Maurane se rapproche de l'association Urgence Afrique, "on devait chercher des dons pour les enfants". Elle décide de lancer des appels aux dons sur les réseaux sociaux, récupère des maillots de football pour les jeunes enfants. Son premier voyage se prépare, les billets sont achetés en janvier 2021 pour un départ à la mi-juillet. Pour sa famille, avec la Covid, ça n'allait pas aboutir, "le jour du départ, ils pleuraient tous". La jeune femme finit par réussir à partir malgré les contraintes sanitaires : "il me fallait un motif impérieux et je l'ai eu 2 jours avant de partir". 

 

"Ça fait du bien de se sentir utile"

 

La jeune femme atterrit à Lomé, la capitale du Togo. Là-bas, elle réside dans la ville de Kpalimé, une ville touristique, mais c'est à Govou, un village sans électricité, ni eau, qu'elle est affectée. Le matin, c'est soutien scolaire pour les enfants de CP, CE1 et CE2. L'après-midi, des activités extra-scolaires. Avec des bénévoles, la Mayennaise a mis en place des boums et un cinéma pour les enfants, "je suis arrivée avec un disque dur avec des films et un rétroprojecteur. Mais au village, il n'y avait pas d'électricité, donc on n'a pas pu mettre le film. La première semaine a été dure pour ça", se souvient Maurane. 

 

Son voyage l'a fait grandir
Crédit: Alexis Vellayoudom
Maurane Togo Prof_22 10 21_Maurane Labbé
Maurane est partie donner des cours dans un village au Togo
Crédit: Maurane Labbé

 

La Mayennaise est dépaysée, nouveau mode de vie, nouvelle culture, les scooters, les pistes de sable qui font office de route, mais elle a été émerveillée par la gentillesse des gens : "dès que je suis arrivée à l'aéroport, de Lomé à Kpalimé, on était à 2 heures de route. Au bout d'une heure, on a crevé sur la route. 50 personnes sont venues nous aider avec leurs outils pour démonter la route, remettre la roue [...] ils sont tout le temps là pour aider. Ils ont moins que nous, mais on dirait qu'ils sont beaucoup plus heureux que nous". Et pourtant, son voyage aurait pu tourner court. En fin de séjour, Maurane fait une intoxication alimentaire et une insolation, transportée à la clinique, prise de sang. Elle aurait pu être rapatriée. 

 

"Se sentir utile"
Crédit: Alexis Vellayoudom

 

Au fil des semaines, la Lavalloise sent des enfants à l'écoute lors des activités de soutien scolaire. Ce voyage a changé sa vie, "je me dis que je les ai vraiment aidés et c'est vraiment ça qui me donne envie de repartir en humanitaire. C'est incroyable, le fait de se sentir juste plus utile [...] le retour en France était dur. J'ai l'impression de moins aider en France alors que j'ai énormément aidé là-bas. Je me sens grandie, j'ai pris confiance en moi, je suis plus organisée. Ça change ma vision des choses", témoigne Maurane. 

Elle espère repartir prochainement au Sénégal.